Chaque mercredi soir au Mont-Bellevue pendant la saison hivernale, lendemain de tempête ou pas, Jean-Marie Croteau guide les marcheurs qui se pointent.

Plus d’excuse pour ne pas jouer dehors !

CHRONIQUE / Des excuses pour rester assis bien au chaud devant la télé, il n’y en a plus des tas : l’offre de randonnées et de sorties en milieu urbain se multiplie. Et, disons-le, les médias sociaux n’en finissent plus d’alimenter notre FOMO (fear of missing out) intérieur.

Chaque mercredi soir au Mont-Bellevue pendant la saison hivernale, lendemain de tempête ou pas, Jean-Marie Croteau guide les marcheurs qui se pointent. Pas besoin d’inscription : suffit de se présenter à l’un des deux points de rencontre (chalet Antonio-Pinard ou au stationnement de la rue Dunant) en alternance à 19 h.

Les visages du groupe changent parfois selon la semaine, certains y vont depuis plusieurs années.

« Les gens arrivent vers 18 h 45, le temps de mettre leurs crampons ou leurs raquettes. À 19 h pile, on part. Pas 19 h 5. Ce sont des sorties faciles, de six km, six km et demi », illustre M. Croteau, qui a été coordonnateur des sentiers de l’Estrie de 2004 à 2014 et président entre 1999 et 2003.

Les sorties hivernales ont débuté en janvier et elles se poursuivront tant que la couverture neigeuse sera là. Les gens viennent de Sherbrooke, mais aussi des environs : Magog, East Angus, en solo ou en duo de randonnée, équipés de leur lampe frontale.

Mine de rien, le parc du Mont-Bellevue, avec ses deux monts, Bellevue et John-S.-Bourque, représente un magnifique terrain de jeu en plein cœur de la ville. « Je fais ça bénévolement pour que les gens découvrent ces joyaux. » Cette sortie donne la chance aux gens de faire le plein d’air en plein milieu de la semaine, lance-t-il.

Cette tendance toujours grandissante à aller prendre de l’air, Jean-Marie Croteau la voit depuis quelques années.

Mine de rien, le parc du Mont-Bellevue, avec ses deux monts, Bellevue et John-S.-Bourque, représente un magnifique terrain de jeu en plein cœur de la ville.

« Il y a plus de sorties, plus de gens qui font de la randonnée. » Le randonneur aguerri et véritable mine d’informations en la matière guide aussi des personnes de 50 ans et plus chez Sercovie depuis 2005. Au fil des ans, il a vu les inscriptions croître.

« Ce qu’on souhaite, c’est qu’ils fassent cela longtemps, parce que ça va les éloigner de la marchette! » lance celui qui a aussi créé Passionnés de montagnes, qui offre des séjours de randonnée au Québec, au Canada et à l’étranger.

Depuis le début de l’année, le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, en collaboration avec Biodiversité des Cantons-de-l’Est, et à l’initiative de ce groupe, a organisé deux sorties gratuites en soirée. Tant la découverte du bois Beckett à la lueur des frontales que la sortie au marais Réal-D.-Carbonneau ont affiché complet.

« C’est plus une marche qu’une randonnée, c’est loin d’être physique, précise Aurélie Gautier, éducatrice au Musée. C’est une marche d’observation et d’interprétation, c’est très informel », souligne-t-elle en ajoutant qu’il s’agit de l’initiative d’Yves Bachand, un technicien en écologie appliquée.

Biodiversité des Cantons-de-l’Est est un « projet de science citoyenne », un réseau d’échange pour les passionnés de sciences naturelles.

Les sujets abordés varient au gré des intérêts des gens. « Au bois Beckett, il a été question d’arbres, d’espèces envahissantes », illustre Mme Gautier. L’invitation informelle lancée sur les médias sociaux, la page du Musée et du groupe, nécessite quand même une réservation. « On ne veut pas prendre trente personnes pour la qualité de la visite. Ce sont des petits groupes d’une vingtaine de personnes. « On commence avec des lieux à Sherbrooke, mais c’est vraiment selon l’inspiration. C’est vraiment très informel. On ne veut pas quelque chose de structuré pour ne pas créer d’attente. » Les organisateurs envisagent aussi de s’excentrer du grand Sherbrooke pour faire découvrir les beautés du marais de Johnville, par exemple.

L’idée derrière tout ça est vraiment de rendre la nature accessible à monsieur et madame Tout-le-Monde et de répondre à la demande de sorties extérieures. La prochaine sortie est prévue le 12 mars, toujours avec réservation. Pour plus de renseignements, les gens peuvent notamment consulter le site du musée ou la page Facebook de l’établissement.

Dans le secteur de Rock Forest, l’Association citoyenne du Boisé-Fabi organise, pour la première fois cette année, des sorties en soirée. « C’est un parc acquis par la Ville il y a cinq ans. Il n’est pas développé encore, mais il est bien fréquenté », explique Lucie Desgagné, présidente de l’association.

« Il n’y a pas d’accueil officiel. On entre par les terrains des promoteurs. En même temps, on fait des démarches pour obtenir des droits de passage officiels. Ce qu’on vise, ce sont les gens du quartier. On a toujours présenté le boisé comme étant la nature dans ma cour... », note Mme Desgagné.

L’association propose ces sorties d’une heure en soirée, mais elles peuvent aussi se tenir en journée. L’activité a lieu sur demande.