Axel Frappier et Maxime-Olivier Paradis sont coincés au Pérou.

Deux Windsorois coincés au Pérou

Même s’ils veulent respecter l’appel du premier ministre canadien de rentrer à la maison, Axel Frappier et Maxime-Olivier Paradis de Windsor sont incapables de sortir du Pérou.

Les deux jeunes hommes de 19 ans ont vu le vol qu’ils avaient trouvé pour revenir au pays par le Mexique être annulé dans la nuit de lundi à mardi.

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« Lorsque nous avons constaté que les écoles commençaient à fermer au Québec et que les ligues professionnelles annulaient leurs saisons, nous avons décidé de revenir au pays. Nous étions dans un canyon à deux jours de marche de Arequipa, la ville la plus proche, puis à 16 heures d’autobus de la capitale Lima », explique Axel Frappier, joint par La Tribune, mardi. 

À partir du Canada, Sonia Saint-Onge, la mère de Maxime-Olivier Paradis, avait déniché des billets d’avion, encore à un prix raisonnable, pour les rapatrier au pays.

« J’avais vu le président du Pérou à la télévision dire que les frontières fermaient à minuit. Nous pensions qu’en traversant avant, nous pourrions prendre notre vol prévu à 1 h 5. Cependant, le vol n’existait pas même si nous avions des billets. Il n’y avait pas de comptoir de la compagnie InterJet. Il y avait plein d’autres personnes de plusieurs pays qui vivaient la même chose. Les gens commençaient à paniquer à l’aéroport. C’était le chaos. Nous avons choisi de quitter le quartier pour aller vers Miraflores afin de trouver une solution », indique Axel Frappier.

Alors que la quarantaine en raison de la pandémie de COVID-19 a été ordonnée dans ce pays d’Amérique du Sud, les deux voyageurs sont confinés au logement du quartier de Miraflores à Lima qu’ils ont trouvé au cours des dernières heures.

« Pour l’instant, nous n’avons que des noix et des bananes pour nous nourrir. Nous allons aller faire la file à l’épicerie afin de pouvoir manger. Nous ne pouvons sortir que pour acheter de la nourriture ou si nous devons aller à l’hôpital. Tout est fermé partout à Lima », mentionne Axel Frappier.

Les gardes armées assurent la sécurité à l’aéroport international de Lima.

« Nous n’avons plus de plaisir »

Partis le 1er mars dernier, Axel Frappier et Maxime-Olivier Paradis étaient à la moitié de leur périple lorsqu’ils ont décidé de se plier à la directive gouvernementale de revenir au pays.

« Nous devions nous diriger vers Cuzco pour aller au Machu Picchu, Rainbow Mountain et ensuite le lac Titicaca. À la place, nous sommes coincés à Lima. Nous n’avons plus de plaisir. Au logement Airbnb où nous sommes, il y a certaines mesures d’hygiène, mais ce n’est pas le cas dans les rues ou dans les taxis. Les gens ne semblent pas trop s’en soucier. Je pense que c’est pour ça que le gouvernement a décidé de mettre le pays en quarantaine pour quinze jours. Il y a des policiers et l’armée dans les rues. Dans la pire des situations, nous allons rester ici jusqu’à notre vol de retour le 30 mars », signale Axel Frappier.

À partir du Québec, leurs parents cherchent aussi des solutions. Ils ont tenté de joindre sans succès l’ambassade du Canada au Pérou.

« Je cherche une solution afin qu’ils puissent revenir. Nous tentons de regarder les options de retour par les États-Unis, mais les vols sont rendus à plus de 4000 $ et il est impossible de réserver. C’est inquiétant parce que la situation du pays semble se dégrader », indique la mère de Maxime-Olivier Paradis.

Le député fédéral de Richmond-Arthabaska Alain Rayes explique que des situations semblables lui sont rapportées par dizaines depuis la demande du gouvernement canadien de rapatrier ses citoyens.

« Nous les invitons à contacter l’ambassade du Canada pour obtenir l’aide consulaire. Ils peuvent aussi suivre les mêmes mesures dictées par la santé publique en matière d’hygiène et d’isolement social. En plus de l’aide aux Canadiens à l’étranger, nous devons aussi voir à aider les gens pour l’assurance-emploi, les entreprises qui doivent fermer et les agriculteurs qui attendaient des travailleurs de l’étranger. Toute mon équipe est mobilisée pour aider le plus de gens possible », assure le député Rayes.