De 14 à 28 jours avant d’espérer revenir en zone orange

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Maintenant que l’Estrie est plongée en zone rouge, des mesures plus strictes sont en vigueur pour que les Estriens diminuent le nombre de contacts qu’ils ont entre eux au cours des prochaines semaines. Objectif : qu’une personne positive à la COVID-19 infecte moins de personnes qu’au cours des dernières semaines, ce qu’on appelle le taux de reproduction ou le Ro du virus. L’Estrie saura-t-elle revenir au palier d’alerte orange rapidement?

Jusqu’ici, seule la région de la Gaspésie a réussi à briser suffisamment sa vague de la pandémie pour retourner en zone orange. Alors combien de temps faudra-t-il attendre pour espérer voir une diminution de la vague qui balaie présentement la région de l’Estrie? 

 « Normalement pour voir une diminution marquée sur la courbe, il faut attendre un cycle d’incubation à partir du moment où l’on met en place des mesures plus sévères de confinement. Ainsi, si tout va bien et si les gens respectent vraiment les mesures, dans deux semaines on devrait commencer à voir une diminution du nombre de nouveaux cas chaque jour », mentionne le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Il faut rappeler que le temps d’incubation de la COVID-19 peut aller jusqu’à 14 jours. Ainsi, si une personne était en contact étroit aujourd’hui [jeudi 12 novembre] avec une personne infectée par la COVID-19, il faudrait attendre jusqu’au 26 novembre pour savoir si le contact étroit a oui ou non contracté le virus.

Pour retourner en zone orange, il faudra quand même s’assurer que la situation est vraiment stable et que les éclosions ont non seulement diminué mais qu’elles sont aussi sous contrôle.

« Pour bien faire, mais j’espère qu’on ne se rendra pas là, il faudrait attendre deux cycles de transmission », précise-t-il.

En résumé : une amélioration pourrait être vue d’ici 14 jours, et il faudra patienter entre 14 et 28 jours pour espérer retourner en zone orange. Mais tout cela est bien entendu conditionnel à ce que tous les Estriens respectent les règles pour réduire leurs contacts, portent le masque, se lavent les mains et gardent une distance de deux mètres dès que c’est possible.

Les critères pour redescendre en zone orange?

Pour qu’une région passe d’un palier d’alerte à un palier supérieur, les règles sont clairement établies. Par exemple, il faut moins de deux nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants et moins de deux nouvelles hospitalisations quotidiennes par un million de personnes pour rester en zone verte (premier palier de surveillance). Si ces nombres sont dépassés, la région bascule en zone jaune, etc.

Mais pour retourner à un palier moins sévère? Là, les balises sont moins claires.

« Ce qu’on voit dans d’autres régions, c’est que leur situation s’est beaucoup améliorée. Toutefois, elles étaient montées tellement haut qu’elles n’arrivent pas à descendre suffisamment et de façon suffisamment stable pour retourner en zone orange », explique le Dr Poirier.

Prenons un exemple, celui de la région de Chaudière-Appalaches, une région sociosanitaire de 420 000 habitants. Pour se maintenir en zone orange, la région doit se maintenir sous la barre des 45 nouveaux cas par jours. Dans la semaine se terminant le 26 septembre, on y avait une moyenne de 38 nouveaux cas par jour de COVID-19. Dans les semaines suivantes, la moyenne mobile a augmenté sans cesse semaine après semaine durant octobre et novembre : 68, 71, 75, 75… puis 63 la semaine dernière. La moyenne mobile de cette semaine sera encore de l’ordre des 60 nouveaux cas par jour. On note donc une diminution du nombre de nouveaux cas par jour et une stabilisation mais elles ne sont pas encore suffisantes pour repasser en zone orange.

Stéphane Tremblay

Un défi pour Noël

La président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay a pour sa part lancé un défi à la grande communauté interne de son établissement qui compte près de 20 000 employés et médecins : retourner en zone orange à temps pour Noël.

« Le fait d’être en zone rouge nous invite à des efforts supplémentaires. Ça s’adresse à moi, ça s’applique à vous, les employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, à nos étudiants, à nos médecins et également à l’ensemble de nos gestionnaires. Cette vigilance doit être présente autant dans le milieu de travail que dans les aires communes, salles de pause, cafétéria ou autres endroits. C’est primordial de rester sur nos gardes. Je vous invite même, si vous voyez un collègue qui ne met pas en place toutes les mesures qu’il faudrait mettre, à peut-être lui faire un petit rappel.

« Je nous lance un petit défi : celui de retourner en zone orange pour la période des Fêtes, nous permettant de vivre en famille des moments précieux », a-t-il terminé.

Rappelons que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a indiqué à quelques reprises au cours des dernières semaines qu’il était parfois possible de remarquer un relâchement des mesures prises par les employés, non pas auprès des patients, mais durant les pauses et auprès de leurs collègues.