Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi vouloir prolonger l’état d’urgence pendant «environ un mois».
Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi vouloir prolonger l’état d’urgence pendant «environ un mois».

Espagne: Sanchez veut prolonger l’état d’urgence pendant un mois

AFP
Agence France-Presse
MADRID — Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi vouloir prolonger l’état d’urgence pendant «environ un mois» de façon à ce qu’il dure jusqu’à la fin du déconfinement par étapes du pays.

Lors d’une allocution télévisée, M. Sanchez a de nouveau appelé les Espagnols à aborder le déconfinement «avec la plus grande prudence». «Le virus n’est pas parti et sa menace est réelle», a-t-il insisté, indiquant que sans le confinement, le virus aurait pu infecter 30 des 47 millions d’Espagnols et tuer 300 000 personnes.

Déjà prolongé à plusieurs reprises, l’état d’urgence devait prendre fin le 24 mai.
La nouvelle prolongation devrait être «la dernière» et «durer jusqu’à la fin du déconfinement» qui doit s’étaler jusqu’à la fin juin, a-t-il déclaré.

Décrété le 14 mars, l’état d’urgence a permis au gouvernement de reprendre en main des compétences dans un pays très décentralisé et de limiter la circulation des personnes lors d’un des confinements les plus stricts au monde.

Cette nouvelle prolongation devra être approuvée par la Chambre des députés où le gouvernement est minoritaire et où l’opposition de droite a refusé de voter la dernière.

L’Espagne, l’un des pays les plus touchés au monde par la pandémie avec plus de 27 000 morts, a lancé lundi dernier son déconfinement par phases dans la moitié du pays.

Avec l’accord donné par le gouvernement au déconfinement de nouvelles provinces lundi, environ 70% des Espagnols auront entamé leur déconfinement la semaine prochaine.

La première phase de déconfinement prévoit notamment la réouverture des terrasses des bars et des restaurants ainsi que l’autorisation des réunions familiales ou entre amis d’un maximum de dix personnes.

Face à la crainte d’un rebond des contagions, la région de Madrid, une grande partie de la région voisine de Castille et Léon ainsi que l’agglomération de Barcelone vont continuer à être confinées. Le gouvernement a toutefois décidé d’assouplir les mesures en permettant aux petits commerces d’ouvrir sans rendez-vous.

Le gouvernement de droite de la région de Madrid et la municipalité ont dénoncé une décision «politique».

Selon le dernier bilan publié samedi, 102 personnes sont mortes en 24 heures du Covid-19 en Espagne, le chiffre le plus bas depuis deux mois, ce qui porte le nombre de décès à 27 563. Le nombre de cas confirmés par tests PCR dépasse lui les 230 000.

Face aux appels à relancer l’économie et en particulier le tourisme, qui pèse 12% du PIB, le chef du gouvernement espagnol a souligné l’importance de surmonter d’abord «une bonne fois pour toutes l’urgence sanitaire».

«Si nous nous précipitons, nous pourrions mettre en danger le crédit international que nous avons mis des décennies à conquérir», a-t-il dit.

Il n’a par ailleurs pas exclu de faire appel aux lignes de crédit pouvant être débloquées par le Mécanisme européen de stabilité (MES). «Si le gouvernement espagnol a besoin de les utiliser, il les utilisera», a-t-il déclaré.