Il ne sera pas simple d’être admis comme proche aidant dans un CHSLD

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Les personnes qui ne fréquentaient pas les CHSLD avant le début de la pandémie de COVID-19 ne seront pas admises, et ce, malgré la mise en oeuvre de la directive gouvernementale autorisant les proches aidants à se présenter dans les établissements pour rendre visite à un parent à compter de lundi prochain.

« Une personne ne peut pas devenir un proche aidant pendant la situation de pandémie », a indiqué au Quotidien Marie-Pier Maheu, du service des communications du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il s’agit du premier critère qui sera appliqué par les CHSLD avant d’accorder un droit de visite au membre de la famille d’un résident.

Selon la porte-parole du CIUSSS, le nom de la personne qui fera une demande d’accès au CHSLD devra figurer au dossier du résident depuis son entrée dans l’établissement. Il s’agit d’une seconde condition importante qui permettra d’évaluer les demandes.

Le contenu de la directive émise par le ministère pour forcer la main des CIUSSS à ouvrir les portes des CHSLD aux proches aidants n’était pas clair quant à l’identification de ces personnes. La porte-parole du CIUSSS précise qu’il appartiendra aux gestionnaires et au personnel soignant des CHSLD de trancher si jamais une personne tente d’obtenir ce statut. Ils auront à justifier leur refus et ces deux premiers critères sont nécessaires pour franchir cette étape.

« Les résidents qui pourront recevoir le soutien d’une personne proche aidante sont ceux qui nécessitent ce soutien et qui en bénéficiaient antérieurement aux mesures de restrictions de visite imposées en raison de la COVID-19. Ce soutien est, au-delà du personnel en place, pour répondre à certains besoins de base qui étaient offerts avant la pandémie », précisent les directives au réseau de la santé et des services sociaux.

« Ces personnes, reprend le document, doivent être connues du personnel ou des gestionnaires du CHSLD pour leur implication auprès du résident. Il est fortement recommandé que les personnes proches aidantes de 70 ans et plus demeurent chez elles. »

Les directions des différents services du CIUSSS doivent d’autre part fixer des balises quant à ce qui sera reconnu comme étant un apport du proche aidant auprès du résident. Le premier volet est physique et comprend certains soins de base que le personnel peut confirmer rapidement comme une personne qui, sur une base régulière, se rend au CHSLD pour aider son père ou sa mère, ou dans plusieurs cas un conjoint, à prendre son repas. Il peut aussi arriver tôt pour l’aider à s’habiller et faire sa toilette.

Interrogé à savoir si les personnes qui se rendent régulièrement dans les CHSLD pour assurer la compagnie d’un résident sont considérées comme des proches aidants, la porte-parole du CIUSSS a indiqué qu’elle n’était pas en mesure pour le moment d’apporter de réponse à cette question.

La mise en place de cette directive gouvernementale se traduira par un alourdissement bureaucratique important pour le personnel des CHSLD en plus d’une surveillance accrue pendant la période ou cette personne sera présente dans l’établissement. Le document fait état de 37 mesures devant être appliquées. Ces mesures vont d’un test obligatoire pour le dépistage de la maladie à la création d’un registre pour les entrées et les sorties de chacun des proches aidants, ceci dans le but de pouvoir effectuer un suivi épidémiologique si jamais le résident ou le proche aidant était identifié comme porteur ou ayant été en contact avec un porteur de la maladie.

Lors du dernier point de presse, le directeur de la Santé publique de la région, le docteur Donald Aubin, a indiqué que plus ou moins 60 personnes pourraient se prévaloir de ce droit de visite au cours des prochains jours.