Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie : « Je ne suis pas plus inquiet qu’ailleurs. Les gens vont bouger d’une région à l’autre, mais on sent que les gens adhèrent aux nouvelles règles, qu’ils ont intégré la logique derrière ça. Changer de région n’est pas interdit mais n’est pas conseillé... »
Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie : « Je ne suis pas plus inquiet qu’ailleurs. Les gens vont bouger d’une région à l’autre, mais on sent que les gens adhèrent aux nouvelles règles, qu’ils ont intégré la logique derrière ça. Changer de région n’est pas interdit mais n’est pas conseillé... »

Bilan de la semaine en Estrie : Six nouveaux cas, chaleur et tourisme

La semaine de canicule qui se termine s’écrira dans l’histoire comme l’un des épisodes de chaleur accablante arrivés le plus tôt et le plus brutalement dans l’histoire québécoise.

« Pour bien s’adapter à la chaleur, notre corps a besoin d’une dizaine de jours généralement. Cette année, nous n’avons pas eu cette période d’acclimatation avant cette canicule », explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Dans un contexte de COVID-19 et avec l’arrivée hâtive de la chaleur accablante, le défi était important pour les équipes du CIUSSS de l’Estrie-CHUS afin de soutenir les personnes vulnérables qui n’ont pas d’air frais à la maison ou celles qui sont hébergées dans les vétustes CHSLD privés de climatisation.

L’utilisation de ventilateurs dans les CHSLD ou dans les écoles primaires a suscité aussi beaucoup de questions. La direction de la Santé publique de l’Estrie a pu prendre des décisions rapidement alors que les orientations nationales se font attendre. Celles-ci devraient être rendues publiques au cours des prochains jours.

Par exemple, on a recommandé la réouverture des fontaines dans les écoles pour que les enfants puissent remplir leur gourde et autorisé l’utilisation du ventilateur pourvu que celui-ci ne soit pas orienté vers le visage des personnes dans la pièce.

« C’est certain que c’est plus facile pour nous, en Estrie, de prendre de telles orientations quand on sait que le virus circule très peu », indique le Dr Poirier.

Durant la dernière semaine, six patients ont reçu un diagnostic. Dans la semaine précédente, 22. En comparaison, on compte chaque jour environ 600 à 700 nouveaux cas dans la province entière, soit environ 4000 par semaine.

Le bilan de l’Estrie s’établit maintenant à 933 cas déclarés, alors que 833 personnes sont considérées comme rétablies (89 % des personnes infectées).

L’Estrie devient la neuvième région la plus touchée par la COVID-19 au prorata de sa population. Pendant quelques semaines à la mi-mars, elle se trouvait en deuxième place, juste derrière Montréal.

Une inquiétude a toutefois été soulevée vendredi, alors qu’une préposée aux bénéficiaires du CHSLD

Villa-Bonheur de Granby a été confirmée positive au coronavirus. Peu de détails étaient disponibles vendredi.

Défis de l’ouverture

L’Estrie doit maintenant faire face au défi du déconfinement des régions et à la réouverture du tourisme. En plus des risques de relâchement des mesures d’hygiène et de distanciation physiques martelées depuis trois mois par la Santé publique du Québec.

« Je ne suis pas plus inquiet qu’ailleurs. Les gens vont bouger d’une région à l’autre, mais on sent que les gens adhèrent aux nouvelles règles, qu’ils ont intégré la logique derrière ça. Changer de région n’est pas interdit mais n’est pas conseillé... C’est certain qu’aller voir ses parents dans une autre région, c’est différent que d’aller faire du tourisme. Il pourra y avoir des gens d’ici qui vont s’infecter ailleurs, ou des gens d’ailleurs qui vont venir infecter des gens d’ici. Le virus, même s’il est peu présent en Estrie, est encore là. Il continue de circuler. Oui, il va y avoir de nouveaux cas, c’est normal », indique le Dr Poirier.

Des enquêtes épidémiologiques continuent d’être effectuées sur chacun des nouveaux cas à un niveau national. Elles sont plus complexes maintenant qu’au début de la pandémie où chaque cas était relié à un voyageur.

« Par exemple, les gens positifs à la COVID-19 dans la région de Laval s’infectaient souvent dans leur milieu de travail à Montréal. Avec nos enquêtes, on peut déterminer la source probable de la contamination et prendre des actions si c’est nécessaire, si on commence à voir qu’il se passe quelque chose dans nos milieux », ajoute le Dr Poirier.