Des aînés de la Basse-Côte-Nord ont reçu des appels en début de semaine de leur dispensaire local pour leur demander si, en cas d’atteinte de la COVID-19, ils désiraient être transférés dans un centre hospitalier loin de leur milieu, à Québec, ou si au contraire ils préféraient recevoir des soins de fins de vie.
Des aînés de la Basse-Côte-Nord ont reçu des appels en début de semaine de leur dispensaire local pour leur demander si, en cas d’atteinte de la COVID-19, ils désiraient être transférés dans un centre hospitalier loin de leur milieu, à Québec, ou si au contraire ils préféraient recevoir des soins de fins de vie.

COVID-19: des appels qui perturbent des aînés

Des aînés de la Basse-Côte-Nord ont reçu des appels en début de semaine de leur dispensaire local pour leur demander si, en cas d’atteinte de la COVID-19, ils désiraient être transférés dans un centre hospitalier loin de leur milieu, à Québec, ou si au contraire ils préféraient recevoir des soins de fins de vie. La députée du coin est outrée et le CISSS reconnaît une certaine maladresse.

Ces appels auraient été faits principalement lundi chez des aînés de certains villages de la Basse-Côte-Nord qui, rappelons-le, n’est toujours pas reliée au reste du Québec par la route. Ces aînés ne vivaient ni en CHSLD ni en résidences privées, mais chez elles ou dans leur famille.

«J’ai trouvé ça horrible et inacceptable», a clamé la députée de Duplessis, Lorraine Richard. «Je suis outrée que personne n’ait levé un drapeau rouge. «C’est quelqu’un qui avait un mauvais jugement qui a pris cette décision», a-t-elle ajouté.

Mme Richard soutient qu’elle a contacté le cabinet de la ministre Danielle McCann dès que la situation a été portée à son attention et que mardi matin, ce genre d’appels avait cessé. «On a effrayé des personnes âgées pour rien», a lancé la députée péquiste. Cette dernière ajoute que selon ce qu’elle a compris de ses échanges avec le cabinet de la ministre et la direction du CISSS, ce genre de sondage aurait été demandé par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

La fédération se défend bien d’avoir demandé quoi que ce soit. «Les directives n’émanent pas de la FMOQ, elles émanent du gouvernement. Nous ne faisons que relayer le message. Nous n’avons aucun pouvoir pour émettre des directives», a soutenu la conseillère en affaires publiques de la FMOQ, Mélissa Turgeon.

La directive est plutôt que les médecins doivent mettre à jour les niveaux de soins pour leurs patients d’ici peu afin, notamment, «d’éviter le plus possible les transferts en milieu hospitalier, particulièrement à l'urgence». À part le dispensaire, il n’y a pas d’urgence dans la grande majorité des localités de la Côte-Nord.


« On a effrayé des personnes âgées pour rien »
La députée de Duplessis, Lorraine Richard

La porte-parole a aussi assuré que la directive s’adressait aux médecins pratiquant dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée. «Ce n’est pas pour faire des appels dans la population en général», a assuré Mme Turgeon.

Du côté du CISSS de la Côte-Nord, on a reconnu «que la façon de s’exprimer n’a pas été des plus convenables auprès de la population de la Basse-Côte-Nord», a indiqué la responsable des communications, Myriam Gagné, dans un échange de courriels.

«Le but n’est pas d’inquiéter la population, au contraire, mais de répondre aux besoins et préoccupations. Chaque personne, ou la personne autorisée en temps de décision, peut réfléchir à son avenir, à ce qu’elle souhaite pour son propre bien», a-t-elle poursuivi.

«Nous les (personnes âgées) avons invitées à réfléchir aux soins qu’elles désirent recevoir, malgré cette situation particulière que nous vivons actuellement», d’écrire Mme Gagné, ajoutant que «toutes nos infirmières font un suivi rapide et régulier auprès des personnes âgées et vulnérables, et surtout en ce temps de pandémie».