C’est pour exploiter la vue exceptionnelle à partir du promontoire surplombant la rue Galt Ouest que les concepteurs du Quartier Saint-Famille proposent des immeubles avec une large fenestration autour du couvent qui serait lui-même converti en bonne partie en habitations locatives.

Un départ constructif

CHRONIQUE / Les promoteurs du projet de conversion du site des Petites sœurs de la Sainte-Famille ont choisi l’approche feutrée des consultations en amont, de l’espace accordé aux citoyens dès l’étape de conception des projets.

La présence de près 150 personnes à une séance d’information, des résidants de l’arrondissement du Mont-Bellevue surtout, confirme que cette prudence était de mise. Car, une aussi forte participation en plein mois de juillet est un indice de sensibilité très élevé.

La réceptivité à ce projet immobilier de 70 M$ a été plus grande que ce que laissaient présager les premières opinions partagées sur les réseaux sociaux après que La Tribune eut rapporté, jeudi dernier, l’ampleur des transformations qui se préparent.

On a longtemps cru que l’immense terrain des religieuses deviendrait tout naturellement une extension du campus de l’Université. Ce nouvel espace urbain sera plus que cela, ont fait valoir les concepteurs. Il sera multigénérationnel et multiclasses. Chaleureux et dynamique.

« Un milieu de vie comme l’aurait souhaité la fondatrice de notre communauté, mère Marie-Léonie, qui aimait tant se mêler aux gens », lance spontanément sœur Madeleine Roy, qui nous guide vers les plus beaux points de vue pour une photo tout en tendant l’oreille à la présentation retransmise à la grandeur du couvent même si celui-ci sonne de plus en plus creux, faute d’occupantes.

Une vue, vous dites!

Un regard panoramique sur Sherbrooke, à partir d’un promontoire assurant le spectacle du coucher du soleil jusqu’aux dernières lueurs du jour.

« C’est un atout que nous nous devions d’exploiter avec une abondante fenestration dans la conception des bâtiments », a expliqué l’architecte Serge Marchand.

La simulation d’un déplacement en auto sur ce tronçon de la rue Galt habité, bordé d’édifices, a également présenté une autre perspective de ce secteur.

« Je ne repousse pas tout le projet d’emblée et je suis ouvert à la modernité. Mais c’est un concept trop éclaté qui, à mon avis, manque d’uniformité », a réagi l’artiste Luc St-Jacques après avoir examiné les plans. Il habite dans le quartier universitaire depuis 30 ans.

Bien que ce genre de remarque n’ait pas été exprimée au micro, c’est une réaction qui a été largement partagée avant et après l’assemblée. Même si le départ a été constructif, l’exercice de persuasion est donc loin d’être terminé pour les promoteurs.

Les fils ne sont pas tous attachés non plus avec le conseil municipal. La somme que la Ville devra débourser pour acquérir la partie boisée du terrain des religieuses afin d’en préserver l’intégrité en le rattachant au parc du Mont-Bellevue n’est pas encore fixée.

« Des spécialistes se penchent là-dessus et nous ferons une recommandation. Ce n’est cependant pas hors de prix. C’est dans l’ordre de grandeur de ce que la Ville a payé pour le boisé Fabi. Nous discutons sur des bases similaires », affirme le président du comité d’urbanisme, Vincent Boutin.

Dans ce cas, le promoteur Jacques Vallée avait cédé 76 000 m² comme redevances à des fins de parc alors que la Ville lui avait versé 1,45 million pour les autres 60 000 m² de superficie boisée.

Il y a déjà quatre ans que les Petites sœurs de la Sainte-Famille ont amorcé la transition avec la mise en chantier d’un bâtiment moins spacieux ayant tout de même nécessité des déboursés de 20 M$. La seconde a été celle du déménagement pour la grande majorité de religieuses. Elles ne sont plus qu’une quarantaine dans l’ancien couvent.

Le bâtiment trop grand devient aussi coûteux à supporter. Or, les offres n’ont pas été nombreuses.

« Moi, je n’en voudrais pas. Le recyclage de ces vieux bâtiments amène trop de problèmes. De toute façon, je n’ai rien vu de mieux ce soir que ce que j’aurai bientôt à vous dévoiler comme prochaine phase de mon développement sur la rue du Pacifique », a commenté le promoteur Robert Côté en quittant la grande salle du couvent.

L’approche feutrée des promoteurs du projet Mont-Sainte-Famille est sage pour prévenir les confrontations. Et pour éviter de prendre trop de retard sur le concurrent du bas de la côte.