Le Dr Horacio Arruda a félicité la Côte-Nord pour sa réaction à la première vague de COVID-19, mais recommande de faire preuve de la plus grande des prudences en cas de deuxième vague.
Le Dr Horacio Arruda a félicité la Côte-Nord pour sa réaction à la première vague de COVID-19, mais recommande de faire preuve de la plus grande des prudences en cas de deuxième vague.

Arruda: «Ce serait irresponsable de dire qu’il n’y aura pas de deuxième vague»

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU – Le Dr Horacio Arruda rêve d’une pandémie de COVID-19 sans deuxième vague, mais dans les faits, les rêves sont souvent loin de la réalité. Il l’a de nouveau rappelé lundi, lors de son passage sur la Côte-Nord.

«J’aimerais ça me tromper, qu’on ait seulement des vaguelettes, mais ce serait irresponsable comme santé publique de dire qu’il n’y aura pas de deuxième vague», a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à Baie-Comeau avec les dirigeants du CISSS et de la santé publique régionale. «On regarde ce qui se passe ailleurs dans le monde et on voit les choses recommencer.»

Maintenant que les responsables ont une meilleure connaissance du coronavirus qui cause la COVID-19 et de son comportement, la province ne sera pas reconfinée au complet si la deuxième vague se matérialise. Selon le Dr Arruda, des codes de couleur seront établis afin de caractériser la situation dans chacune des régions et selon la couleur, une série de mesures sera appliquée, d’après la gravité du portrait.

Au passage, le directeur national de santé publique a félicité la Côte-Nord pour sa gestion jusqu’ici de la crise. La région n’a enregistré jusqu’ici que 127 cas confirmés d’infection, dont seulement 14 après le 1er mai. «Bravo pour ce qui est arrivé avant, mais endormez-vous pas sur votre succès», a-t-il affirmé en signalant qu’avec ce faible niveau d’infection, «ce n’est pas la Côte-Nord qui nous a préoccupé le plus».

Évidemment, l’éclosion au pénitencier de Port-Cartier, avec une quarantaine de cas, a été évoquée et d’après M. Arruda, la situation a été très bien maîtrisée par les autorités régionales. «Si ça s’était manifesté un peu partout (cette éclosion), la Côte-Nord aurait eu un bilan complètement différent», a-t-il soutenu en indiquant que c’était «extraordinaire» qu’il n’y ait pas eu de décès liés à la COVID dans la région.

Toutefois, «croire que la Côte-Nord n’aura plus de cas, c’est impensable», a-t-il enchaîné. En cas de deuxième vague, «le pire des drames» pour la région serait qu’on relâche les mesures et dû à l’éparpillement des résidents sur le territoire, le fait qu’il y a des communautés isolées et des communautés autochtones et la capacité de prise en charge du réseau de la santé, «les mesures pourraient être plus significatives en Côte-Nord que dans d’autres territoires».

Dans la région comme ailleurs, le dépistage aura une importance cruciale dans les semaines à venir. Le DArruda assure que sur la Côte-Nord, le nombre de tests se fait en nombre suffisant, mais le transport des prélèvements pour être analysés à l’extérieur pose problème. Ailleurs, le portrait diffère.

Le directeur national de santé publique a d’ailleurs fait valoir qu’au ministère de la Santé et des Services sociaux, un sous-ministre s’occupe exclusivement de scruter le processus des tests de dépistage, du prélèvement jusqu’à la livraison du résultat. «Selon les territoires, les causes ne sont pas les mêmes. Ici, le principal enjeu est le transport.»