Je ne vous en ai pas parlé parce que les films LGBT, c'est rarement très bons. Je dis pas jamais. Je ne dis pas 'pas bons du tout'. Mais pas si souvent. Pas assez souvent.

Sortir les films du placard

CHRONIQUE / Je n'ai pourtant pas réputation de pécher par excès de prudence, mais voilà que j'hésite un brin en commençant cette chronique. Vous savez comment je suis, je ne voudrais pas créer une polémique à titre de lobbyiste médiatique du pouvoir LBGT au Québec, soulever le doute chez qui que ce soit qui aurait la prétention d'être le dernier des homos du Québec ou encore vous faire douter de vos choix cinéma pendant le FCMS.
Parce qu'en vérité, soyons honnêtes, j'veux juste vous jaser cinoche. J'veux juste vous expliquer pourquoi je ne vous ai pas nécessairement conseillé d'aller voir Take me for a ride, hier soir, coproduction colombo-mexico-équateurienne qui se penche sur l'évolution de la relation amoureuse entre deux jeunes femmes, et l'un des quatre ou cinq films un peu LGBT du FCMS. (Oui, je fais dans l'abus d'acronymes.)
Je ne vous en ai pas parlé parce que les films LGBT, c'est rarement très bons. Je dis pas jamais. Je ne dis pas 'pas bons du tout'. Mais pas si souvent. Pas assez souvent.
Là, de deux choses, ou bien vous connaissez bien le sujet et vous voyez très bien de quoi je parle, ou bien vous n'avez jamais vraiment cherché à regarder des films mettant en vedette des caractères LGBT, et vous vous demandez tellement où je m'en vais avec ça.
Je m'en vais là où j'étais dans ma tête quand la directrice de la programmation, Catherine Viau, m'a dit en conférence de presse qu'elle se réjouissait d'avoir une sélection de quatre ou cinq films LGBT. Sur le coup, je me suis dit yé! Pis après, je me suis dit yé encore, mais avec un mais.
Mais les films LGBT, y a des patterns. Ça finit rarement bien.
Concentrons-nous sur le film lesbien. Ça va forcément finir dans les larmes. Parce que l'une des deux protagonistes va être hétéro. Ou mourante. Ou incapable d'assumer son orientation. Ou que la famille va apposer son véto.
Vont s'aimer, oui, non, oui, non. Pis au final, non pour de bon.
Rarement ça se passe autrement. Y a des exceptions, mais elles ne sont pas légion.
Je me suis donc dit : regarde, va voir, on s'en reparle.
Fait que, non Take me for a ride n'est pas un grand film, la trame était assez faible. Est-ce que ça finit bien? J'vous dis pas.
Mais au final, ça n'a pas d'importance. Parce que la bonne nouvelle dans la bonne nouvelle de Catherine et de sa programmation LGBT, c'est qu'ailleurs dans le monde, hors de l'Amérique du Nord ou de l'Europe, en Équateur dans ce cas-ci, là où il inscrit dans la constitution que le mariage est un acte entre un homme et une femme, on ne cache plus les films LGBT dans les fonds de tiroirs, qu'on en fait, qu'on en montre.
C'est ça l'important au final.
Parce qu'à force de se donner le droit de faire des films et de les diffuser, on se donne le droit d'en faire des bons et de pousser les scénarios un peu. Et là, sky is the limit.
Donc, cette semaine au FCMS, il y a aussi La sociologue et l'ourson et Hearstone, entre autres, que vous voudrez peut-être voir.
Mais vraiment voir.