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Avec le retour en classe des élèves du primaire le matin et ceux du secondaire lundi prochain, le premier ministre François Legault a tenu à répéter que la réouverture des écoles constitue «un risque calculé.» «C’est une décision que j’assume.»
Avec le retour en classe des élèves du primaire le matin et ceux du secondaire lundi prochain, le premier ministre François Legault a tenu à répéter que la réouverture des écoles constitue «un risque calculé.» «C’est une décision que j’assume.»

Hôpitaux: «Les impacts se feront sentir plusieurs mois, voire des années» [VIDÉOS]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Les hôpitaux du Québec sont sur la corde raide. Si la transmission de la COVID-19 continue à ce rythme, l’élastique va casser. «Les impacts sont énormes et se feront sentir plusieurs mois, voire des années. Le choix des activités à délester est de plus en plus difficile à faire», prévient la sous-ministre adjointe à la Santé responsable du délestage.

Après 10 mois ou 305 jours de gestion gouvernementale publique de la pandémie, l'alarme provenait d’une nouvelle voix, lundi.

La Dre Lucie Opatrny est sous-ministre adjointe à la Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. C’est elle qui gère les interventions médicales qui doivent être mises de côté, reportées ou annulées pour cause de COVID. On la surnomme madame délestage.

La Dre Opatrny était du point de presse de lundi, à Montréal, aux côtés du premier ministre François Legault, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

Des 2164 lits réservés pour des patients atteints de la COVID-19 à travers le Québec, 1436 sont occupés, les deux tiers. Du lot, 211 personnes sont traitées aux soins intensifs.

Le nombre d’hospitalisations a donc doublé en six semaines, alors qu’on en comptait 719 au 30 novembre.

La situation est encore plus critique dans la grande région de Montréal, précise la Dre Opatrny, soulignant que le nombre d’hospitalisations dans la métropole est passé de 472 le 11 décembre à 1071, lundi.

Ne pas se rendre au protocole

Le protocole de priorisation pour l’accès aux soins intensifs n’a pas encore été mis en application, assure la sous-ministre adjointe, qui est responsable de la rédaction dudit document par un comité d’experts. Une première version de cette liste des patients à traiter en priorité advenant le besoin de trancher a été produite en mars, puis mise à jour en novembre.

«Non, on n’a pas déployé le protocole pour ces choix, confirme la Dre Opatrny. Mais des formations sont données pour regarder le protocole et faire des simulations au cas où il faudrait l’utiliser. Ce qui était purement hypothétique il y a quelques mois devient une possibilité réelle d’avoir recours à ce protocole, constate-t-elle.

«On parle en termes de semaines», avant d’en arriver là. «Mais on ne voudrait pas attendre à la dernière minute pour poser des gestes. On veut agir dès maintenant pour ne pas en arriver là.»

Pas moins de 140 000 chirurgies sont en attente partout au Québec.

Pas question pour elle d’identifier certains hôpitaux à éviter plus que d’autres. «Je ne vais pas dire d’en éviter un, ça ne va pas mieux dans un autre en ce moment. Je ne donnerais pas de consigne d’éviter un ou un autre en ce moment», répond la Dre Opatrny.

Ni de transférer du personnel des régions plus épargnées, comme la Côte-Nord ou l’Abitibi, vers les centres plus touchés, comme Montréal.

Retour partiel dans les cégeps et universités?

Lundi s’avérait quand même la première journée sous la barre des 2000 nouveaux cas d’infection à travers le Québec depuis le 20 décembre, soit dans les trois dernières semaines. L’ajout de 51 décès doit aussi être souligné.

Avec le retour en classe des élèves du primaire le matin et ceux du secondaire lundi prochain, le premier ministre Legault a tenu à répéter que la réouverture des écoles constitue «un risque calculé.» «C’est une décision que j’assume.»

«On met beaucoup de pression sur la Santé publique pour qu’il y ait bientôt un peu de présentiel au cégep et à l’université», a-t-il ajouté, sans rien annoncer de précis à ce sujet.

L’importance reste de protéger les aînés de 65 ans et plus, insiste M. Legault. Car 80 % des personnes hospitalisées pour la COVID-19 ont 65 ans et plus, tandis que 95 % des décès de la COVID concernent des personnes de 65 ans et plus.

La moitié des résidents des CHSLD du Québec ont été vaccinés une première fois et d’ici deux semaines, tous les résidents devraient avoir reçu leur première piqûre. Jusqu’ici, 67 000 travailleurs de la santé ont aussi été vaccinés.

Peut-être de bonnes nouvelles

M. Legault est par ailleurs revenu sur l’imposition d’un couvre-feu de 20h à 5h à la grandeur du Québec depuis samedi. Il s’est dit «impressionné, touché de voir comment les Québécois ont suivi les directives. C’était beau de voir comment les Québécois ont été solidaires».

Il tente même de voir dans la baisse statistique du jour une preuve que «les mesures ont l’air de donner des bons résultats», mais attend de voir une tendance se dégager à plus long terme. Le taux de positivité est aussi en baisse, autour de 7 %.

Pour toute la province, 740 constats d’infraction ont été donnés au cours des deux premières nuits de couvre-feu, dont 49 à Québec. Aussi, on compte 122 interventions auprès d’itinérants, dont un seul a reçu une contravention, à Montréal.