COVID-19: le confinement agit sur les saines habitudes de vie, selon un sondage

MONTRÉAL - La crise de la COVID-19 pourrait avoir sur de nombreux Québécois des effets sur la santé qui perdureraient au-delà de la durée de la pandémie, selon des observations de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ).

Les résultats d’un sondage Léger sur l’évolution de certains comportements liés à la santé depuis l’annonce de l’état d’urgence sanitaire et des premières mesures de confinement, le 13 mars, révèlent des changements dans la consommation d’alcool, de cannabis et de malbouffe de plusieurs Québécois.

Il en est de même pour leur pratique d’activité physique et pour la qualité globale de leur alimentation et de leur sommeil.

Le sondage mené du 27 au 29 mars auprès de 1001 répondants a observé que depuis le début de la crise, parmi les usagers de cannabis, 16 % ont réduit leur consommation, mais que 29 % en prennent davantage.

Parmi les consommateurs d’alcool, l’absorption a augmenté chez plus d’un répondant sur cinq alors que 17 % des gens ont réduit leur consommation.

Par ailleurs, 31 % des Québécois ont avoué manger davantage de malbouffe qu’avant la crise. En revanche, 17 % de la population dit avoir réduit sa consommation de boissons sucrées, de bonbons, de croustilles et de fritures.

Parmi les répondants, 44 % ont diminué leur pratique d’activité physique. Les sondeurs ont constaté que les jeunes âgés de 18 à 34 ans ont été plus nombreux à rapporter une alimentation de moins bonne qualité et une baisse de leur activité physique depuis le début de la crise de la COVID-19.

Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, estime que sans accès aux modules de jeux, installations sportives et activités de loisirs, les options pour bouger sont plus restreintes, de même que les déplacements actifs normalement faits entre le travail, l’école et la maison.

Quant à la qualité du sommeil, la pandémie en affecterait négativement la qualité pour quatre Québécois sur dix.

Marianne Dessureault, porte-parole de l’ASPQ, croit possible que le sommeil perturbé soit un indicateur du niveau de stress de certains Québécois.

Corinne Voyer a pour sa part observé que des études démontrent une association entre le sommeil, les habitudes alimentaires et l’obésité, et que le manque de sommeil est associé à une consommation plus élevée de gras.

À la lumière de ces données, l’ASPQ recommande aux Québécois de maintenir de saines habitudes de vie; de conserver le moral en se divertissant à partir de la maison; de réduire le stress; de lutter contre la solitude et de trouver du soutien ou de l’aide professionnelle en cas de besoin.