«L’effet secondaire» explore la vie des élèves de première secondaire de l’école Réjean-Ducharme, avec tout ce qu’elle comporte de conflits, de triangles amoureux et de premières expériences sexuelles.

«L’effet secondaire», à la conquête des ados

CHRONIQUE / Depuis la fin de «Watatatow» en 2005 et de «Kif-kif» trois ans plus tard, Radio-Canada avait pour ainsi dire abandonné les ados en fin d’après-midi. Mais ICI Télé veut reconquérir ce public exigeant avec «L’effet secondaire», prévue dans la case du vendredi à 17h dès janvier 2020, et actuellement en tournage sur la rive sud de Montréal.

Adaptation québécoise d’une série des Pays-Bas intitulée Brugklas (The First Years en anglais), L’effet secondaire explore la vie des élèves de première secondaire de l’école Réjean-Ducharme, avec tout ce qu’elle comporte de conflits, de triangles amoureux et de premières expériences sexuelles. L’œuvre a aussi été adaptée en Suède, au Royaume-Uni, au Danemark, en Belgique et en Pologne.

Mais pourquoi ne pas créer du contenu original alors qu’on a tant de bons créateurs? La directrice principale d’ICI Tou.tv, webtélé et jeunesse, Christiane Asselin, souligne que l’œuvre originale cartonne partout où elle est adaptée. Dans son pays d’origine, elle accapare 30% des 10-15 ans et des 6-12 ans. «En Hollande, c’est tellement un succès qu’ils ont fait le film et préparent la comédie musicale!»

Mme Asselin affirme aussi que la série permettra de faire connaître plusieurs jeunes acteurs. «Nous avons 50 premiers et deuxièmes rôles, et nous avons reçu 300 personnes en casting. Outre quelques exceptions, personne n’est très connu. Emi Chicoine (Emma), qui jouait dans Plan B, est probablement la plus connue.» Ceux qui ont vu le film Jeune Juliette, en salles depuis le 9 août dernier, reconnaîtront aussi Alexane Jamieson, qui joue cette fois le rôle de Maude. Vu au grand écran dans Les affamés et Les démons, Édouard Tremblay-Grenier se voit quant à lui attribuer le personnage d’Alex. Les autres comédiens qui héritent des rôles principaux sont Kaly Roy (Anouk), Nicolas Germain-Vien (Marco), Axelle Michaud (Fanny), Dounia Ouirzane (Safa) et Amédamine Ouerghi (Ahmed).

On explique que la série sera tournée à la façon d’un docu-réalité, avec caméra à l’épaule. «Quand il y a une chicane, on suit les personnages en conflit. C’est suivi d’entrevues individuelles, comme un docu-réalité. Ça permet d’entrer dans l’action et de comprendre très vite la situation.»

L’arrivée de L’effet secondaire fait partie d’un plan stratégique de Radio-Canada pour retenir les 9 à 17 ans, qui se désintéressent de la télé traditionnelle, au risque de ne plus y revenir par la suite. VRAK y parvient notamment avec Le chalet, qui prenait fin la saison dernière, et Jérémie, alors que Club illico connaît un beau succès avec La dérape et L’Académie. Jusqu’ici, le diffuseur public passait complètement à côté.

La série comportera 13 épisodes à l’hiver et 13 à l’automne, et est tournée dans une véritable école secondaire de Longueuil, le Collège Notre-Dame-de-Lourdes. «Ça prenait une immense école. Comme nous avions peu de temps, deux équipes tournaient en parallèle», explique Christiane Asselin. Le premier épisode sera diffusé au début de l’hiver, et les suivants seront aussitôt disponibles sur l’Extra d’ICI Tou.tv, dès la première semaine.

Sachez que, pour les plus vieux, il y a peu de chances qu’on soit tenté de comparer L’effet secondaire à Watatatow, qui occupait jadis cette case au quotidien. «Watatatow était extraordinaire quand ça a été diffusé, mais L’effet secondaire est plus proche de ce que les jeunes sont habitués de voir aujourd’hui, en regardant YouTube entre autres. Ils sont dans l’authenticité.» Un exemple bien simple : si une classe comporte une trentaine d’élèves, eh bien, on verra 30 figurants à l’écran, plutôt qu’une poignée de rôles muets, comme c’est souvent le cas dans ce genre de séries.

Ne vous attendez pas à une oeuvre très sombre, où il serait question de gangs de rue, de prostitution juvénile, ni même d’hypersexualisation; L’effet secondaire s’adresse surtout aux 10 à 14 ans, même si toute la famille pourra s’y intéresser. Nous ne sommes pas dans Fugueuse.

Dans sa nouvelle stratégie, le diffuseur public veut aller chercher les jeunes là où ils sont, particulièrement sur l’application TikTok, ultra populaire chez les ados, de même que sur YouTube et Instagram, mais pas Facebook. Plusieurs contenus originaux de la série y seront déposés régulièrement.

Jean-Sébastien Lord (Jenny) coécrit avec Anita Rowan et Joëlle Bond, en plus de réaliser la série conjointement avec Guillaume Lonergan (VRAK la vie). Diane England, qui en connaît un chapitre sur les séries jeunesse pour avoir produit Dans une galaxie près de chez vous et Subito texto, tient les rênes de cette nouvelle production chez Zone3.

Christiane Asselin insiste sur la diversité dont fait preuve le casting de comédiens, pas seulement dans leur origine mais aussi leur diversité corporelle. Comme dans la vraie vie.