Y a tellement de façons de dire je t’aime sans s’emballer le cadeau en gros.

Pas un cadeau...

CHRONIQUE / Ma mère vous dira que je n’ai jamais été un cadeau, ma blonde renchérira que ça ne s’est pas arrangé avec le temps. Et les deux vous souligneront, mes amis le confirmeront, je n’en donne pas non plus, des cadeaux.

Ça date. Ça date de ce soir du temps des Fêtes chez mon frère, y a une quinzaine d’années, où ses enfants se sont mis à chigner solide pendant l’orgie de cadeaux à laquelle on avait tous participé délibérément, sans trop se poser de questions. Chaque cadeau à peine déballé était repoussé sous la table du salon pour aller chercher le suivant sous le sapin, ça se foutait pas mal de ce que ça venait de recevoir, de la part de qui et pourquoi, ils en voulaient juste plus, beaucoup plus, tout le temps.

Ça donnait envie de mettre les enfants dans une boîte, de tout remballer en y allant à double tour sur le ruban adhésif et de les retourner au magasin.

On s’entend que le problème n’était pas nécessairement au niveau des enfants.

Nombre de parents vous le confirmeront : difficile parfois de modérer les transports des grands-parents, des minoncles et des mitantes, des parrains, marraines et guides spirituels. Complexe aussi de gérer les attentes des enfants qui tiennent un compte du décompte de cadeaux.

Anyway. Ç’a sonné chez moi le glas du cadeau de fête ou des Fêtes. Terminé, that’s it, finito, on fait comme Julie Masse et on repart à zéro. 

Désormais, les flos, ce sera de l’exploration, découvertes, des fous rires, des souvenirs, des liens aussi qui se créent et qui durent d’un noël à l’autre, d’un anniversaire à une autre célébration.

Qui laissent peu de traces sur l’environnement, mais tout plein dans le cœur, l’âme, la mémoire.

Plus concrètement, ça se traduit par une virée en vélo ou en pédalo, ce pique-nique sur la montagne où tu vas finir par transporter la plus jeune sur tes épaules pour redescendre, un match des glorieux pas si glorieux, des variations sur le thème du cirque, un paquet de spectacles, des soupers préparés en gang pis en riant, des films avec pop-corn dont on parle encore, des jasettes autour du feu qui restent dans la tête et le cœur longtemps, longtemps.

Le temps.

C’est le cœur de l’affaire. 

C’est aussi l’affaire dont on se plaint toujours de manquer.

Mais t’sais, si t’en manques, prends-en un peu plus, c’est tout, vous dirait sagement ma grand-mère si elle était encore de ce monde.

Je le sais, ç’a presque l’air trop simple. 

Mais t’sais, des fois, faut revenir à la base de tout, prendre le temps, prendre son temps, se le répartir plus joyeusement, plus intelligemment, plus généreusement surtout.

Des fois, faut répartir du temps sous le sapin pour les gens qu’on aime. Pis s’inclure là-dedans.

Pas pire cadeau.

Bon. Ceci étant dit, je vous laisse ici une boîte de suggestions, vous pouvez piger dedans sans gêne ou vous en inspirer pour vos cadeaux de dernière minute ou de la prochaine année. Et ça vient sans emballage!

Des cours, parce que savoir, faire pis le savoir-faire, c’est bon.

De boulange ou de cuisine, en famille pourquoi pas, histoire de revoir avec les enfants notre rapport à la nourriture et à sa préparation. Belle façon de ramener ensuite à la maison le plaisir de cuisiner et manger ensemble, de moins gaspiller aussi. Une occasion peut-être même de s’initier au végé ou au vegan si vos ados vous poussent dans le dos depuis un moment...

Tout le monde qui a vu Fantôme d’amour a envie de se laisser séduire par la poterie. Beau cours à s’offrir entre ami. e. s. Variations sur un même thème moins sensuel mais tout aussi cool avec le dessin, la sérigraphie, la gravure ou la peinture...

Un pouce, ça se peinture en vert, ça prend souvent juste une certaine initiation au potager, à la cueillette et production de champignons ou à la permaculture. Des cours se donnent tout au long de l’année un peu partout au Québec, les prix et la durée varient.

Tango, swing, guitare, batterie, cor anglais, en avant la musique...

Ébénisterie, soudure, mécanique automobile, réparation de petits appareils, plomberie, parce que tu peux toujours appeler le beau-frère, mais des fois c’est le fun quand il reste chez eux pis que tu t’arranges tout seul. e...

Orientation à la boussole. Y a à peu près pas de chance que ça serve, mais ça ferait changement de croiser sur la rue des gens qui regardent une boussole en cherchant le nord plutôt que leur cell en cherchant un sens à leur vie.