Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
«Ça va prendre une bonne raison pour pouvoir circuler» après le couvre-feu, dit la ministre Guilbault. 
«Ça va prendre une bonne raison pour pouvoir circuler» après le couvre-feu, dit la ministre Guilbault. 

Couvre-feu: «ça va prendre une bonne raison pour pouvoir circuler», dit la ministre Guilbault [VIDÉO]

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, demande aux Québécois de se munir d'une preuve de dérogation s'ils se déplacent après le couvre-feu. Sinon, dit-elle, «ça va prendre une bonne raison pour pouvoir circuler».

Lors d'une conférence de presse, jeudi après-midi, la ministre Guilbault a indiqué qu'une attestation à faire signer par les employeurs est disponible sur le site du gouvernement. Mais pour les autres types de déplacements, «ce sera la responsabilité de la personne de faire la démonstration à un policier» si elle est interceptée, a noté la ministre. 

Un reçu de la pharmacie ou une carte d'identité du travail qui prouve la légitimité du déplacement peut servir de preuve, a illustré la ministre. 

En l'absence de preuve, Mme Guilbaut note que les policiers ont l'habitude d'user de discernement. «C'est sûr que, par exemple, une personne qui circulerait, qui n'a pas l'air d'avoir trop, trop de raisons, que ce n'est pas trop clair où elle s'en va, ça se peut qu'elle se fasse poser des questions», dit Mme Guilbault. 

Ceux qui n'ont pas de raisons légitimes de circuler s'exposent à des contraventions allant de 1000 $ à 6000 $. 

À moins de faire partie des exceptions, les citoyens doivent rester à la maison entre 20h et 5h. Mais ils peuvent se trouver dehors s'ils sont sur leur propriété — dans leur cour arrière, par exemple. 

Le «gros bon sens» commande qu'il y ait des exceptions, a rappelé la ministre. Des dérogations sont prévues notamment pour le travail ou le transport de marchandises. Il sera aussi possible d'aller chercher un médicament à la pharmacie, de prêter assistance à quelqu'un dans le besoin ou de se rendre au chevet d'une personne en fin de vie.

Le couvre-feu ne doit pas non plus empêcher une personne de quitter un milieu de vie violent pour elle ou pour ses enfants, a ajouté la ministre Guilbault. 

Les propriétaires de chien pourront également promener leur animal après 20h dans un rayon de 1 km autour de leur maison.  

Mais les exceptions ne doivent pas devenir une «liste d'excuses» ou une «listes de prétextes». «Ça va prendre une bonne raison pour pouvoir circuler», a dit Mme Guilbault.

En même temps, souligne-t-elle, «l'idée, ce n'est pas de coincer à tout prix des gens ou d'être plus suspicieux qu'il ne le faut. Les gens qui ont des bonnes raisons de circuler, on va le comprendre». 

Questionnée sur le défi de l‘itinérance, la ministre Guilbault a assuré que les autorités travailleraient pour s'assurer que les sans-abris disposent d'un refuge après le couvre-feu. «Il y a des places disponibles, actuellement, a-t-elle dit. Ce qu'on veut faire, c'est de les accompagner vers un refuge.» 

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre, Geneviève Guilbault

Les sans-abris qui n'arrivent pas à trouver un refuge ne devraient pas recevoir de billets d'infraction, selon Geneviève Guilbault. «On veut aider la clientèle itinérante et non les inonder de contraventions», dit-elle. 

Annoncé mercredi par le premier ministre François Legault, le couvre-feu est prévu pour quatre semaines, du samedi 9 janvier au 8 février, de 20h à 5h du matin. Il vise à contrecarrer les déplacements de la minorité de personnes qui continue de se rassembler en dépit de l'interdiction en vigueur, a rappelé la ministre Guilbault. 

«Ça va devenir beaucoup plus difficile à partir de samedi de pouvoir se rassembler», dit Geneviève Guilbault. 

La ministre affirme qu'elle laisse aux services de police la décision d'augmenter le nombre de patrouilleurs la nuit pour faire respecter le couvre-feu. Une rencontre est prévue vendredi entre le ministère de la Sécurité publique, les services de police et le Directeur des poursuites criminelles et pénales pour faire le point sur l'application du couvre-feu.