Des jeunes de partout dans le monde suivent les traces et la détermination de Greta Thunberg afin de pousser les décideurs vers de réels changements pour contrer la crise climatique. Pourquoi leurs aînés ne marcheraient pas à leurs côtés?

La marche, un exercice citoyen?

CHRONIQUE / La marche, c’est bon pour un paquet de trucs, vous saviez ça?

Y a déjà tous les bienfaits physiques; ça aide à diminuer le risque de maladies du cœur et d’accident vasculaire cérébral, le taux de cholestérol, la tension artérielle.

En plus, ça diminue les symptômes dépressifs tout en augmentant votre niveau d’énergie, votre bonne humeur, votre créativité, votre vitesse de pensée, votre productivité et votre capacité de rétention d’information, vos aptitudes de réflexion aussi.

Tout ça est prouvé scientifiquement.

Et comme si ce n’était pas déjà assez, la marche, c’est peut-être aussi ce qui va sauver la planète.

Là, aujourd’hui, dans les rues d’une centaine de pays, dans des milliers de villes petites et grandes, partout, au Québec aussi, des élèves, des étudiants, des jeunes d’un peu partout vont marcher pour le climat dans le sillon de Greta Thunberg.

Vous savez, Greta, jeune Suédoise de 16 ans maintenant, message de feu lors du sommet COP24 en décembre dernier, pressentie pour le Nobel de la paix, apprenait-on hier.

Greta qui s’est mise à manifester l’été dernier devant le parlement suédois pour exiger des actions concrètes dans la lutte aux changements climatiques, Greta qui depuis y est tous les vendredis, Greta à qui un paquet d’étudiants dans un paquet de pays ont décidé d’emboiter le pas.

Au cours des derniers jours, débat comme un autre : doit-on laisser les jeunes manquer l’école pour aller manifester dans les rues?

C’est une question comme une autre.

Alors en voici une autre : peut-on laisser les jeunes seuls dans la rue pour une cause aussi commune, globale, importante?

Je pose simplement la question. À moi bien plus qu’à vous.

Et celle-ci : qu’est-ce qui nous empêche, grands adultes d’expérience et de savoir que nous sommes de mettre nos souliers de marche, ce vendredi? Et tous les vendredis qui suivront, d’ailleurs, jusqu’à ce que les bottines rattrapent les babines?

Je reviens deux secondes sur ce discours de Greta Thunberg, à COP24, en décembre, devant les grands décideurs du monde entier :

« Vous parlez de suivre les mêmes mauvaises idées qui nous ont mis dans cette situation. Alors que la seule réaction logique est de tirer le frein à main. » — Greta Thunberg

Tout remettre en question. Puis penser autrement.

À quel point est-on prêt à se remettre en question, à tout remettre en question, à penser autrement?

À quel point est-on prêt à questionner notre rapport au travail, à la consommation, à l’alimentation, aux transports, aux loisirs, au voyage, à la production, à l’argent, au partage, au confort?

À quel point est-on prêt à marcher du talon pour que les vieux châteaux de cartes poussiéreux et inhabitables s’effondrent?

À quel point est-on prêt « à laisser les jeunes marcher les vendredis après-midi plutôt que d’aller en classe » jusqu’à ce que les changements soient vraiment mis de l’avant?

À quel point est-on prêts à marcher à leurs côtés?

La marche, parfois, c’est bon, peu importe l’âge, pour passer à l’action... citoyenne.