Il y a trois semaines, on parlait de pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie touristique. Aujourd’hui, les travailleurs sont renvoyés à la maison, sans qu’on sache quand ils seront rappelés.

COVID-19: des taux d'occupation faméliques de 5% à 15% dans les hôtels

Avec un taux d’occupation famélique de 5% à 15%, plusieurs hôtels songeraient à fermer leurs portes le temps que la tempête COVID-19 passe. En fait, toute l’industrie touristique se met sur pause et se prépare à encaisser des pertes de millions de dollars.

«C’est du jamais vu!» fait valoir le directeur de la division des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec, Éric Bilodeau, au téléphone. Habituellement, autour de 60% à 65% des chambres des hôteliers sont louées en cette période de l’année.

Il reste donc quelques voyageurs étrangers dans la capitale, arrivés avant la fermeture draconienne des frontières et la réduction des vols internationaux, observe l’OTQ. Mais ils sont peu nombreux. «Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs actuellement en démarche pour retourner chez eux.»

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Les taux d’occupation «actuellement entre 5 à 15 % dans la plupart des établissements» sont donc appelés à fondre encore. 

Conséquence: «L’Association hôtelière de la région de Québec confirme que certains hôtels vont réduire leur capacité ou cesser leurs activités de façon temporaire et préventive», indique-t-on dans un communiqué transmis par la conseillère en communication, relations publiques, Jenna Dubé. «Plusieurs hôtels et attractions touristiques nous rapportent avoir déjà été dans l’obligation de faire des mises à pied temporaires dans les derniers jours.»

«Ce qui est assez incroyable, c’est la rapidité avec laquelle ça s’est passé», renchérit Éric Bilodeau. «Il y a 3 semaines, on était dans une industrie en pénurie de main-d’œuvre.» Aujourd’hui, les travailleurs sont renvoyés à la maison, sans qu’on sache quand ils seront rappelés.

L’industrie sur pause

«L’industrie touristique, c’est une des industries qui vont être très durement touchées», évalue Éric Bilodeau. «L’industrie régionale est en train de se mettre en mode pause.»

Une inconnue demeure : «Personne ne sait quand cet événement va se terminer.»


« Ce qui est assez incroyable, c’est la rapidité avec laquelle ça s’est passé. Il y a 3 semaines, on était dans une industrie en pénurie de main-d’œuvre »
Éric Bilodeau, directeur de la division des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec

Un jour, cependant, il faudra relancer l’industrie qui aura perdu «des millions de dollars».

Déjà, on sait que l’année 2020 est foutue pour le tourisme international. Peut-être que les Ontariens, les Québécois et les Américains du nord-est reviendront avant la fin de l’année.

Quoi qu’il en soit, il faudra du temps avant de retrouver le rythme de croisière. M. Bilodeau cite en exemple le SRAS de 2001 : «Ça avait pris 2 ans et plus pour avoir une reprise.»

Activités réduites

En attendant, l’Office ne peut que constater la désertion de la capitale, habituellement visitée par 4,6 millions de touristes par année.

Les rassemblements populaires sont proscrits par l’État québécois; les restaurants et cafés ne peuvent servir que 50% de leur clientèle habituelle, quand la clientèle se présente; les buffets et cabanes à sucre sont fermés.

Face au déclin considérable de leurs activités, Jenna Dubé recommande aux entrepreneurs de l’industrie touristique de compiler leurs pertes, de quantifier la diminution de l’achalandage. Cela aidera à effectuer d’éventuelles réclamations. 

Pendant ce temps, l’OTQ suspend toutes ses campagnes publicitaires pour vendre la destination Québec. «[Aussi], toutes les activités de ventes et de développement des affaires sont annulées jusqu’à nouvel ordre.» Les visites organisées pour les médias étrangers sont, de même, supprimées du calendrier.

Bien sûr, puisqu’il n’y a pas de touristes, le bureau d’information touristique du Vieux-Québec est clos.