Le télétravail permet, entre autres, aux parents d’aller conduire les enfants à l’école, de s’occuper d’un parent malade ou de faire du bénévolat.

Télétravail pour tous

Facile de s’imaginer la fébrilité régnant au siège social de Nubik à Montréal.

Le chiffre d’affaires de la compagnie technologique spécialisée dans l’implantation de solutions d’affaires pour les entreprises, grandes et petites, a triplé au cours des trois dernières années.

Jadis exclusivement québécois, son terrain de jeu dépasse, aujourd’hui, les limites de la Belle Province.

Et des employés, Nubik en a embauché 30 depuis le début de l’année. Ils sont maintenant 75 dans l’entreprise de Katie Bussières.

Au siège social, donc, ça doit ressembler à une ruche.

Pourtant, c’est le calme plat.

À vrai dire, il n’y a pas un chat!

«Rares sont les entreprises dont la totalité du personnel travaille à la maison. Eh bien, Nubik est une exception!» explique Mme Bussières. «J’ai deux employées affectées à la comptabilité. L’une travaille chez elle à Sainte-Adèle, l’autre dans sa résidence à Saint-Amable.»

Le quartier général est utilisé, principalement, pour la tenue de réunions et de rencontres avec des clients.

Lorsqu’elle a fait l’acquisition de Nubik en 2015, celle qui vient de décrocher le prix de l’Entrepreneure de l’année 2017 dans la catégorie «moyenne entreprise» décerné par le Réseau des femmes d’affaires du Québec n’était pas enthousiaste à l’égard du télétravail. Un mode d’organisation du boulot implanté à l’époque par les fondateurs de Nubik.

«À mon arrivée, je tenais à avoir mon bureau. Je disais à mes collègues que je n’étais pas comme eux. J’avais besoin d’aller au bureau tous les jours de la semaine. J’avais besoin de ma dose quotidienne de contacts humains, et ce, malgré les deux heures par jour passées dans la circulation. Donc, au début, je me pointais au siège social. La plupart du temps, je me retrouvais toute seule!» raconte Mme Bussières.

«J’ai commencé, une journée ou deux par semaine, à travailler à la maison. Je m’installais sur la table de la cuisine. Ce n’était pas toujours pratique. C’est à partir du moment où j’ai aménagé un petit coin pour le boulot que j’ai commencé à apprécier le travail à domicile. Peu à peu, j’y ai transféré mes outils de travail, comme ma calculatrice préférée, par exemple.»

Des employés heureux et productifs

Pour Katie Bussières, «le travail ne doit pas être une embûche à l’épanouissement de la vie personnelle ou familiale de ses employés.»

Le télétravail permet, entre autres, aux parents d’aller conduire les enfants à l’école, de s’occuper d’un parent malade ou de faire du bénévolat.

«Les gens sont plus productifs lorsqu’ils travaillent à la maison et qu’ils n’ont pas à subir un horaire de 9h à 17h et les affres de la circulation. Ils sont aussi plus motivés. Leur niveau d’engagement est élevé. Et leur attachement à l’entreprise est très fort.»


Rares sont les entreprises dont la totalité du personnel travaille à la maison. Eh bien, Nubik est une exception!
Katie Bussières, présidente de Nubik

En tant que patronne, Katie Bussières fait entièrement confiance à ses employés. «Je n’ai pas besoin de savoir à quelle heure l’un commence sa journée. À quelle heure, l’autre la termine. L’important, pour moi, est que le travail se fasse et se fasse bien.»

Au moins six fois par année, la bande de Nubik se retrouve pour faire le point sur les activités de l’entreprise et festoyer en famille. 

Le mode d’organisation du travail adopté par Nubik favorise le recrutement des talents. «Nous ne sommes pas confinés à une ville ou à une région. Nous pouvons recruter à la grandeur du Québec. Nos travailleurs proviennent de tous les coins du Québec. De Montréal. De Québec. De Trois-Rivières. De Sherbrooke. De Gatineau.»

Par ailleurs, chaque année, l’entreprise accorde une allocation à ses employés afin qu’ils achètent tout ce dont ils ont besoin pour travailler confortablement dans la chaleur de leur résidence. 

«Ça ne nous coûte pas plus cher que si tout le monde travaillait au même endroit», affirme Mme Bussières.

«Nous n’avons pas la responsabilité de nous occuper d’un lourd parc informatique. De plus, nous n’avons jamais de contrainte d’espace. C’est un élément crucial pour une entreprise en forte poussée de croissance comme la nôtre. Depuis le début de l’année, nous avons embauché une trentaine de nouveaux travailleurs. Un mouvement qui va se poursuivre en 2018. Nous n’avons pas à nous casser la tête pour les loger.» 

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VIE DE BUREAU «VIRTUELLE»

«Nos employés travaillent à la maison, mais ils ne sont jamais seuls. La technologie leur permet d’avoir l’impression d’être bien assis au bureau et de faire partie d’une équipe.»

Katie Bussières explique que tous les employés, à leur poste de travail, ont un écran sur lequel apparaît une représentation graphique du quartier général «virtuel» de Nubik.

Les travailleurs sont tous identifiés par un avatar. En tout temps, ils peuvent savoir où trouver un collègue.

Si Vincent quitte son bureau au sous-sol de sa maison pour se rendre à la cuisine afin de se préparer un sandwich, son avatar apparaîtra dans la cuisine «virtuelle» du siège social «virtuel» de la compagnie. 

Même chose pour Véro et Mireille, la première travaillant chez elle à Québec et sa collègue s’affairant à Laval, qui sont en réunion dans le bureau «virtuel» de Serena, assise chez elle à Trois-Rivières pour discuter du cas d’un client. Leurs avatars montrent qu’elles sont dans le bureau de Serena.

Dès que la rencontre se termine, Véro et Mireille retournent dans leur cubicule «virtuel» et ce, sans même bouger, dans la réalité, de leur fauteuil respectif à la maison.

Et si Andrew, installé à Longueuil, veut consulter Véro, il ira cogner à la porte de cette dernière, porte qui n’existe, dans les faits, que sur un écran d’ordinateur.