Une pétition demandant le maintien des barrages policiers a recueilli près de 15 000 signatures en moins de trois jours.
Une pétition demandant le maintien des barrages policiers a recueilli près de 15 000 signatures en moins de trois jours.

15 000 signatures pour le maintien des contrôles routiers au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Une pétition demandant au gouvernement Legault de maintenir les contrôles routiers au Saguenay-Lac-Saint-Jean a reçu plus de 15 000 signatures en moins de deux jours. Son instigatrice, Cindy Dufour, espère qu’elle permettra aux élus de revenir sur leur décision, alors que les barrages doivent être levés le 11 mai.

Mme Dufour a vu circuler de nombreuses pétitions, à propos d’autres régions du Québec, dans les derniers jours. C’est en cherchant celle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’elle a remarqué qu’il n’y en avait simplement pas encore. Elle a donc pris les choses en main et a rapidement trouvé des signataires.

« Dans les derniers jours, j’ai eu environ cinq signataires à la minute. C’est un message clair des gens qui appuient cette demande. Je veux que le gouvernement nous écoute et qu’il sache à quel point nous avons des craintes. Notre économie est fragile et la santé de notre monde l’est aussi. On lui demande simplement de nous protéger », a-t-elle indiqué, dans un entretien téléphonique avec Le Quotidien.

Selon elle, de nombreux Montréalais quitteront la zone chaude du virus pour venir se réfugier dans la région, dès lundi. Même si les rassemblements sont interdits, ils sont tout de même nombreux à avoir des chalets dans la région, qu’ils utiliseront pour se réfugier. La proximité de ces habitations et l’utilisation d’aires communes amèneront plusieurs d’entre eux à négliger les règlements de distanciation sociale, pense Mme Dufour.

« C’est un système d’autodéfense, si je suis avec ma famille quelque part où il y a un danger, je vais me sauver là où c’est plus sécuritaire et, dans ce cas, ce sont dans les régions les plus éloignées », a-t-elle continué.

L’état de l’économie régionale inquiète grandement l’instigatrice de la pétition, qui a vu de nombreux commerces souffrir de la pandémie. Elle ne peut s’imaginer ce qui se passerait si une deuxième vague de contamination touchait la région. « Si on referme les entreprises ici, une deuxième fois, plusieurs ne pourront pas survivre. Elles viennent seulement de repartir, tranquillement, mais au moins ce n’est pas au point mort », a-t-elle ajouté.

C’est trop vite et trop tôt, pour Mme Dufour. Pour ses proches, pour les citoyens de la région, elle tient à ce que le gouvernement revienne sur sa décision. Cindy Dufour est en discussion avec des élus pour que sa pétition se rende dès dimanche soir au cabinet du premier ministre. Si le délai pour le retrait définitif des contrôles est très serré, elle pense peut-être qu’elle arrivera avec sa pétition à les faire remettre assez rapidement.