Denis Primard exerçait le métier d’opérateur mécanique chez Bromont, montagne d’expériences depuis une dizaine d’années. Il a démissionné le 21 mai dernier pour protester contre le port du masque imposé par son employeur.
Denis Primard exerçait le métier d’opérateur mécanique chez Bromont, montagne d’expériences depuis une dizaine d’années. Il a démissionné le 21 mai dernier pour protester contre le port du masque imposé par son employeur.

Il préfère quitter son emploi plutôt que de porter un masque

Convaincu que la pandémie de la COVID-19 est un complot orchestré mondialement, un opérateur mécanique de Bromont, montagne d’expériences a récemment démissionné de son emploi pour exprimer son désaccord face aux mesures sanitaires mises en place pour la réouverture de l’entreprise.

Très actif sur Twitter sous le pseudonyme @Denistheyoung, le Granbyen Denis Primard a rendu publique la lettre de démission qu’il a remise à son employeur, le 21 mai dernier. À 60 ans, allègue-t-il, ce n’est plus d’argent dont il a besoin, mais de «respect et de dignité».

«Avec les événements entourant cette ‘‘fausse pandémie’’, je ne veux pas me soumettre à porter toutes sortes d’équipements de protection dus à ces mesures qui seront déclarées caduques dans les prochains mois. Je comprends la direction et son président Charles Désourdy de se plier aux directives du gouvernement québécois qui, selon moi, gère cette crise de manière inappropriée et va à l’encontre de la Charte des droits et libertés canadienne», est-il écrit dans la missive datée du 20 mai.

Selon d’autres tweets publiés par M. Primard, il exerçait le métier d’opérateur pour le compte de la station de ski et du parc aquatique depuis une dizaine d’années.

Le 18 mai, M. Primard avait fait mention sur Twitter de son intention de démissionner si ses supérieurs lui imposaient le port du masque. Ceux-ci lui auraient fait comprendre le sérieux de la situation.

«À mon travail... Avertissement de distance dans mon cas. De 2 m, je suis rendu à 3 m. J’ai signé ce document. Si un agent me pogne... 1500 $ [d’amende] à moi [et] 15 000 $ à 30 000 $ pour la compagnie avec possibilité de mettre sous clé... On s’approche de la Corée du Nord», a-t-il tweeté.

Depuis, Denis Primard indique être désormais à la recherche d’un emploi, n’ayant pas droit au chômage ou à la Prestation canadienne d’urgence (PCU). «Je cherche un job pas de masque... c’est tout», a-t-il fait savoir, ajoutant que sa décision ne concerne que lui-même, n’ayant pas de personne à charge.

«J’ai pas les moyens d’aller en retraite. Je cherche un job où on peut se serrer la main sans mettre du détergent à chaque fois», écrit-il à une autre occasion.

Cette démission fracassante a valu à l’ex-opérateur des louanges tout comme des critiques, de la part d’autres utilisateurs de Twitter.

«Plus gros mensonge de l’histoire moderne»

Sur Twitter, Denis Primard relaie de nombreuses publications qui accolent l’étiquette de complot à la pandémie de coronavirus. Lui-même qualifie la situation de «plus gros mensonge de l’histoire moderne», où «7 milliards de personnes [sont] arrêtées pour une grippe.» À une autre occasion, il écrit que «le COVID c’est une joke qui va mettre notre économie à plat pour 2 à 3 ans».

«Peu importe si vous avez des gants ou des masques... Avec un bon système immunitaire, vous pouvez aller où vous voulez. Pour #Big Pharma par contre, ce n’est pas payant», écrit le Granbyen, qui s’est également vanté en ligne de ne pas avoir fait la file et de ne pas avoir désinfecté ses mains lors d’une visite récente dans un magasin Tigre Géant.

Dans une autre publication, M. Primard mentionne être fier d’avoir démissionné «parce que le narratif des médias était tellement à l’opposé de celui du Web». L’internaute, qui indique passer beaucoup de temps sur Internet depuis le début de la pandémie, n’hésite pas non plus à qualifier les organes de presse de «merdias» et d’être des outils de propagande responsables de «ce fiasco mondial». 

«Les journalistes ont été les phares pour la plupart des décisions importantes que j’ai prises dans ma vie (60 ans). De mauvais guides au final.»

M. Primard partage et interagit régulièrement avec le professeur Alexis Cossette-Trudel, l’animateur André Pitre (Stu Pitt), le chef du parti Citoyens au Pouvoir Stéphane Blais et la comédienne Lucie Laurier, figures de proue des idéologies alternatives, en plus de diffuser des publications référençant le mouvement QAnon.

«On respecte sa décision»

La Voix de l’Est a écrit à Denis Primard sur Twitter, lundi matin, afin d’obtenir ses commentaires sur la situation. Celui-ci a décliné notre demande d’entrevue. «Non merci, je vous fais confiance autant qu’à un pitbull pas attaché et entraîné pour attaquer...», a-t-il écrit à l’auteure de ces lignes.

Il a finalement réagi sur Twitter lundi soir disant que «tous les faits rapportés sont véridiques» et que «normalement, on n'aurait pas dû tout fermer.» «On serait tous dans nos vies normales et non pas à se battre pour respirer à travers un masque», a-t-il tweeté.

Du côté de Bromont, montagne d’expériences, on confirme que l’employé a remis sa démission récemment.

«On respecte sa décision, mais de notre côté, nous allons continuer d’assurer le maintien de nos mesures pour la sécurité de notre clientèle et de nos employés», a fait savoir Hélène Bélisle, responsable des communications et du marketing pour le complexe aquatique et la station de ski.

En attente du feu vert pour rouvrir

Mme Bélisle a également mentionné qu’on attendait impatiemment le feu vert de Québec pour lancer sa saison estivale.

Actuellement, seuls les jeux d’eau et les piscines extérieures publiques peuvent accueillir des baigneurs, mais l’entreprise bromontoise prépare déjà sa réouverture pour être prête aussitôt qu’elle pourra accueillir sa clientèle.

«Préparer un parc aquatique pour l’été, ça ne se fait pas du jour au lendemain, explique la relationniste. On reste positifs et on attend les bonnes nouvelles de la part de la santé publique.»

La réponse de M. Primard à l'article sur Twitter