Maxime Fiset, consultant pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Ciné débats

CHRONIQUE / Je vous ai déjà dit que le cinéma c'était pas que du cinéma, hein? On est rendu là, dans la semaine pis dans la vie, où je me répète. Entéka, peu importe, le cinéma, ici cette semaine, c'est aussi un lot de débats et de discussions. Et comme aime le rappeler une de mes amies philosophes, les débats, c'est pas pour se battre, c'est même tout le contraire.
Anyway. Aujourd'hui, c'est le traditionnel débat du vendredi au centre culturel de l'Université de Sherbrooke, toujours dans le cadre du Festival Cinéma du monde, ça va de soi, et si on se fie à l'an dernier où on n'arrêtait plus de rapatrier des chaises et où les discussions se sont poursuivies longtemps, longtemps, on peut penser qu'il y a cette envie de discuter en société.
L'an dernier, on avait jasé féminisme dans le monde arabe. Aujourd'hui, dès 14 heures, on propose le documentaire allemand À droite toute avant de se lancer dans une table ronde puis un débat ouvert au public. Autour de la table ronde, je te les nomme pas tous, mais y aura entre autres Maxime Fiset, consultant pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, et accessoirement (pas accessoirement du tout) ancien skinhead extrémiste.
On a jasé un peu hier, Maxime et moi. Je connais pas de skinhead, même des ex, je savais pas trop à quoi m'attendre.
Vous devriez vraiment venir voir le film et écouter Maxime. Et les autres intervenants, ça va de soi.
Maxime habite Québec. Quand on s'est parlé, il revenait de la Mosquée de Ste-Foy avec une équipe de tournage américaine qui prépare un reportage sur l'extrémisme, la violence, tout ça. Maxime était remué. Il n'avait jamais mis les pieds à la Mosquée, mais de se retrouver là, dans un endroit et avec des gens encore meurtris, ça lui a rentré dans le coeur.
Et il sait que de ça, de la Mosquée, de l'intolérance, de la violence, de la peur, il faudra en parler.
Quand on sera prêt, dit-il. On saura quand on sera prêt.
« Ça fait juste deux mois, on est peut-être pas prêt, explique-t-il calmement. Juste après, on était trop occupé à se trouver un coupable, et ça, ça m'a complètement dégoûté. Mais éventuellement, avant de sombrer dans l'oubli collectif comme après la Polytechnique ou Lortie à l'Assemblée nationale, il faudra en parler. »
Parler de ce qui pousse vers la radicalisation, la violence. « C'est sûr que ça répond à un besoin, mais ça part d'un malaise, d'un manque d'information, de la peur. »
Et alors que plusieurs craignent une impasse, Maxime Fiset propose l'éducation inclusive, et la discussion, tout aussi inclusive.
« Si on ne laisse pas les gens radicalisés ou en voie de le faire s'exprimer, on joue le jeu des extrémistes, lance-t-il. On doit être inclusif avec tout le monde. »
Vous voyez le genre de discussion qu'on aura cet après-midi.
Et je sais que vous en prendrez un peu plus encore. Ce week-end, donc, dimanche en fait, on jase engagement citoyen après Le Chantier des possibles au Tremplin, puis d'entraide alimentaire à La Capsule après Théâtre de la vie, un événement présenté par Moisson-Estrie en échange de quelques denrées non-périssables.
Quand je vous dis que le cinéma, c'est pas que du cinéma.
Et je voulais terminer sur ça, mais là, juste parce que j'en sors tout juste, si jamais vous avez un de ces quatre l'occasion de voir le documentaire québécois Nous autres, les autres, garrochez-vous, c'est complètement bon.