Science

Grosse plogue sale (pour Expo-science)

BLOGUE / Si un péché avoué est à moitié pardonné, est-ce qu'une grosse-plogue-pas-subtile l'est aussi si c'est pour une bonne cause ? C'est ce qu'on va voir...

L'Expo-science m'a fait le très bel honneur, cette année, de me choisir comme juge en chef pour la finale régionale de Québec-Chaudière-Appalaches, dans ses volets secondaire et cégep. Je n'évaluerai pas les projets eux-mêmes — ce sont les «juges tout court» qui jouent ce rôle crucial — mais pour avoir lu tous les rapports écrits, je peux vous dire tout de suite qu'il y en a de nombreux qui sont très intéressants !

Disons simplement que quand j'ai proposé à mon plus vieux (de 9 ans) ce matin de participer aux Expo-science 2020 en faisant une présentation sur les fossiles que nous avons trouvés sur une plage de New Richmond l'été dernier, il m'a dit qu'il y penserait. Mais quand je lui ai dit qu'il y avait un participant de cette année qui avait construit un pont avec des bâtons de popsicle, ses yeux se sont tout de suite allumés — et son petit frère a soudainement trouvé que tout cela avait l'air d'une très bonne idée...

Les exposants de cette finale régionale vous attendent à partir de demain (jeudi) après-midi au Collège Saint-Charles-Garnier. Le site sera aussi ouvert au public vendredi toute la journée (sauf sur l'heure du diner) et samedi en après-midi. Plus de détails sur la page Facebook de l'événement.

Chronique

«Le bonheur, c’est nous autres»

CHRONIQUE / Le chanteur Christophe Maé demande, dans son succès de l’heure, «il est où le bonheur?» Il nous dit de ne pas chercher trop loin. «Il est là, le bonheur, il est là.» N’empêche, on se dit qu’il ne doit pas se tenir n’importe où ce bonheur, qu’on a plus de chances de le trouver sous le soleil que sous la pluie, dans un champ de fleurs qu’au travers des orties. Je l’ai vu il y a quelques semaines.

Dans un CHSLD.

C’est bien la dernière place où j’aurais pensé l’apercevoir, surtout avec tout ce qu’on en dit — et ce que j’en dis — avec les conséquences de la pénurie de personnel, le casse-tête des gestionnaires qui en arrivent à fermer des lits, jusqu’à un étage, parce qu’ils sont à court de solutions.

En cet après-midi de la fin février, malgré tout ça, le bonheur s’y était faufilé. Plus d’une vingtaine de résidents étaient réunis dans la grande salle au rez-de-chaussée pour participer à une œuvre collective, une peinture, dont ils allaient être les artistes. Offerte par le Noël du bonheur, l’activité était organisée par Alaviva, une entreprise dont la marque de commerce est de stimuler les aînés.

Cette fois-ci, par l’art.

La peintre Isabelle Frot avait pris de l’avance, elle avait recouvert la petite toile d’un bleu ciel. Elle tenait le pinceau, les «artistes» lui disaient quoi faire. Pas toujours très clairement, parfois en acquiesçant simplement à ses suggestions sur une couleur à choisir, un détail à ajouter. 

Le nez rouge sur le premier renne tirant dans le ciel le traîneau du père Noël.

Un chou sur les cadeaux, dans la neige au pied du grand sapin.

Le paysage d’hiver s’est imposé, tout comme la magie de Noël. Comme si, le temps d’un après-midi pas tout à fait comme les autres, ces résidents du CHSLD d’Assise étaient retournés en enfance, pour ceux qui n’y étaient pas déjà. L’âge a cette manie d’effacer la vie à rebours.

Pour faire jaillir les idées, Isabelle a posé cette question toute simple, «c’est quoi pour vous, le bonheur?»

Le monsieur au milieu, c’est «d’avoir été 31 ans dans la police».

Et l’autre, derrière. «Le bonheur, c’est nous autres.»

Voilà qui aurait cloué le bec à Sartre et à son «l’enfer, c’est les autres», parce qu’on peut toujours trouver une raison pour être malheureux. Et blâmer les autres. Ce que cet homme est venu dire, c’est qu’on fait son bonheur comme un tableau.

Avec les couleurs qu’on a.

Il a fallu une bonne heure à Isabelle pour compléter le sien, chaque coup de pinceau donnant plus de vie au paysage. Et à ceux qui la regardaient faire. Je les regardais regarder Isabelle, fascinés de voir une œuvre prendre forme sous leurs yeux, avec la fierté d’en être partie prenante.

Assis sur une chaise ou dans leur fauteuil roulant, ils créaient.

Et ils ne tarissaient pas de compliments pour Isabelle, contents qu’elle prenne le temps de les écouter, de coucher leurs idées sur la toile. Comme cette dame qui aurait bien voulu acheter le tableau pour l’avoir juste à elle dans sa chambre. Elle devra se faire à l’idée, il sera affiché où il a été fait.

Le bonheur, ça se partage.

À la toute fin, Isabelle a fait le tour avec le tableau — pas très grand — pour que chacun puisse mieux le voir, en apprécier les détails. Mme Gamache l’a regardé longtemps. «Des cadeaux, le père Noël et des enfants… On ne peut pas demander plus.»

Tout est là.

Dans la faculté d’apprécier, dans les détails, dans les «mercis» que tout le monde s’est dits avant de partir. Le tableau n’était qu’un prétexte. Les résidents ont regagné leurs quartiers tout doucement, un peu plus heureux.

Un peu comme dans les mots de Maé :

C’est une bougie, le bonheur 

Ris pas trop fort d’ailleurs 

Tu risques de l’éteindre 

On l’veut le bonheur, oui, on l’veut

Tout le monde veut l’atteindre 

Mais il fait pas de bruit, le bonheur, non, il fait pas de bruit 

Non, il n’en fait pas 

Entre les lignes

Le pouvoir de la liqueur brune

CHRONIQUE / Le phénomène n’a rien à voir avec le fait qu’elle soit technicienne en nutrition, mais de nous deux, ma sœur est la plus granola. La bouffe santé, les fruits et légumes bien élevés, ça l’a toujours intéressée. Elle n’est pas végétarienne, mais elle tend vers ça. Avec un chum végé, le virage se fait naturellement.

Ma sœur brosse ses dents et lave ses cheveux, ses vêtements et sa vaisselle avec des produits écolos. Elle ne mange presque pas des sucreries, ne boit de l’alcool et des boissons gazeuses qu’à l’occasion et fait attention à la quantité de gluten qu’elle ingurgite. Mais, il n’en a pas toujours été ainsi...

Perspectives

Inspirés par l’harmonie du passé

CHRONIQUE / Sous l’effet de surprise et dans la torpeur de ma sieste du samedi après-midi, j’ai complètement figé au téléphone.

— Bonjour, accepteriez-vous de contribuer à la campagne de financement du futur cimetière musulman de Sherbrooke?