Un tsunami de niaiseries

CHRONIQUE / Une tempête automnale armée de vents violents a soufflé sur la région lundi soir dernier. Fort à part ça. Avec les feuilles qui tournoyaient de tous bords, tous côtés, ça donnait comme un avant-goût des rafales de neige qui nous attendent cet hiver. Hummmm....

Devant ce que les météorologues appellent affectueusement une « bombe météo » et ma crainte de voir nos fenêtres voler en éclats, j’ai demandé à mon amoureux si on n’était pas alors frappés par la queue de l’ouragan Michael. Celui qui a ravagé la Floride récemment.

Question à laquelle il a répondu très sérieusement, tout en accrochant ses propos aux nouvelles publiées sur MétéoMédia et ailleurs sur Internet.

C’est là qu’une pensée pour mes collègues journalistes a fait naître sur mon visage un large sourire.

Avoir posé la même question à « voix forte », comme dirait ma petite, dans la salle de rédaction, j’aurais tout simplement créé un monstre !

Un tsunami de niaiseries, plus comiques les unes que les autres, aurait déferlé, et ce, pendant plusieurs minutes. On aurait tout entendu. Premièrement parce qu’un Mickael travaille avec nous depuis peu et, deuxièmement, parce qu’il est question ici, eh oui, du mot « queue », qui peut faire référence, vous l’aurez deviné, au pénis.

À défaut de briser la vision romantique que vous vous faites peut-être d’une salle de rédaction, la nôtre est remplie de gens sérieux... qui ne se prennent pas du tout au sérieux. Un lieu plein de personnes habiles avec les mots qui ont un sens de la répartie comme pas un. Et souvent, ça se relance en empruntant tous les styles d’humour disponibles : humour absurde, parodie, mots d’esprit, ironie, humour noir, voire scatologique ou encore des tournures de phrases faisant allusion à la sexualité. Faut se dire les vraies affaires : une bonne blague de caca bien placée peut en faire pisser plusieurs dans leurs culottes ! Et pas que les enfants.

Chez nous, par exemple, le spécialiste du domaine judiciaire maîtrise à merveille l’art de faire pétarader un coussin péteur au moment opportun. Avoir un tel sens du timing n’est pas donné à tout le monde.

Laissez-vous tenter, par exemple, par la simple idée de saper (churluper) en prenant une gorgée d’eau ou de café quand on entend les mouches voler dans votre bureau. Vers 15 h 30. Vous allez provoquer un fou rire généralisé. Essayez-le pour voir. Ça fait un bien fou !

C’est clair qu’il m’est impossible, voire interdit, de vous raconter tout ce qui se dit de part et d’autre de nos écrans en une semaine. Mais la chose que je peux partager, c’est ce bonheur et cette chance que j’ai de pouvoir travailler dans un milieu où l’humour a sa place.

C’est prouvé : rire au travail, c’est bon pour la créativité et la productivité. Rire permet de sécréter l’hormone du bonheur qui booste l’efficacité, la concentration, l’attention et la confiance en soi. Les employés qui rient souvent seraient plus optimistes, positifs, empathiques et capables d’adaptation. Comme si ce n’était pas assez, intégrer la rigolade à notre milieu de travail augmente la qualité de nos relations. Selon les experts, se dilater la rate insuffle de l’énergie au sein d’une équipe et renforce les relations entre collègues. Rigoler au bureau contribue à l’enthousiasme et au bonheur des troupes. Cela fait également grimper le niveau de satisfaction et le sentiment d’appartenance. Difficile de croire que pour certains, s’amuser tout en travaillant rime avec perte de temps, inefficacité et incompétence. Selon André Descheneaux, avocat québécois devenu spécialiste de l’humour au travail il y a plus de 20 ans, « certaines recherches ont montré que plus on rit, plus de sang monte au cerveau, ce qui stimule les centres cognitifs supérieurs qui gèrent la capacité d’analyse, le jugement, le raisonnement, la mémoire... Après avoir ri un bon coup, on est donc en mesure de mieux travailler ! »

Une joyeuse façon, en tout cas pour nous, de ne pas atteindre le comble du journaliste. Celui d’être à l’article de la mort.