Chanelle Côté attend avec impatience l’arrivée de son enfant, mais demeure craintive vu le contexte de pandémie.

Donner la vie en pleine pandémie

Même si la planète tourne au ralenti, leur grossesse, elle, ne prend pas de pause. Les nouveaux parents ont hâte de ramener bébé à la maison et de le présenter à l’entourage. Mais pour les futures mamans, enceintes en pleine crise de la COVID-19, la réalité est quelque peu différente. Divisées entre fébrilité et incertitudes, elles partagent leurs impressions face à l’arrivée de leur petit être tant attendu.

Laura Proulx

À 24 semaines, Laura Proulx aura vécu une bonne partie de sa grossesse en suivant de près l’évolution de la pandémie mondiale. Son accouchement étant toutefois prévu pour le 10 juillet, elle ne s’en fait pas trop jusqu’à maintenant, sachant que la situation évolue rapidement. 

«Considérant que l’accouchement n’est pas pas imminent, je ne perçois pas ça comme stressant. L’avancée de la situation dans tous les autres pays me donne bon espoir que ce sera loin derrière nous cet été», déclare-t-elle.

«L’avancée de la situation dans tous les autres pays me donne bon espoir que ce sera loin derrière nous cet été», pense Laura Proulx.

Avec ses cours universitaires désormais en ligne et le retrait préventif de son emploi, son quotidien n’est pas bouleversé outre mesure. Elle vaque à ses occupations à partir de la maison. 

«J’ai fait le choix de ne plus aller à l’épicerie ni à la pharmacie pour me protéger. Mon chum, qui est charpentier-menuisier, travaille encore, alors il s’occupe des courses», précise celle qui estime faire des choix «consciencieux et matures». 

Son déménagement qui devait avoir lieu en juin en vue de l’arrivée de son petit garçon est quant à lui empreint de questionnements. «Ça arrive à grands pas et on ne sait plus où s’enligner. Est-ce qu’on pourra avoir de l’aide pour déménager et acheter tout ce dont on a besoin si tout est encore fermé? se questionne-t-elle. On ne le sait pas encore.»

Chanelle Côté 

Chanelle Côté

La maman devrait voir le bout du nez de son petit Nathan sous peu. Avec un accouchement projeté le 7 avril, les questionnements sont nombreux pour Chanelle, qui est en arrêt de travail depuis le 6 mars. Juste à temps, selon elle.

Lors de ses rendez-vous hebdomadaires, elle a pu faire part de ses craintes au personnel de l’Hôtel-Dieu de Lévis, où elle prévoit accoucher. Or, ses plans ont changé pour convenir aux consignes dictées par la santé publique.

«J’avais prévu que ma mère et mon chum soient là pour l’accouchement, mais je n’ai droit qu’à une seule personne. On dit qu’en France, personne n’est admis dans la salle d’accouchement. Ça pourrait encore évoluer ici», envisage la jeune femme de Lévis, qui sera maman pour la première fois. 

Même si elle craint la fatigue des professionnels de la santé en raison de la crise, elle tente de se rassurer. «Je me dis que l’aile de la maternité est plus isolée et que les infirmières ne sont pas en contact avec des personnes atteintes du coronavirus», se console-t-elle. 

Mais par-dessus les incertitudes, la peur a fait place à la peine, avec l’interdiction de visites à l’hôpital. «C’est sûr que c’est plate, parce que tout le monde a hâte de le voir», se désole Chanelle, qui se dit consciente que les mesures sont «nécessaires». 

Elle compte écrire dans un livre pour raconter plus tard à son enfant qu’il est né pendant une pandémie mondiale. Un cas assez exceptionnel, termine-t-elle.

Lory-Ann Demers 

 En pleine 40e semaine de grossesse, Lory-Ann Demers garde le moral et a pleine confiance pour la suite les choses.

Lory-Ann Demers a quant à elle dépassé son terme et elle devrait donner la vie dans les prochains jours. En pleine 40e semaine de grossesse, elle garde le moral et a pleine confiance pour la suite les choses. 

«Il n’y a pas de cas avéré à l’Hôtel-Dieu de Lévis. L’hôpital est le lieu le moins stressant pour moi, parce que les employés travaillent en connaissance de cause et toutes les mesures sont prises en conséquence de la pandémie», affirme-t-elle. 

Ayant déjà travaillé dans le domaine de la santé, elle songe que le milieu hospitalier est «peut-être même plus sécuritaire que la maison». 

Comme Chanelle, le fait d’entrevoir l’arrivée de bébé sans la présence de la famille est difficile, avoue Lory-Ann. «Ça va nous permettre de nous reposer et d’apprendre à vivre à trois. Et pour le présenter, il y a toujours Facetime.»

«Ce serait quand même plaisant que le confinement ne dure pas trop longtemps et que nos proches puissent le voir pendant qu’il est encore bébé», rigole la jeune femme.