La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a affirmé que son pays «réclamerait» notamment une enquête sur la manière dont la Chine a géré l’épidémie à Wuhan, la ville où est apparue la COVID-19 à la fin de l’année.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a affirmé que son pays «réclamerait» notamment une enquête sur la manière dont la Chine a géré l’épidémie à Wuhan, la ville où est apparue la COVID-19 à la fin de l’année.

[AVRIL 2020] L'Australie demande une enquête indépendante sur la gestion de la pandémie

Agence France-Presse
SYDNEY — L’Australie a appelé dimanche à l’ouverture d’une enquête indépendante sur la lutte mondiale contre la pandémie de nouveau coronavirus et sur la façon dont l’OMS a géré la crise.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a affirmé que son pays «réclamerait» notamment une enquête sur la manière dont la Chine a géré l’épidémie à Wuhan, la ville où est apparue la COVID-19 à la fin de l’année.

«Nous avons besoin de connaître des détails que seul un rapport indépendant peut nous permettre de comprendre sur l’origine du virus, sur la manière d’y faire face [et] sur la transparence avec laquelle les informations ont été partagées», a-t-elle déclaré à la chaîne publique ABC.

Mme Payne a affirmé que l’Australie partage les mêmes inquiétudes que les États-Unis, le président Donald Trump ayant accusé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

Donald Trump a annoncé mardi la suspension de la contribution américaine à l’OMS, qui s’élève à «400 à 500 millions $US [560 à 700 milliards $] par an».

«Je ne suis pas certaine qu’une organisation de la santé, responsable de la diffusion d’une grande partie des outils de communication, et qui a pris une large part à une intervention précoce […] puisse procéder à cet examen», a affirmé Mme Payne.

«C’est un peu comme [être] braconnier et garde-chasse», selon elle.

Les conséquences de la pandémie vont «d’une certaine façon» altérer les relations entre l’Australie et la Chine, a estimé la ministre qui dit douter de la transparence de Pékin.

Le ministre de la Santé, Greg Hunt, a déclaré soutenir une enquête indépendante, affirmant que l’Australie a réussi à limiter la propagation du virus en partie en allant à l’encontre des conseils de l’OMS.

L’Australie, qui compte 6600 cas de coronavirus et 70 morts de la COVID-19, a été l’un des premiers pays du monde à interdire l’entrée sur son territoire des voyageurs en provenance de Chine.

«L’Australie a été capable d’atteindre, par rapport à la moyenne mondiale, de bons résultats en matière de bilan humain» grâce «à nos experts médicaux ici en Australie», a déclaré M. Hunt.

«Nous savons que nous avons fait l’objet de vives critiques de la part de certaines autorités et de l’OMS à Genève au moment où nous avons imposé le 1er février à la Chine une interdiction» d’entrer sur le territoire, a-t-il affirmé.