C’était le tour, mardi soir à La Capsule, des jeunes élèves du secondaire de la région de présenter leurs films récemment tournés avec téléphones et tablettes.

Cette Syrie méconnue...

CHRONIQUE / La Syrie. Depuis le début de la guerre civile en 2011, elle refait trop ou pas assez régulièrement surface dans les manchettes.

Trop, parce que sept longues années de guerre, parce que plus de 500 000 morts, parce que ces millions de blessés, parce que ces populations civiles prises en otages, parce que tous ceux et celles qui ont dû fuir leur pays pour assurer leur survie.

Pas assez, pour les mêmes raisons.

La «crise des migrants» a fait couler ici et ailleurs beaucoup d’encre et a suscité des discussions pas toujours bien alimentées.

Mais que comprend-on du conflit syrien? Pas de ses sources et de ses dédales politiques, mais de ses gens. De ses gens dans ce quotidien de la guerre, de ses gens qui voudraient y rester, mais qui veulent aussi la fuir.

Bien peu, je l’avoue.

C’est ce que je me disais après avoir visionné Une famille syrienne, du réalisateur Philippe Van Leeuw, prix du public de la dernière Berlinale, puis à Angoulême, six fois primé aux récents Magritte du cinéma en Belgique.

Une famille syrienne est aussi en lice pour le Cercle d’or du meilleur long métrage au FCMS.

Quelques films sur la thématique syrienne sont à l’affiche au Festival cinéma du monde, Une famille syrienne est assurément le plus dur et le plus révélateur d’entre eux, alors que Van Leeuw nous invite dans l’appartement d’une famille tentant de survivre dans la proximité, la peur, les menaces, les sacrifices et le temps qui tourne en rond.

Avant d’aller voir L’autre côté de l’espoir et La maison des Syriens jeudi et vendredi, allez passer une heure trente avec Une famille syrienne.

Cette fiction très réaliste devrait alimenter les échanges prévus jeudi avec les réalisateurs Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier au terme de la présentation de La maison des Syriens, documentaire qu’ils ont tourné en 2016-2017 dans la petite municipalité de Saint-Ubalde, dans Portneuf. Ils y ont suivi pendant une longue année le comité mis sur pied pour accueillir au village la jeune famille syrienne Hrez.

«Dès le départ, on savait qu’on ne voulait pas nécessairement filmer leur arrivée et leur installation à Saint-Ubalde, raconte le duo de réalisateurs. Ce qui nous intéressait, c’est comment une petite communauté s’organisait pour faire une place à des gens qui se cherchaient une nouvelle maison dans un nouveau pays.»

FACE-À-FACE PERTURBANT

Autre documentaire bouleversant qui prend l’affiche à 15h aujourd’hui mercredi (aussi à l’affiche vendredi 20h30), celui des Ontariens Lawrence Jackman et Attiya Khan, Un homme meilleur.

Cette dernière est aussi l’une des protagonistes du film. L’autre, c’est Steve, son amoureux d’il y a 20 ans. Celui avec qui elle a vécu deux ans avant de le quitter parce que les menaces, la violence, la terreur.

Vingt ans après ces horreurs et cette séparation, celle qui travaille désormais auprès des victimes de violence conjugale provoque un face-à-face et des tête-à-tête avec son agresseur. Pour le comprendre, se comprendre, permettre les explications.

Quand on parle de nourriture à discussions, ça fait partie des super aliments.

Prenez note qu’Un homme meilleur est en compétition pour le Cercle d’or du meilleur documentaire, tout comme Des rêves sans étoiles racontant l’histoire de jeunes filles en centre de détention à Téhéran, et que L’homme de l’Isle dont je vous parle demain.

UN ŒIL SUR LA RELÈVE

Camille Haché du Mont Notre-Dame, Gabrielle Drouin de Mitchell-Montcalm, Luka Audy et Emery Ward de La Montée, Elizabeth Desruisseaux et Carol-Ann Dufour du Séminaire.

Mardi, ces gagnants du Pocket Films ont projeté avec leurs jeunes collègues le résultat de leurs tournages récents effectués avec téléphones ou tablettes.

Résultats impressionnants pour des apprentis cinéastes qui, sait-on, pourraient se retrouver à leur tour un jour au sein du volet court métrage estrien du FCMS, dont les finalistes 2018 seront présentés dès 18h30 ce mercredi à la Maison du cinéma.

À voir, À côté d’la track de Joffrey Corboz, Et puis plus rien de Matthew Gaines, Le dernier jour de Louis-Charles Blais, S’inventer la vie qu’on veut – Madeleine Audette de Jean-Benoit Baron et Un homme et son violon de Guy St-Pierre.