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Le vétéran Jean David lors des célébrations de Noël, l’an passé, avec sa fille Louise David et sa petite-fille Mélissa Medeiros.
Le vétéran Jean David lors des célébrations de Noël, l’an passé, avec sa fille Louise David et sa petite-fille Mélissa Medeiros.

À 95 ans, le vétéran Jean David tient tête à la COVID-19

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Le Sherbrookois Jean David s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à l’âge de 18 ans. C’était en 1943. Peu après, il embarquait sur un navire en direction de l’Europe où il a œuvré comme mitrailleur sur les avions Lancaster pendant trois longues années de guerre et de violence.

Jean David a vu tomber au combat plusieurs de ses amis durant ce violent conflit. « De la Deuxième Guerre mondiale, mon grand-père a surtout ramené des souvenirs douloureux », soutient aujourd’hui sa petite-fille Mélissa Medeiros.

De retour au pays, Jean David s’est marié au début des années 1950 avant d’avoir une fille peu après. Il a vécu une vie active, œuvrant comme directeur des opérations dans une usine pendant la majeure partie de sa carrière, puis consacrant temps et énergie à sa grande passion, le baseball.

Le vétéran a aujourd’hui 95 ans et vit dans un CHSLD sherbrookois. 

Et il vient de survivre à la COVID-19.

« Ma mère était vraiment triste quand une personne de son CHSLD l’a appelée pour nous dire qu’il était positif à la COVID-19. On se préparait mentalement à ce que ça soit la fin pour mon grand-père. Il a plusieurs maladies chroniques qui le mettaient à risque de développer des complications : il est obèse, diabétique, il a un cancer de la prostate et de la haute pression… Nous étions très inquiètes. »

Jean David n’était pas malade mais seulement un peu congestionné au moment où il a quitté son CHSLD en éclosion pour le Centre de confinement de Sherbrooke. Il était surtout en colère. « Il ne comprenait pas pourquoi on l’embarquait en jaquette en autobus pour l’amener ailleurs. Il perdait son téléphone — il me parle tous les jours, ainsi qu’à ma mère —et sa télévision, et ça le choquait », rapporte Mélissa Medeiros.

Jean David a été photographié le jour de son entrée dans les Forces armées canadiennes en 1943.

« Ça reste un mystère »

Une fois installé au Centre de confinement, il voyait jour après jour de nouveaux résidents de son CHSLD arriver. « On réussissait quand même à lui parler au téléphone. Il réalisait tranquillement l’ampleur de ce qui était en train d’arriver », soutient sa petite-fille.

Jean David a passé 14 jours au Centre de confinement. Tous les jours, sa fille et sa petite-fille craignaient que son état dégénère — on sait que les premiers symptômes de la COVID-19 s’installent doucement, et que l’état des patients atteints s’aggrave généralement après une ou deux semaines.

Mais rien. Rien du tout. Juste un peu de congestion, comme un simple rhume d’automne.

Après 14 journées passées au Centre de confinement, Jean David a repris l’autobus pour retourner à son CHSLD.

Il avait vaincu la COVID-19.

Un médecin a-t-il pu expliquer comment il est possible que ce vétéran de la Deuxième Guerre mondiale ait surmonté la COVID-19 aussi aisément? « Non, ça reste un mystère », soutient sa petite-fille.

Un merveilleux mystère pour la fille, la petite-fille et les deux-arrières-petits-enfants de Jean David. Un merveilleux miracle à l’approche de Noël.

« Sa fille est une proche aidante, elle a pu recommencer à aller le voir dans sa chambre, même si c’est plus compliqué, qu’il faut porter la jaquette, les gants, etc. Moi je lui parle tous les jours. Nous sommes vraiment heureux. On va profiter de lui encore un moment », se réjouit sa petite-fille Mélissa Medeiros.

Jean David a été mitrailleur à bord d’un avion Lancaster durant trois ans durant la Deuxième Guerre mondiale.