Le Granbyen Larbi Kendkaddour est présentement détenu aux États-Unis où il purge une peine de six ans de prison pour avoir été arrêté avec 165 livres de cocaïne sur une autoroute de l’Ohio.
Le Granbyen Larbi Kendkaddour est présentement détenu aux États-Unis où il purge une peine de six ans de prison pour avoir été arrêté avec 165 livres de cocaïne sur une autoroute de l’Ohio.

Emprisonné aux États-Unis, un détenu québécois craint pour sa santé

Condamné à six ans de prison aux États-Unis pour trafic de cocaïne, le Granbyen Larbi Benkaddour est rongé par l’inquiétude. Des détenus incarcérés au pénitencier où il purge sa peine ont été infectés à la COVID-19 et il craint être l’un des prochains.

L’ex-conseiller municipal d’Ange-Gardien a fait part de ses inquiétudes face à la pandémie dans un courriel transmis à La Voix de l’Est par l’entremise de sa conjointe.

Rappelons qu’il a été arrêté en juillet 2018 sur une autoroute de l’Ohio avec deux sacs de sport contenant 165 livres de cocaïne qu’il avait placés dans le coffre de la voiture qu’il conduisait. La drogue a été évaluée à 6,3 millions de dollars américains.

Depuis qu’il a plaidé coupable à une accusation de trafic de cocaïne, l’homme d’origine marocaine est incarcéré dans une prison de Mason, une ville du comté de Warren en Ohio, située à plus de 1300 kilomètres de Granby.

Le coronavirus, qu’il surnomme «la bête» ou «l’ange de la mort» dans son courriel, l’a incité à partager son expérience, explique-t-il. «Je sens la chaleur qui approche. La mort», décrit le Granbyen.

«Une question de temps»

Plus de 3700 prisonniers ont été déclarés positifs à la COVID-19 à travers l’Ohio et neuf sont décédés depuis le début de la pandémie.

Des centaines de détenus qui sont incarcérés dans la prison voisine à celle où Larbi Benkaddour se trouve seraient infectés à la COVID-19, selon ses dires, ainsi que 154 membres du personnel. Dans le pénitencier où il purge sa peine, six prisonniers et cinq membres du personnel l’auraient déjà contracté.

«C’est juste une question de temps avant que les choses soient au pire, et mon tour va bientôt arriver. Il faut être raisonnable dans une telle situation. Car pour être sûr, il faut que tout le monde passe le test pour isoler le monde qui l’a et pour le moment, ce n’est pas le cas. Ils ne prennent que la température», explique-t-il dans son courriel.

Le père de famille craint que le virus ne gagne son unité. «Je suis condamné à six ans de prison et non à la mort. Si quelqu’un l’a dans mon unité, tout le monde va l’avoir, car on ne peut pas être loin l’un de l’autre, on ne peut pas tout le temps désinfecter tout ce que les gens touchent ici. Autrement dit, c’est impossible de faire face à cette bête si elle se trouve dans mon unité», raconte-t-il.

Sa conjointe, qui ne l’a pas vu depuis son arrestation, a multiplié les démarches auprès de différentes instances gouvernementales au Canada et aux États-Unis dans l’espoir de convaincre les autorités carcérales de le rapatrier au pays pour terminer sa peine dans un pénitencier canadien. Des démarches qui n’ont pas porté fruit à ce jour.

«Pas besoin de vous dire que j’aimerais être près de ma famille, souligne M. Bendkaddour, qui a écrit à plusieurs occasions être désolé d’avoir commis un tel crime. Elles me manquent, mon épouse et mes deux filles, elles qui souffrent beaucoup en ce moment.»