À défaut de pouvoir s’en remettre au pointage d’une firme de sondage, y’a que vous qui pouvez nous éclairer sur vos intentions de vote. Ne vous privez ni de votre droit de vote ni de votre droit de parole pour influencer.

Utiles ou pas les sondages?

CHRONIQUE / La question m’est posée chaque jour : quand La Tribune publiera-t-elle un sondage pour nous situer dans la course à la mairie et la campagne électorale à Sherbrooke?

J’ai vérifié auprès de patrons, ceux du journal comme ceux de médias électroniques de la région et personne n’a encore passé cette commande. Mais pourquoi cette année, alors que ces attentes n’ont pas été exprimées il y a quatre ans?

C’est simple, le résultat des élections de 2013 était tellement prévisible. C’est sans la moindre surprise que le maire Bernard Sévigny a obtenu un renouvellement de mandat avec l’appui de 73 % des électeurs. Sa victoire ne fut que formalité puisque son plus proche rival, Denis Pellerin, n’a recueilli que 14 % de ce qui pouvait être interprété comme un vote de protestation.

Rappelons que douze mois avant ce rendez-vous électoral, un sondage avait révélé un taux de satisfaction de 76 % à l’égard de M. Sévigny. C’est donc dire que le chef du Renouveau sherbrookois avait réussi à maintenir une bonne cote de popularité jusqu’à la fin de son premier mandat.

Quelle perception les Sherbrookois ont-ils aujourd’hui de leur maire en poste depuis huit ans?

À défaut de pouvoir s’en remettre au pointage d’une firme de sondage, y’a que vous qui pouvez nous éclairer en inondant ma boîte de courriels, en demandant à ce que votre point de vue soit publié dans nos pages à l’Opinion du lecteur ou en vous exprimant sur n’importe quelle autre tribune. Ne vous privez ni de votre droit de vote ni de votre droit de parole pour influencer.

Un Sherbrookois sur deux était favorable en 2012 à la formation d’un deuxième parti municipal pour rivaliser avec celui du maire Sévigny. Depuis la création de Sherbrooke Citoyen, cette deuxième option existe. Les électeurs vont-ils massivement en faveur de l’un ou l’autre des partis?

J’entends plutôt le contraire. Même s’il y a plus d’acteurs politiques prêts à s’engager dans cette voie, il y aurait moins d’électeurs prêts à les suivre. Est-ce réellement un bruit de fond répandu et risqué pour le maire ou seulement du commérage?

Encore là, vous êtes les seuls à détenir la vérité. Parlez-en à la maison autour de vous, avec vos amis, vos voisins, au travail pour que l’effet d’émulsion stimule le taux de participation anémique (42 % en 2013 à Sherbrooke) que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) déplore dans une campagne publicitaire caricaturale.

Lorsque les médias publient des sondages, l’objectif est d’informer. Plusieurs leur reprochent plutôt de déformer ou d’orienter. D’encourager la spontanéité et les choix superficiels. Ou, à l’opposé, de carrément décourager l’électeur à se déplacer pour aller voter lorsque les résultats annoncent des écarts prononcés et quasi insurmontables.

L’absence de toute indication quant aux intentions de vote augmente-t-elle votre niveau d’intérêt au cours de la présente campagne? Si oui, c’est un intérêt plutôt discret.

Tenez-vous une fois de plus la victoire du maire Sévigny pour acquise? Si votre perception reste négative à l’égard des partis municipaux vous poussera-t-elle à voter pour un candidat indépendant dans votre district, quitte à renvoyer le chef du Renouveau sherbrookois à la mairie, pieds et mains liés avec peu de conseillers de son équipe politique?

Autre perception de 2012 que je serai curieux de mesurer au cours de la présente campagne : seulement 42 % des répondants à un sondage commandé par La Tribune estimaient alors que le maire Sévigny parviendrait à développer et à rentabiliser l’aéroport. Êtes-vous plus ou moins nombreux à « y croire » aujourd’hui?

Il n’est pas dit qu’il n’y aura pas de coup de sonde d’ici le 5 novembre, sauf que ce n’est plus un automatisme comme avant. Les coûts des sondages font partie des choix budgétaires que les médias régionaux doivent évaluer avec une situation financière fragilisée J’en ai d’ailleurs récemment fait la remarque au président du comité exécutif de la Ville, Serge Paquin, lorsqu’il m’a abordé sur la question. Comme toutes les autres villes et municipalités du Québec, Sherbrooke veut économiser en diffusant ses avis publics sur des plates-formes moins coûteuses que les pages des journaux. Soit. Ce faisant par contre, la Ville nous coupe les vivres.

Parallèlement, le financement de la caisse du Renouveau Sherbrookois à même les taxes des Sherbrookois est passé de 26 495 $ en 2013 à 48 889 $ en 2015, puis a grimpé à 105 643 $ en 2016. Qui est le plus en moyens pour consulter l’électorat à grande échelle?
J’ai signalé au vétéran Paquin, qui tire sa révérence après avoir agi comme colistier du maire Sévigny au cours des quatre dernières années, que si son parti voulait bien faire montre de générosité et de transparence, il pourrait financer un sondage et nous rendre les résultats disponibles. Tous les médias les publieraient, c’est certain.

Ces résultats seraient-il fiables ou biaisés?

Le Renouveau sherbrookois risquerait gros à les trafiquer. Car, avec la complicité des électeurs, il ne faudrait que quelques heures pour en mesurer la crédibilité...