Sonia Bolduc
La Tribune
Sonia Bolduc
L’autre matin, café au soleil. Je capote d’être bien de même, y a tellement d’oiseaux qui chantent pis moi qui sais pas tant reconnaître les chants d’oiseaux, je fais juste écouter en souriant presque niaiseusement. 
L’autre matin, café au soleil. Je capote d’être bien de même, y a tellement d’oiseaux qui chantent pis moi qui sais pas tant reconnaître les chants d’oiseaux, je fais juste écouter en souriant presque niaiseusement. 

Ceci n’est pas une thérapie

CHRONIQUE / Y a quelque chose d’un peu fou dans notre collectif, - à moins que ce soit uniquement dans mon collectif à moi, mais ça m’étonnerait, il ne se passe rien de plus exceptionnel ici qu’ailleurs, - quelque chose d’un peu fou, donc, qui me pousse d’emblée à vous dire qu’on ne va pas se faire une thérapie, là, qu’on ne fera pas dans la psycho-pop ou la lévitation minute, qu’on ne va pas non plus se faire une recette du bonheur impossible à rater.

Mais juste parce que j’ai envie de jaser de choses belles qui font du bien, je me sens obligée de le justifier. 

C’est malade. 

C’est peut-être l’air du temps, mais je ne crois pas, peu importe, si tu jases de douleur, de déchirements, de peurs, d’injustices, si tu mets tes tripes sur la table, si tu cris fort, que tu dénonces le poing levé, ça va. Tu peux même avoir une opinion sur tout, jouer les démagogues pis taper sur des têtes jour après jour, y a pas de soucis.

Mais si jamais tu t’avances sur le sentier de l’heureux pis du beau, enlève tes gros sabots pis marche sur le bout des orteils mon ami.e parce que le quétaine pis l’insouciance pis l’odeur de privilège vont te tomber dessus solide.

Fait que non, c’est pas une thérapie, mais je te le dis, y est question d’oiseaux, de ciel(s), de sourires, de fleurs, d’humains, d’enfants aussi.

L’autre matin, café au soleil. Je capote d’être bien de même, y a tellement d’oiseaux qui chantent pis moi qui sais pas tant reconnaître les chants d’oiseaux, je fais juste écouter en souriant presque niaiseusement. 

C’est une affaire simple, mais en même temps, c’est complexe ce paquet d’oiseaux différents avec des chants qui varient selon les besoins, les situations, les messages. J’veux dire t’aurais voulu inventer ça que t’aurais probablement pas poussé autant dans les détails, tu te serais dit « bon là, c’est trop, ils vont être mêlés, j’arrête ». Ben non, ça marche. Pis c’est beau.

Anyway, là je suis partie dans ma tête et à voix haute sur un paquet d’affaires qui me mettent dans un état de, j’sais pas de quoi, j’aurais tendance à dire un état de connexion, ouin de connexion, quelque chose de super groundée, pis selon le moment, de connexion avec ce qu’il y a autour, avec la nature ou les gens, avec la situation aussi simplement.

T’sais quand une foule se met spontanément à chanter dans un show, quand un.e artiste t’offre un moment unique sur scène, quand t’assistes à un concert de grenouilles au printemps, que t’es sur ou près d’un lac le matin, que tu retrouves les étoiles à la même place dans le ciel soir après soir, que les semis se pointent, que le soleil te descend dans le cou au printemps, que tu marches dans le bois.

Toi, sur les réseaux sociaux, c’est aussi tes enfants qui jouent, les passants qui te sourient, les paysages, la générosité et la compassion, la danse, le vent qui pousse les nuages, les fêtes improvisées, le soleil dans ses levers pis ses couchers, la musique, le temps qui s’étire, la bouffe, l’enthousiasme. Ou le seul fait d’être en vie, là, maintenant.

C’est toi qui me l’as dit. Je pensais pas que tu le ferais, j’étais contente que tu le fasses, que t’aies encore envie du beau, envie de le voir, de le sentir, de le dire. Même à travers le laid ou dans le tout simplement imparfait.

Ça, ta capacité à voir le beau, à le créer, à le nommer, à l’assumer, ça fait aussi partie des choses qui me versent dans un état de connexion, tout autant que ta capacité à dire tes peurs, ta fragilité pis ton laid.

J’espère que tu vas continuer de le faire.

Bon, notre heure est terminée, pis la première séance est gratuite.