Lors d'un point de presse tenu dimanche après-midi à Ottawa, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, a notamment insisté sur le fait que la marge de manoeuvre pour aplanir la courbe épidémique est étroite et que tous doivent agir, maintenant.

COVID-19: avec une hausse rapide des cas, Santé Canada presse le public à agir

Avec une hausse d'une soixantaine de cas de la COVID-19 au pays entre dimanche matin et le milieu de la journée, l'administration de la Santé publique du Canada a demandé aux citoyens, sur une base individuelle, de prendre des mesures importantes pour aider à retarder la propagation du virus.

Lors d'un point de presse tenu dimanche après-midi à Ottawa, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, et le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef, ont notamment insisté sur le fait que la marge de manoeuvre pour aplanir la courbe épidémique est étroite et que tous doivent agir, maintenant.

Selon des données dévoilées par ces deux médecins, on comptait 313 cas au Canada, et au moins un dans chacune des dix provinces. Selon les chiffres publiés à 9 h dimanche matin, le total était alors de 249 cas, soit une augmentation de 25 % au cours de la journée.

Selon les docteurs Tam et Njoo, les augmentations de cas sont particulièrement importantes en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario. À ce jour, c'est dans cette dernière province que l'on retrouve la plus forte hausse en une seule journée.

Par ailleurs, les autorités sanitaires ont testé plus de 25 000 personnes jusqu'à maintenant.

Les deux médecins ont rappelé que la COVID-19 constituait une grave menace pour la santé publique. De plus, ont-ils aussi mentionné, même si elle est particulièrement grave pour les personnes âgées et les personnes médicalement vulnérables, tous les âges sont à risque.

Parmi les mesures suggérées pour protéger le plus grand nombre de personnes possible, les médecins ont insisté sur la nécessité de reporter ou d'annuler tous les voyages à l'étranger qui ne sont pas absolument essentiels, d'éviter les grands rassemblements publics, d'augmenter l'espace physique personnel par rapport aux autres et de s'enquérir de la possibilité de travailler à domicile si c'est nécessaire.

«Et on ne saurait trop insister : si vous êtes à haut risque de maladie grave ou mortelle, pratiquez la distanciation sociale et séparez-vous en tout temps et partout où vous le pouvez, ont déclaré les docteurs Tam et Njoo. Tous les autres doivent s'assurer de prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger les personnes à haut risque tout en veillant à ce qu'ils soient pleinement soutenus et non isolés. Ceci est notre chance, ici et maintenant. Nous devons agir maintenant et agir ensemble.»

Trudeau promet de l'aide

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a réitéré de nouveau que son gouvernement viendra en aide aux personnes qui ne pourront se rendre au travail parce qu'elles sont en quarantaine ou devront garder leurs enfants privés d'école ou de garderie en raison de la crise du coronavirus.

M. Trudeau a accordé dimanche des entrevues à divers réseaux de télévision, dont TVA et CTV.

Il a notamment indiqué que des mesures seront annoncées la semaine prochaine pour aider les familles qui n'ont pas accès à l'assurance-emploi en ces temps qui s'annoncent fort difficiles.

Répondant aux questions de l'animateur Pierre Bruneau à TVA, le premier ministre a également défendu la position de son gouvernement de ne pas avoir encore fermé les frontières à tous visiteurs venant de l'étranger, disant vouloir suivre à ce sujet les recommandations des experts de la santé publique.

Certaines mesures supplémentaires pourront toutefois être adoptées. M. Trudeau dit vouloir en discuter avec son ministre de la Sécurité publique Bill Blair. «Rien n'est écarté», a-t-il répondu. Le chef du gouvernement fédéral estime toutefois que le personnel de santé sera plus utile dans les établissements comme les hôpitaux et les cliniques que dans les aéroports.

Il a toutefois rappelé que les États-Unis et l'Italie, deux pays qui avaient rapidement fermé leur frontière aux Chinois au début de l'éclosion de la COVID-19 sont parmi les pays les plus touchés présentement.

En après-midi, le premier ministre s'est entretenu avec le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ils ont notamment discuté des répercussions économiques et sociales de la COVID-19 et des façons dont le G7 peut «contribuer à accroître la résilience de l'économie mondiale».

G7

Plus tôt, le président de la France Emmanuel Macron a annoncé que les dirigeants du G-7 tiendront une réunion pour coordonner une réponse économique à la pandémie mondiale de la COVID-19.

Selon la déclaration du président français sur Twitter, le sommet, qui aura lieu ce lundi par visioconférence, servira à coordonner les efforts sur le vaccin et les traitements.

Nous «travaillerons à une réponse économique et financière», a indiqué Emmanuel Macron.

Le Canada fait partie du G-7, avec les États-Unis, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, le Japon et l'Allemagne.

Encore plus de cas

La situation sur le terrain continue de se dégrader dans l'ensemble du pays.

En Ontario seulement, 39 nouveaux cas confirmés ont été signalés par les autorités de la province, portant ainsi le total à 142 (dont cinq cas considérés comme guéris). Il s'agit d'une augmentation de près de 38 % par rapport à samedi. Les données semblent indiquer qu'une grande partie de nouveaux cas ont été recensés dans le sud de la province.

La Nouvelle-Écosse a annoncé dimanche ses trois premiers cas probables, tous reliés à des voyageurs.

Les autorités de la santé publique de la province ont indiqué que ces trois individus sont en isolement volontaire.

Le premier ministre Stephen McNeil et le docteur Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la province, devraient fournir plus de détails lors d'une conférence de presse cet après-midi à Halifax.

Au Nouveau-Brunswick, la médecin-hygiéniste en chef de la province a rapporté quatre nouveaux cas probables.

Selon la Dre Jennifer Russell, ils sont tous des membres de la famille ou des proches du premier cas de la province qui avait séjourné à l'extérieur du pays.