Les jeunes du Québec comme de partout dans le monde multiplient les actions afin d’amener les dirigeants politiques vers un réel engagement à la lutte aux changements climatiques. C’est peut-être leur façon à eux de s’adapter.

Rafale d’adaptation

CHRONIQUE / Vous connaissez Rafale, l’ami des petits et des grands?

Non? J’avoue, je ne l’avais jamais remarqué non plus jusqu’à la semaine dernière, et pourtant, Rafale est bien visible dans un coin de la page d’accueil du site du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du gouvernement du Québec.

Rafale, l’air sympathique, le toupet au vent, avec un paquet de ses ami.e.s prêts à partager avec les jeunes – et moins jeunes – un lot d’infos compartimentées, mais un brin désordonnées, sur les questions environnementales, Rafale et sa gang qui jasent d’agriculture, de consommation, d’eau, d’air et de plein d’affaires, dont... la Stratégie gouvernementale d’adaptation aux changements climatiques.

Je vous rappelle ici l’étonnement et le vent de révolte provoqués la semaine dernière par une question d’examen du ministère de l’Éducation aux finissants de cinquième secondaire.

Question qui allait ainsi : Peut-on s’adapter aux changements climatiques?

Les finissants du niveau secondaire devaient y répondre sous forme de lettre ouverte dans un format de 500 mots.

Les élèves, en beau joual vert, ont fait valoir qu’avant de parler d’adaptation, ils préfèreraient parler de lutte, parce qu’au final, les répercussions des changements climatiques, dans 10, 20, 30 ou 40 ans, c’est eux surtout, et leurs propres enfants, qui vont en subir les conséquences.

Pis que dans la mesure où on connaît les conséquences, mais aussi un paquet de mesures à prendre, ils trouvent ça ordinaire qu’on ne passe pas à l’action, qu’on leur suggère plutôt de réfléchir à l’adaptation.

Je me suis imaginée en secondaire 5, ça m’a mise en beau joual vert aussi, mais remarquez que j’ai passé 50 ans et que je ne décolère pas beaucoup face à l’inaction dans la lutte aux changements climatiques. Fait que.

Comment calmer la colère? On pourrait suggérer d’écouter en rafale les huit saisons de Games of Thrones, mais pourquoi ne pas plutôt passer un peu plus de temps avec Rafale?

Rafale, donc, qui habite dans son tout petit coin du monde, quelque part dans les zinternets, et qui s’est vu donner en octobre 2018 la mission d’expliquer aux jeunes les grandes lignes de la Stratégie gouvernementale d’adaptation aux changements climatiques 2013-2020 mise en place par le gouvernement Charest en 2012 avec un budget de base de 200 millions $.

Je n’entre pas dans tous les détails de ce plan d’action, mais on prendra note qu’il s’appuie sur les scénarios climatiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), que les prévisions et impacts sont conjugués au présent et au futur, – pas au conditionnel – qu’on y aborde les effets négatifs, la nécessité de réduire la vulnérabilité des générations actuelles et futures... et les occasions d’affaires potentielles.

LA STRATÉGIE EXPLIQUÉE AUX JEUNES...

Mais, allez, de retour à Rafale.

Je ne vous relaie pas l’intégral de son intervention sur la Stratégie auprès des enfants, même si ce n’est pas très long, mais jetons-y un petit œil quand même.

« Commençons par le début : qu’est-ce qu’une stratégie? Lance d’abord Rafale au point 1, avant de répondre que « En bref, c’est l’ensemble des problèmes décelés, des objectifs visés et des solutions envisagées pour minimiser les impacts négatifs d’un problème ou d’une situation. »

Bref, mais là c’est moi qui résume, c’est comment s’arranger pour pas trop souffrir des problèmes qu’on ne règle pas.

Je passe vite ensuite sur le point 2 où l’on précise le pourquoi d’une stratégie gouvernementale, mais notons ce passage :

« Cet effort vise à améliorer notre capacité de réduire les impacts négatifs de ces changements afin de maintenir notre qualité de vie et le fonctionnement global de notre société », ou – autre traduction libre – comment faire autrement pour continuer à faire pareil.

Mais bon, passons tout de suite au point 3, qui à lui seul vaut le détour dans le monde parallèle de Rafale :

« Est-ce qu’il ta [sic] quand même des avantages aux changements climatiques, comme le fait d’avoir des hivers moins froids? »

Je résume, mais la réponse se décline ainsi : - oui certaines personnes seront heureuses que les hivers soient moins froids – mais ceux qui aiment les sports d’hiver seront tristes – les cultures autochtones et les ressources naturelles sont menacées – il y aura impact sur les bâtiments, réseaux routiers et de distribution d’Hydro-Québec – ça pourrait causer plus de pannes de courant et « ÇA, c’est un impact négatif! »

Ah.

D’accord.

Voilà de quoi nourrir les réponses des jeunes – et des moins jeunes – pour les prochaines questions à développement d’examens ministériels.

Ou leur révolte, qui se poursuit sur les réseaux sociaux, dans les boîtes de courriels, à l’école, à la maison, dans l’action et dans la rue, encore aujourd’hui.

C’est peut-être leur façon à eux de s’adapter.

Vous voulez en  connaître davantage sur Rafale et/ou la Stratégie d’adaptation aux changements climatiques?
On peut visiter le site www.environnement.gouv.qc.ca