Mélanie Grégoire lance cette semaine son premier livre de jardinage complètement consacré au potager, un genre de guide semaine par semaine des semis jusqu’aux récoltes.

Passation de savoir au potager

CHRONIQUE / Je ne sais pas si vous avez déjà fait pousser du céleri dans votre potager. En fait, partons de la base, de la terre mettons, je ne sais même pas si vous cultivez votre potager.

Par contre, ce que je constatais déjà par observation et que Mélanie Grégoire m’a confirmé cette semaine, c’est que vous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser au potager, mais à n’avoir aucune idée par où commencer, puis, dans les semaines et les mois qui suivent, de la voie à suivre afin de manger les fruits et légumes qui vont (devraient) pousser dans votre nouveau terrain de jeu.

C’est beaucoup pour ça que Mélanie Grégoire lance cette semaine Les Quatre saisons de votre potager, un guide qui vous trace les allées de la toujours très attendue période des semis du printemps jusqu’aux dernières récoltes automnales. Un guide qui vous tient par la main, semaine après semaine, en vous indiquant quoi faire et comment, en bonifiant de quelques conseils et trucs de grand-mère.

La grand-mère, c’est celle de Mélanie Grégoire, Rita, qui lui a légué non seulement son amour du potager, mais aussi un savoir qui au fil du temps fait toute la différence entre un sauté de légumes maison et une livraison de pizza all-dressed.

« Je voyais tout plein de mes amis autour qui se faisaient un jardin, plantaient leurs semis au printemps ou au début de l’été, puis y retournaient juste à la fin de l’été pour récolter des carottes qui, forcément, n’avaient peut-être pas poussé comme ils l’espéraient », raconte la propriétaire des Serres St-Élie. La vérité, a-t-elle constaté, c’est qu’il y a tout un savoir qui s’est perdu en une ou deux générations, mais aussi un contact avec notre alimentation et ses sources. En d’autres termes, comme le disait ma grand-mère à moi, un contact avec « notre manger ».

« Quand les gens mangent une carotte qu’ils ont fait pousser dans leur jardin, ils pognent de quoi. ça goûte quelque chose qu’ils n’ont jamais goûté », lance encore celle qui partageait déjà ses connaissances par le biais de chroniques et son travail en entreprise, mais qui a décidé d’ajouter un outil de références de quelque 200 pages qu’on se plaira à consulter tout en regardant les oignons pousser.

Et pas que lors de notre premier essai dans le carré de terre. Les jardiniers d’expérience qui seraient tentés de lever le nez sur ce premier bouquin de Mélanie Grégoire vont en effet se priver d’un paquet de trucs, de conseils et d’éclairages insoupçonnés, parole d’une fille qui passe ses étés au potager depuis des années et qui, en zyeutant même rapidement, a réussi à trouver des solutions à quelques problèmes récurrents, ce qui inclut du céleri tellement amer que ça te donnait le goût de jeûner le reste de ta vie.
De là ma question sur le céleri. Vous en avez déjà fait pousser? Vous saviez qu’il faut le blanchir sur pied pour enlever le goût de chlorophylle et le rendre plus tendre?

Moi pas. Et y a un paquet d’affaires comme ça, « du savoir qu’on sait pas », des trucs truchés de flou qu’il est toujours agréable de voir éclairés par de lumineuses connaissances. Ici, les connaissances de Mélanie, et de Rita.

« Quand ma grand-mère est morte, mon père a hérité de son livre de notes du potager, raconte Mélanie Grégoire. C’est incroyable le nombre et la qualité des informations qui se retrouvent là. Il faut dire que ma grand-mère était quelqu’un, une femme très intelligente, débrouillarde, une maîtresse d’école et une femme d’affaires qui a partagé son expérience. »

Ce premier livre de Mélanie Grégoire, on le devinera donc, c’est aussi un hommage à sa grand-mère Rita qui lui confiait la responsabilité des carottes quand elle était enfant et passait ses étés chez elle, à Lac-Etchemin.

« C’était un de ses rêves à ma grand-mère d’écrire un livre, confie Mélanie. Moi, j’ai trouvé ça assez ardu de mettre par écrit ce que j’ai en tête. Il faut être clair et cohérent sur papier. Pour une fille qui explique souvent avec des images, c’était un défi. »

Ceci étant dit, Les Quatre saisons de votre potager est disponible au coût de 29,95$, et l’auteure vous propose une dédicace en plus si vous passez par les Serres St-Élie samedi pour la Fête des semences.

Oui, ce sera bientôt le temps des semences. Et les impatients vous le confirmeront, les plans du potager sont déjà dessinés, on regarde la neige fondre sous la pluie, et même si on sait que la neige n’a pas fini de neiger, on rêve de carottes... et de céleri.