La Terre a besoin de pas mal d’amour, tous les jours.

Jour(s) de la Terre

CHRONIQUE / C’est pas d’hier, ce Jour de la Terre.

Presque un demi-siècle chez nos voisins du sud où le mouvement a pris forme en 1970, une trentaine d’années tout autour de la planète, chaque année le mouvement gagne encore son lot d’adeptes; nouveaux pays, nouveaux humains aussi, c’est sûr que David St-Jacques va pogner quelque chose lundi en regardant ça aller des hauteurs de sa station spatiale.

Il y a du très inspirant à prendre part à une méga marche du Jour de la Terre comme celle prévue à Québec, lundi, 22 avril parmi les 22 avril, sous la thématique « Arrêtons de tourner en rond maintenant, encerclons l’Assemblée nationale! »

Mais avant de parler inspiration, parlons préparation, parce que bon, faut pas arriver là avec une face de cochon, des hauts talons, un pied mariton pis de l’agressivité en mottons.

C’est une place pour du beau, du bon, du doux pis de l’espoir de meilleur. Pour démontrer en pas pire gros groupe aussi cette préoccupation environnementale dont on se jase ici et ailleurs, et dont on veut être bien certains qu’elle est entendue là où s’organise une partie de notre législation.

Concrètement, il vous faudra, bien sûr, être bien chaussé, bien habillé, prendre avec vous une petite bouteille d’eau réutilisable, une collation et un imper au cas où, prévoir aussi profiter des transports collectifs organisés dans plusieurs villes du Québec ou encore prendre l’initiative de covoiturage. On appellera ça être conséquent.

Il sera aussi de mise de laisser son attirail de partisanerie politique à la maison et de remplacer tout ça par un grand élan de partisanerie environnementale et d’un engagement politique dans le sens très large du terme, à savoir l’ensemble des discours, actions et réflexions autour de l’organisation du pouvoir au sein d’une société.

Le Jour de la Terre, c’est une occasion de se retrouver en gang autour de cette question climatique qui nous préoccupe tous, ou presque, de se galvaniser de la force du nombre et de se regarnir non seulement le vouloir, mais également un pas pire lot de pouvoir.

Des fois, quand on s’inquiète de ne pas pouvoir faire beaucoup dans l’isolement de notre 4 et demi, de notre jumelé ou de notre bungalow, se retrouver dans les rues avec des milliers de personnes décidées à changer les choses, ça émeut pis ça crinque en même temps.

Mais vous n’avez peut-être pas l’œil sur la Vieille Capitale pour ce lundi, ça se pourrait aussi, et ce n’est certes pas une raison pour se priver complètement du Jour de la Terre et de ses multiples activités. La liste des trucs organisés aux quatre coins de la province est répertoriée sur le site www.jourdelaterre.org, ça va de conférences et d’ateliers de création à des corvées de nettoyage, du jardinage ou de la confection de récupérateurs d’eau de pluie.

Il y en a pour tous les goûts, et si jamais c’est trop loin de chez vous, sentez-vous bien à l’aise d’organiser quelque chose avec vos voisins, les petits, la famille et les amis, c’est un beau temps de l’année pour se promener en bottes à vache dans le fossé et le parc pour ramasser tout ce que l’hiver et les petites têtes y ont laissé ou carrément jeté à bout de bras.

C’est une belle occasion aussi et surtout pour échanger avec tout ce beau monde sur les multiples gestes individuels et collectifs que l’on peut mettre de l’avant afin que le Jour de la Terre se transpose en jours de la Terre au quotidien, en gestes qui se répètent au plus naturel, en idées et en initiatives qui se partagent avec du sourire pis de la bienveillance.

Ça sert à rien, vous répète le troll de service?

En début de semaine, de grandes chaînes alimentaires comme Metro et IGA ont annoncé qu’elles allaient désormais accepter les contenants réutilisables dans plusieurs, voire bientôt toutes leurs installations au Québec.

Fruit du hasard? Neunon. Des années déjà que plusieurs clients un peu plus frondeurs se présentent dans différents commerces avec leurs plats réutilisables dans le fond de leurs sacs tout aussi réutilisables. Ils vont voir avec un sourire timide la gérante des fruits et légumes, le boucher de service, le jeune boulanger: « Vous pourriez me mettre ça dans mon plat pour éviter le plastique et la barquette de styromousse? »

Des fois, on les regardait de travers, on les revirait de bord, on refusait, on riait, on roulait des yeux. Souvent aussi, on disait, « ok, bonne idée, et je vais en parler au boss ».

Ç’a fait son bout de chemin, lentement, doucement.

Mais on y arrive.

On fêtera ça, aussi, lundi, le fait d’arriver à des résultats, parfois. Et ça donnera de l’élan pour les défis suivants.

Des rabais verts

Depuis des années, dans le cadre du Jour de la Terre et grâce au Fonds Éco IGA, les épiceries de cette chaîne offrent au rabais certains articles verts comme des bacs de compost, des récupérateurs d’eau de pluie ou de batteries.

Cette année, ce sont des trousses de réduction de déchets qui seront offertes au rabais. Trousses comprenant des pailles en inox, des sacs à fruits, des sachets alimentaires et un trio de pellicule de cire d’abeille, le tout d’une valeur de 75$ que vous pourrez obtenir pour 30$, atelier d’initiation inclus.

Pour ce faire, vous trouverez les indications également sur le site www.jourdelaterre.org.