S’il ignore le nombre de paquets qui dorment présentement dans son commerce, le propriétaire de Pinnacle Parcels reconnaît que la seule manière pour ses clients de les récupérer serait de les envoyer par la poste. Mais les frais d’expédition sont à ce point élevés que leurs destinataires préfèrent attendre quelques semaines de plus plutôt que de débourser.
S’il ignore le nombre de paquets qui dorment présentement dans son commerce, le propriétaire de Pinnacle Parcels reconnaît que la seule manière pour ses clients de les récupérer serait de les envoyer par la poste. Mais les frais d’expédition sont à ce point élevés que leurs destinataires préfèrent attendre quelques semaines de plus plutôt que de débourser.

Des colis qui dorment

Traverser la frontière pour faire le plein ou pour quelques courses est une habitude profondément ancrée chez de nombreux résidents des municipalités limitrophes de la frontière canado-américaine. Même chose pour la récupération de colis. Depuis le 21 mars, date de la fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis, ce sont des centaines de paquets qui attendent d’être récupérés et acheminés à destination.

Bon nombre de résidents de Brome-Missisquoi ont l’habitude de faire livrer des colis au Pinnacle Parcels, situé dans la municipalité de Richford, au Vermont. 

Des milliers de colis y transitent chaque année avant d’être récupérés par des citoyens qui traversent la frontière tout près de chez eux et qui évitent ainsi de payer les frais d’expédition internationaux en achetant de la marchandise chez nos voisins du Sud. 

La clientèle de ce service d’entreposage est d’ailleurs composée à 99 % de Québécois, la plupart demeurant à moins de 30 minutes « des lignes », confirme le propriétaire du Pinnacle Parcels, Ricky Hoy.

La fermeture de la frontière l’a donc forcé à cesser les activités de son entreprise jusqu’à nouvel ordre. « Heureusement, j’ai un peu d’aide de mon gouvernement », précise-t-il.

En attendant la réouverture de la frontière, qui sera possiblement repoussée au-delà du 21 mai, le propriétaire a fait savoir à ses fidèles clients qu’il valait mieux retarder les commandes en ligne. 

Mieux vaut attendre que de payer

S’il ignore le nombre de paquets qui dorment présentement dans son commerce, M. Hoy reconnaît que la seule manière pour ses clients de les récupérer serait de les envoyer par la poste. Mais les frais d’expédition sont à ce point élevés que leurs destinataires préfèrent attendre quelques semaines plus plutôt que de débourser.

C’est le cas de David Grégoire. En temps normal, le Suttonnais profite des cours hebdomadaires de piano de ses enfants, qui se déroulent tout près de la frontière, pour aller faire le plein et chercher les colis au Pinnacle Parcels.

« Faire livrer au Canada, c’est tellement cher, ça n’a pas d’allure », commente celui qui, en incluant les taxes et les frais de douane et en comparant les prix, estime avoir épargné plusieurs centaines de dollars. 

« Avant d’acheter, je fais toujours la comparaison. À prix similaire, j’achète québécois ou canadien, mais aux États-Unis, on a plus de choix et c’est généralement moins cher. C’est plus avantageux et j’ai plus de chances de trouver ce que je cherche quand j’ai besoin de quelque chose de bien précis », explique-t-il, mentionnant que pour les citoyens de Sutton et des environs, cette façon de faire « fait partie de notre vie, elle est ancrée dans nos habitudes ».

Sa patience a toutefois des limites. Si la fermeture de la frontière est prolongée, M. Grégoire trouvera un autre moyen de récupérer ses biens. 

Déjà, au moins cinq autres résidents de la municipalité ont pris contact avec lui pour organiser et cofinancer le rapatriement collectif de plusieurs colis situés au Pinnacle Parcels. Il est possible que ceux-ci soient envoyés à un autre relais, situé à cheval sur la frontière des États-Unis avec l’Ontario. « Il faudrait payer les frais de douane, mais on n’aurait pas besoin de sortir du Canada pour aller les chercher », précise le consommateur.

C’est toutefois un pensez-y-bien, car il faudrait plusieurs heures de route pour aller récupérer les paquets.