COVID-19: les travailleurs de l'éducation inquiets

Jean-Philippe Denoncourt
La Presse canadienne
MONTRÉAL - Des sondages menés à la fin du mois de mai dernier démontrent que les travailleurs des écoles primaires et des services de garde éducatifs à l’enfance étaient généralement plus inquiets que le reste de la population par rapport à la COVID-19.

À trois semaines de la rentrée scolaire au Québec, les résultats des sondages publiés par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) illustrent que comparativement aux autres Québécois âgés de 18 à 69 ans, à l’exception des travailleurs de la santé, le niveau de détresse psychologique et d’anxiété était très préoccupant chez les travailleurs des écoles primaires et des services de garde.

À 17 %, ils présentaient un score de détresse psychologique problématique comparativement à 13 % chez les autres répondants et 50 % rapportaient que leurs sentiments d’anxiété avaient augmenté, 11 points de pourcentage de plus que les autres.

Parmi eux, 60 % ont dit qu’il était difficile d’établir la distanciation physique à leur travail, comparativement à 36 % des autres répondants de 18 à 69 ans.

Davantage de travailleurs des écoles primaires et des services de garde jugeaient que le déconfinement au Québec était trop rapide et ils ont été beaucoup plus nombreux à être inquiets de transmettre la COVID-19 à des personnes de leur entourage. À l’exception de la Communauté métropolitaine de Montréal, de la municipalité régionale de comté de Joliette et de la Ville de l’Épiphanie, les enseignants et le personnel de soutien des écoles primaires sont retournés dans les écoles en mai.

De plus, 35 % des travailleurs des écoles et des services de garde qui consomment de l’alcool jugeaient que leur consommation avait augmenté dans les 15 jours précédant le sondage.

Le gouvernement du Québec a annoncé lundi qu’il attendra à la semaine prochaine pour déposer un plan actualisé sur les mesures à être prises lors de la rentrée scolaire pour lutter contre le coronavirus, ce que dénoncent les trois partis d’opposition. L’Ontario a dévoilé jeudi dernier un plan détaillé, incluant l’obligation de porter le masque dès la 4e année et des budgets supplémentaires pour l’embauche de personnel.

Pour sa part, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui regroupe neuf syndicats qui représentent plus de 49 000 enseignants au Québec, affirme que si le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait retenu les suggestions des enseignants pour gérer la pandémie de la COVID-19, il y aurait eu moins d’improvisation, à son avis, et les consignes auraient été plus claires.

Les sondages web transversaux de l’institut nationale de la santé publique ont été réalisés auprès d’échantillons quotidiens de 1000 adultes québécois. L’INSPQ prévient toutefois que les résultats doivent être interprétés avec prudence étant donné l’échantillonnage non probabiliste.