Selon la saison, le kilométrage et l’utilisation que vous faites de votre voiture, vous utiliserez quelques bidons de lave-glace par année. Une estimation conservatrice parle d’environ quatre bidons annuellement par voiture au Québec, donc autour de 22 millions de bidons... qui se retrouvent dans la chaîne de notre gestion de déchets.

Pour cesser de se bidonner!

CHRONIQUE / J’ai jamais trop compris pourquoi le réservoir de lave-glace de ma voiture était juste un peu plus petit que le bidon qui devait servir à le remplir.

Vraiment. Peu importe la voiture, le modèle de la voiture, le temps et le nombre de sacrements qui se sont écoulés entre la dernière goutte ayant filtré jusqu’au pare-brise et ce moment où tu réussis à te garer pour remplir le réservoir, il va toujours te rester l’équivalent d’un demi-bol de soupe ou de trois shooters dans le fond du bidon.

À certains moments de l’année où on est pas pire dans la gadoue pis la petite slush du printemps, tu peux ainsi te retrouver assez rapidement avec trois ou quatre restes de bidons qui se promènent bruyamment au gré des virages ou qui se cordent dans le fond de ton char.

Pas pratique si t’as des passagers munis de pieds, mais assez révélateur au final sur le nombre de bidons que tu peux passer en une année.

En fait, quatre, c’est le nombre moyen et assez conservateur de bidons de lave-glace dont on ferait usage annuellement par voiture dans la belle province. Et selon les derniers résultats de la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec, on parlait de quelque 5 200 000 véhicules de promenade ou à usage commercial qui zigzaguaient en 2017 entre les nids géants de poules géantes du Québec.

Invité cette semaine chez madame Perrin sur Ici Première, le fondateur de Station lave-glace, Pierre Néron, évaluait entre 20 et 25 millions le nombre de bidons utilisés annuellement au Québec. C’est un chiffre, là aussi, assez conservateur.

Mais allons-y avec 20 millions pour ne pas se faire lancer des roches d’exagération, tout en gardant en tête que ça pourrait être 10 millions de plus.

On compte présentement au Québec une vingtaine de stations lave-glace de l’entreprise Cristal Innovation dirigée par le Québécois Pierre Néron. Ce dernier espère installer des stations partout au Québec et ailleurs au Canada au cours des prochains mois.

Donc, 20 millions de bidons en plastique, avec tout ce que ça implique d’énergie et de ressources de fabrication et de transport, qui vont chaque année atterrir dans les aléas du recyclage.

Malade.

De là la proposition de Pierre Néron via son entreprise Cristal Innovation, fondée en 2013, qui a conçu et amorcé la mise en marché de stations de lave-glace, un long processus ayant commencé à prendre forme dans le paysage des stations-service traditionnelles au cours des trois dernières années.

Petit train va loin, on retrouve présentement une vingtaine de stations de lave-glace à Montréal, sur la Rive-Sud, dans les Laurentides, quelques-unes au Centre-du-Québec, en Beauce, à Stoneham et Amos, entre autres, à Saguenay bientôt. Si ça se trouve, vous avez l’occasion déjà de mettre une croix sur les bidons en série tandis qu’on est à la traîne dans ce domaine en Estrie, Québec, Gatineau et dans d’autres coins du pays.

Comment ça fonctionne? Comme une pompe à essence, essentiellement. On stationne la voiture, on procède à un prépaiement, on fait le plein dans le réservoir de lave-glace, on remet le bouchon et on poursuit sa route. Même moi je peux faire ça sans remplir le radiateur, le réservoir d’huile à moteur ou le coffre à gants, c’est tout dire.

Bon. Idéalement, il y aurait bientôt au Québec suffisamment de stations de lave-glace pour qu’on n’ait pas à s’inquiéter d’en manquer sur la route des vacances, ce serait de base à côté de la pompe à essence ou des bornes électriques, mais pour ça, ça prend toujours un peu de temps et d’encouragements.

C’est donc le temps, que vous possédiez une voiture ou non, d’y aller d’une petite bine sur l’épaule du gérant ou du proprio de votre station-service préférée afin de l’inviter à procéder. Il ne devrait pas trop rechigner, selon le modèle d’affaires de Pierre Néron, c’est le concessionnaire qui garde les profits sur les ventes de liquide.

Fait que. Y a pas de quoi se bidonner.

Envie d’aller encore une petite coche plus loin dans la gestion écoresponsable de votre lave-glace?

Il existe en ligne multitude de recettes de lave-glace tout à fait efficace en période estivale, semble-t-il, la plupart à base d’eau, de savon à vaisselle et de vinaigre, certaines ajoutant quelques gouttes d’huile essentielle pour contrer l’odeur de vinaigre qui vous donnerait envie de manger des frites. Les plus téméraires ajoutent de la vodka au mélange pour demeurer efficaces en hiver. 

On n’est pas sûr de vouloir sacrifier de la vodka ainsi, faudra s’en reparler.