La nomination de Danny Maciocia comme directeur général des Alouettes de Montréal constitue une très bonne nouvelle pour les footballeurs québécois.

Une lueur d’espoir pour les footballeurs du Québec

CHRONIQUE / La nomination de Danny Maciocia chez les Alouettes de Montréal a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. Le retour chez les professionnels de l’ancien grand manitou des Carabins de l’Université de Montréal est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver aux jeunes footballeurs du Québec.

Avec Maciocia à bord, les Alouettes se retrouvent maintenant avec quatre anciens entraîneurs du RSEQ dans leurs rangs, si on ajoute André Bolduc (Vert et Or), Mickey Donovan (Stingers) et Vince Nardone (Stingers), comme le faisait remarquer le collègue Moe Khan sur Twitter.

Ajoutez à cela Luc Brodeur-Jourdain, un ancien de Laval, et la représentativité s’améliore.

Et pour moi, c’est là que se situe le réel changement.

Il n’y a pas si longtemps, Bolduc était le seul entraîneur francophone, et provenant du RSEQ, chez les Alouettes, sous la houlette de l’entraîneur-chef Mike Sherman. Les adjoints de ce dernier étaient principalement des Américains. Comme lui.

Avec un directeur général issu du football universitaire québécois, qui a de surcroît remporté la Coupe Vanier, les Alouettes pourront, du moins c’est le souhait, s’ancrer plus durablement dans leur milieu.

Et peut-être faire revivre cette belle époque où les Éric Lapointe, Bruno Heppell et ces footballeurs québécois étaient parmi les joueurs les plus appréciés, et performants, de l’équipe.

Un âge d’or, pour les Alouettes.

Maciocia a d’ailleurs confirmé lors du point de presse de sa nomination qu’à valeur égale, les gars provenant du RSEQ auraient l’avantage.

C’est prêcher pour sa paroisse, certes, mais c’était aussi la chose à dire. Il y a du fichu bon football qui se fait au Québec. On n’a qu’à regarder l’intérêt grandissant des programmes NCAA envers les footballeurs québécois pour s’en convaincre.

Et qui dit bons joueurs, dit forcément bons entraîneurs. Et il y en a plusieurs dans les différents programmes universitaires de la province, de même qu’au niveau collégial.

Cette promotion de Danny Maciocia vers les pros, un retour pour lui dans la LCF après neuf saisons au RSEQ, n’est pas une surprise pour personne.

Mais plutôt que de voir son départ comme une perte pour les Carabins, voyons-le plutôt comme une confirmation que ce qui se fait au football québécois est un produit de qualité.

La domination du Rouge et Or de l’Université Laval sur la scène nationale est en ce sens le meilleur indicateur.

Ajoutez à cela les incursions de l’entraîneur-chef des Alouettes Khari Jones à différents entraînements d’équipes universitaires, lors de la dernière saison — en compagnie d’André Bolduc, il a visité Concordia, Montréal et Québec — et il y a lieu de regarder l’avenir avec intérêt.

Pour la première fois depuis des lunes, l’intérêt des footballeurs du Québec envers Montréal semble de retour. La LCF, et Montréal d’abord, doit redevenir la suite logique pour les meilleurs footballeurs du Québec.

Espérons que ce n’est que le début. Les Alouettes doivent redevenir la destination rêvée des jeunes footballeurs du Québec.

Du piquant pour la saison 2020 du foot universitaire

Le départ de Maciocia aura forcément des répercussions chez les Carabins. On a choisi, et avec raison, la continuité en nommant le coordonnateur de la ligne à l’attaque et assistant entraîneur Mathieu Pronovost pour lui succéder, sur une base intérimaire.

L’ancien coordonnateur à l’attaque chez le Vert & Or est organisé et méthodique. Il fera le boulot.

C’est donc dire que l’UdeM sera à la recherche d’un entraîneur-chef à temps plein, dans les prochaines semaines. Pour 2020, ou pour 2021? La question demeure.

N’empêche, le vide créé par le départ de Maciocia se fera sentir chez les Bleus. Impossible de perdre un homme de football de cette envergure sans en subir les contrecoups. Il laisse de grands souliers à chausser, à plein de niveaux, dont celui de la représentation.

Je ne dis pas qu’il y a le feu chez les Bleus, loin de là.

Mais ce changement de garde amènera une tout autre dynamique à la conférence Québec, une dynamique qui avait par ailleurs bien évolué, en 2019.

Rappelez-vous : Montréal a battu Québec, Québec a battu Montréal, Sherbrooke a battu Montréal, McGill a battu Sherbrooke, et ce sont finalement les Carabins qui ont accédé à la finale de la coupe Vanier.

Les prochaines semaines seront intéressantes. D’abord pour la conclusion de l’actuelle période de recrutement — il y a encore certains gros noms sur le marché — mais aussi pour la préparation de la prochaine saison.

Québec a eu un excellent recrutement, comme d’habitude. Sherbrooke a déjà près d’une quarantaine de recrues confirmées. McGill a aussi bien fait, surtout avec de bons receveurs, alors que Concordia a ajouté sept joueurs étoilés.

Les Carabins ont, selon le site Allez les Bleus, une récolte de 11 nouveaux joueurs, dont quatre étoilés, et le prometteur receveur Guillaume Ranger.

Les prochaines semaines seront intéressantes.