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L’augmentation des patients hospitalisés aux soins intensifs reflète les sommets au-delà des 2000 nouveaux cas quotidiens recensés au Québec jusqu’à la mi-janvier.  
L’augmentation des patients hospitalisés aux soins intensifs reflète les sommets au-delà des 2000 nouveaux cas quotidiens recensés au Québec jusqu’à la mi-janvier.  

«Congestion» aux soins intensifs à cause d'adultes au sentiment d’«invulnérabilité» 

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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Les unités de soins intensifs des hôpitaux de la région de Québec qui accueillent des patients gravement atteints de la COVID-19 sont encore «congestionnées», malgré la baisse des hospitalisations. Le contrecoup des rassemblements du Nouvel An regroupant des adultes dans la force de l’âge au sentiment d’«invulnérabilité» observe un intensiviste.

L’augmentation des patients hospitalisés aux soins intensifs reflète les sommets au-delà des 2000 nouveaux cas quotidiens recensés au Québec jusqu’à la mi-janvier.  

Mais elle constitue aussi une conséquence des rassemblements de la nouvelle année, selon le Dr Mathieu Simon, intensiviste à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).  

Et ce ne sont pas les aînés qui s’en ressentent cette fois-ci, met-il en garde.   

«La population aux soins intensifs a rajeuni par rapport au début de la deuxième vague. Il y a beaucoup d’individus dans la trentaine et la quarantaine, des gens qui se sentaient invulnérables et qui ont fait la fête pendant le Nouvel An», constate le pneumologue.  

«On voit moins de personnes âgées, parce qu’en général elles se sont dits : ‘’je vais passer mon tour pour les Fêtes cette année’’».  

Un phénomène qui s’observe aussi du côté du CHU de Québec. «Les gens malades actuellement sont très malades et une bonne portion d’entre eux sont des gens âgés de moins de 60 ans qui voient leur épisode en soins intensifs se prolonger», explique le porte-parole Bryan Gélinas. 

«Congestion» 

Étant plus jeunes, les gens hospitalisés en soins intensifs vont survivre à la COVID, s’avance le Dr Simon de l’IUCPQ. «Mais ça peut prendre deux ou trois semaines et c’est pour ça que ça s’accumule rapidement et qu’il y a une congestion dans les unités.» 

«On a encore de la pression sur nos soins intensifs parce que ces patients demandent plus de soins», commente pour sa part le porte-parole du CHU de Québec.   


« La population aux soins intensifs a rajeuni par rapport au début de la deuxième vague. Il y a beaucoup d’individus dans la trentaine et la quarantaine, des gens qui se sentaient invulnérables et qui ont fait la fête pendant le Nouvel An »
Le Dr Mathieu Simon, intensiviste à l'IUCPQ

Loin des pics d’hospitalisations observés avant les Fêtes, le nombre de personnes qui se retrouvent traitées pour des complications liées au coronavirus dans la grande région de Québec est en diminution, à l’instar du reste de la province.  

Pourtant, depuis une semaine, les patients présentement alités dans les unités de soins intensifs des hôpitaux de la Capitale-Nationale en raison de la COVID-19 ont presque doublé. À l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), un total de sept patients se trouvaient mercredi aux soins intensifs, tandis que ce nombre atteignait 19 à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, le milieu de soins du CHU de Québec désigné COVID-19.  

De toutes les personnes qui contractent le virus, 10 % auront besoin de l’hôpital pour passer au travers, selon le Dr Simon. De ces dernières, une sur dix, soit environ 2 % de la population, seront hospitalisées aux soins intensifs.  

Devant une tendance à la baisse du nombre de nouveaux cas, l’intensiviste a «espoir» que les soins intensifs se désengorgent d’ici la fin de la semaine prochaine.  

«La population s’est reprise en mains, mais il ne faut pas tout lâcher en même temps, sinon on va revenir en arrière et le défi ce n’est pas nos ressources matérielles, mais ce sont nos ressources humaines qui sont fatiguées», témoigne-t-il. 

«Des lits disponibles, ce n’est pas un enjeu. L’enjeu, c’est la disponibilité des ressources humaines : les infirmières on ne les invente pas», soulève Bryan Gélinas, du CHU de Québec.