Le réalisateur Bruno Boulianne explore à la fois le terroir québécois, l’art et notre rapport à ce dernier dans son documentaire L’homme de l’Isle mettant en vedette le guide de chasse Gilles Gagné (et l’artiste Marc Séguin).

L'art et le cinéma

CHRONIQUE / «M’a être ben franc, avant que je le connaisse, j’avais jamais regardé un coucher de soleil de ma vie. Oui, j’en avais tout de ben regardés, mais pas comme là. (...) On a appris avec lui à regarder les couchers de soleil ou un lever...»

Le lui dont on parle, c’est le peintre Jean-Paul Riopelle.

Le lui qui en parle, c’est le guide de chasse Gilles Gagné.

Le lui à qui il en parle, c’est l’artiste Marc Séguin.

Le lui qui saisit le moment, plusieurs moments comme celui-ci, que ce soit dans le documentaire L’homme de l’Isle ou dans la quinzaine de films réalisés au cours des 20 dernières années, c’est Bruno Boulianne, de passage au Festival cinéma du monde vendredi pour une discussion avec le public après la représentation de 15 h.

Parce que c’est ça aussi beaucoup, le FCMS, des films qui portent leur regard sur l’art sous toutes ses formes et sur les liens qu’on entretient avec lui au quotidien.

La promesse de l’aube de l’ouverture, Nothingwood, Le portrait final, Gauguin: voyage de Tahiti, Gimme Danger, Film Stars don’t die in Liverpool, Big Time, Barbara, Le redoutable, Moi et Kaminski, The Prince and the Dybbuk, The Square, Visages villages, S’inventer la vie qu’on veut – Madeleine Audette, autant de titres où aller puiser l’inspiration ou un contact via grand écran avec l’art, et c’est sans compter les Regards sur la Louisiane des cégepiens qui seront dévoilés au Boq vendredi soir ou les vidéopoèmes qui habiteront Le Tremplin samedi soir.

Mais revenons sur l’île-aux-Grues où vit Gilles Gagné et sur l’île-aux-Oies où il guidait Monsieur Riopelle à l’époque, où il accompagne Marc Séguin désormais. On souligne Marc Séguin parce qu’il a été le lien entre le Bull’s eye qui le mettait en scène en 2010 et L’homme de l’Isle, Gilles Gagné, personnage central du dernier documentaire en liste de Boulianne.

« C’est en tournant le documentaire sur Séguin que j’ai fait la rencontre de Gilles », se rappelle Boulianne, participant de la course Europe-Asie en 1990-1991.

« À un certain moment, il s’est mis à raconter que depuis la mort de Riopelle, il prenait l’avion une ou deux fois par année pour monter à Québec et aller voir ses œuvres au Musée national des beaux-arts de Québec. J’avais là une histoire, un personnage », remarque encore Boulianne.

Au MNBAQ, Gilles Gagné s’attarde surtout devant L’hommage à Rosa Luxembourg amorcé sur place, à l’Île-aux-Oies, en novembre 1992. Gilles Gagné côtoyait alors l’artiste-peintre, sculpteur et graveur québécois.

Gagné raconte dans le documentaire qu’il apportait des oies mortes à Riopelle qui ne prenait plus alors de plaisir à la chasse, mais surtout à quel point cette œuvre immense le surprend encore chaque fois qu’il va l’admirer à Québec. « On dirait que ça change chaque fois », note-t-il avant de confier qu’elle fait partie de sa vie.

Séguin, en voix off, fait alors remarquer à quel point Gilles Gagné fait aussi partie de l’œuvre, de l’histoire, nous ramenant vers cette interrelation entre l’art, la vie, les gens, trois aspects que Boulianne aime toujours inscrire dans ce territoire québécois qu’il explore sans cesse.

« C’est un potentiel inépuisable », fait valoir celui qui a insufflé à L’homme de l’Isle le rythme lent du fleuve, abordant oui la chasse, oui l’art, mais oui aussi la vie sur l’île, au milieu du fleuve.

« C’est presque baveux ces temps-ci de faire des films lents, croit Boulianne. Mais il faut être en respect avec son sujet, prendre le temps dans ce cas-ci de voir les choses et d’entendre les sons. »

POPCORN MÉTÉO

C’est pour le popcorn surtout que c’est emmerdant les soubresauts de Dame Nature, parce que les vrais amateurs de ciné-parc ne vont pas se rebiffer pour quelques gouttes de pluie et deux trois flocons de (longue) fin de saison.

Bref, avec un petit chapeau sur le sac de popcorn, y a pas de raison de se priver du ciné-parc, coin Dépôt et Wellington Sud, vendredi et samedi soir de 20 h à 22 h.

Par contre, les organisateurs du FCMS ont décidé d’être plus tendres à l’égard du popcorn de Ciné-Rue, l’événement prévu à l’origine face à l’hôtel de ville se déroulera finalement place Nikitotek, vendredi soir, à 19 h 30 et en reprise à 20 h 40.

Avant de vous pitcher ainsi dans les rues de Sherbrooke, vous pouvez arpenter celles de la Louisiane où les étudiants de Guillaume Lallier sont allés tourner 9 courts métrages. Ils les présentent à 17 h au Boquébière.

LA BELLE ET LA MEUTE ET LE DÉBAT

C’est une tradition aussi solide et attendue que le Festival lui-même que cette projection-débat du vendredi après-midi au foyer Mont-Bellevue du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Cette fois, ce n’est pas un documentaire, mais bien une fiction franco-tunisienne qui mettra la table au débat réunissant entre autres Mélanie Lemay et Fanny Lafontaine.

La belle et la meute est présenté à 14 h, les invitées de Sondès Allal, s’installeront pour la discussion vers 16 h.