Assise dans la chambre modèle, la directrice générale du Delta Sherbrooke, Tracy Cosgrove, confirme le début d’un chantier de 10 M$ pour moderniser les 178 chambres, le lobby de l’hôtel ainsi que les installations du Centre des congrès.

Une cure de 10 M$ pour redevenir leader

Les intentions parviennent finalement à l’étape des réalisations : le Delta Sherbrooke subira au cours des prochains mois une cure de rajeunissement de 10 millions de dollars durant laquelle les 178 chambres seront remises au goût du jour. Des améliorations seront également apportées au Centre des congrès.

« Nous allons de l’avant. Bien que nos concepteurs aient veillé à conserver la touche champêtre de la région, les chambres et le lobby seront méconnaissables. Le Delta Sherbrooke va reprendre sa place comme l’hôtel de destination numéro 1 dans les Cantons-de-l’Est », lance avec enthousiasme la directrice générale Tracy Cosgrove en me guidant vers la chambre 714, la chambre modèle déjà rénovée.

Celle-ci révèle au premier coup d’œil une décoration épurée et moderne, une salle de bain tendance ainsi qu’un téléviseur à écran plat de 55 pouces compatible avec les nouvelles technologies.      

« Nous avons réuni tout le personnel sur cet étage à la mi-mars afin que les employés puissent voir ce que sera le résultat final. Une bouffée d’air frais est entrée ce matin-là dans l’hôtel », décrit Mme Cosgrove.

« Le secret avait été bien gardé et la surprise a été totale lorsque tour à tour nous avons constaté l’ampleur des changements. Ça fait toujours du bien de voir du neuf, ça donne des ailes. Les boiseries de l’hôtel, nous les trouvons bien belles, sauf qu’elles commençaient à être passées de mode… » corrobore en riant Lucie Marcotte qui est à l’emploi du Delta depuis 22 ans.

La rénovation se fera par blocs de 60 chambres, donc trois étages à la fois.

« La quiétude des clients sera assurée. Des arrangements ont déjà été pris avec d’autres hôtels de Sherbrooke qui accepteront le débordement de clientèle durant la période de travaux. De même, des garanties ont été données à des organisateurs d’événements, leur assurant que nous les accueillerons à compter du printemps 2019 dans un complexe entièrement rénové », précise Mme Cosgrove, heureuse que lui revienne l’honneur d’orchestrer cette transition.

Cette dernière est native de Montréal, mais a par la suite vécu au bord du lac Massawippi jusqu’à l’âge de 20 ans. Son premier emploi au Ripplecove a été le tremplin d’une carrière remplie dans l’hôtellerie. Elle a quitté un poste de direction à Halifax pour revenir en Estrie, aux commandes du Delta Sherbrooke, à l’aube de la cinquantaine.

Dans la section du centre des congrès, où le revêtement de sol a déjà été changé, un nouveau système d’éclairage au LED plus polyvalent sera installé dans la salle principale.

« Ces investissements repositionneront Sherbrooke comme ville de choix dans l’industrie des congrès. Avec celles de l’OTL Gouverneur et de Grand Times, les chambres rénovées du Delta seront synonymes de qualité », se réjouit le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier.

« Un centre de congrès plus attrayant va tirer tout le monde vers le haut », convient également le propriétaire du Grand Times Hotel, Jean Audet.

Et vos améliorations, M. Audet, votre terrasse à la hauteur de votre hôtel et du site exceptionnel que les Sherbrookois vont ont offert, sont-elles pour bientôt?

« Le vent nous pose encore des problèmes, il renverse les tables et les parasols. Ça prend un concept fiable et abordable pour rendre des investissements rentables », répond le propriétaire.

La ville de l’innovation n’est pas assez créative pour résoudre un problème aussi élémentaire que celui-là, le vent du lac des Nations n’est quand même pas le vent du fleuve Saint-Laurent, non?

Le lobby de l’hôtel changera de look complètement.

Parlant d’innovation, le Delta débordait d’enseignantes ces derniers jours – avec une dizaine de profs masculins dans le lot, gros max —, assoiffées de la créativité et de la souplesse pédagogique du gourou sherbrookois Yves Nadon.

« Je suis peinée pour une de mes collègues n’ayant pas réussi à s’inscrire, elle aurait adoré... » a soupiré durant une pause une participante de la Rive-Sud.

« Il faut absolument être devant ton écran au moment où le signal de départ est donné, sinon oublie ça », lui a répondu une consœur de la Mauricie.
Les 800 places disponibles pour le congrès De mots et de craies, dont Yves Nadon est l’un des principaux artisans, se sont envolées en 22 minutes! Quatre fois la capacité d’hébergement du Delta, c’est tout le parc hôtelier de Sherbrooke qui s’est rempli à la vitesse de l’éclair.
Le comité organisateur n’est-il pas tenté d’aller ailleurs, là où la capacité d’accueil est supérieure?

« Notre congrès répond à une volonté de changement et cette participation est une reconnaissance que nous sommes un lieu de haut savoir et de grandes pratiques pédagogiques. Il nous serait facile d’attirer 100 ou 200 personnes de plus, mais nous voulons que le cadre de discussions reste convivial. Au lieu de changer d’endroit, nous songeons à tenir l’événement sur 4 jours au lieu de deux pour créer une rotation chez les participants. Cela dit, je me réjouis comme Sherbrookois que le Delta fasse peau neuve. Ça va faire du bien. »

Juste rappeler que les mezzanines qui étaient d’efficaces coins de lecture en classe pour les enfants avant l’intervention de la Régie du bâtiment sortaient aussi de l’imagination de ce professeur hors convention.

Si la bombe de Québec est le maire Régis Labeaume, la bombe de Sherbrooke en éducation est sans contredit Yves Nadon!