L’offre supplémentaire de 3500 permis pour récolter un cerf sans bois l’automne prochain en Estrie a stimulé la participation au tirage orchestré par la Sépaq.

Plus de permis mais pas moins d’appréhension

CHRONIQUE / Les 21 000 permis disponibles pour chasser le cerf sans bois l’automne prochain en Estrie ont trouvé preneur même si la demande a continué à croître moins rapidement que l’offre.

Les gestionnaires fauniques ont jugé nécessaire de délivrer 3500 permis supplémentaires cette année dans la région pour cette chasse contingentée. La Sépaq, qui coordonne le tirage au sort, a recensé 2164 inscriptions de plus que l’an dernier dans les zones 4, 6 Sud et 6 Nord.

Les postulants ont augmenté de 20 % dans la zone 6 Sud, y compris dans la catégorie des propriétaires fonciers, éligibles à deux permis qu’ils peuvent ensuite attribuer aux chasseurs de leur choix. Dans ce cas, il faut y voir un signe évident des appréhensions découlant de la première année d’application du projet expérimental de restriction de la taille légale des bois (RTLB) mis à l’essai pour une période de cinq ans en Estrie.

La protection des jeunes mâles a entraîné une chute de 28 % de la récolte de chevreuils l’automne dernier par les chasseurs. De plus, l’hiver peu rigoureux a été propice à une hausse du nombre de cerfs dans les champs.

« Sans aller jusqu’à la remise en question du projet expérimental, il faudra trouver des solutions rapidement, car la situation s’aggrave dans certains secteurs où l’abondance du cheptel était déjà problématique pour les récoltes. Nous pensons que les zones devraient être fractionnées pour rendre la gestion plus efficace », fait valoir Serge Lapointe, membre du comité exécutif de l’UPA de l’Estrie.

Le biologiste Éric Jaccard perçoit quant à lui des signes rassurants dans les statistiques du tirage au sort.

« Avec une participation à la hausse et un bon taux d’utilisation des 7500 permis pour prélever des femelles ou des faons dans la zone 6 Sud, ce mode de régulation devrait s’avérer efficace », croit-il en comparant avec les 5000 permis de l’an dernier.

Dans l’autre zone où le projet RTLB est en vigueur, la 6 Nord, le nombre de participants au tirage au sort (6828) a, une fois de plus, été inférieur au nombre de permis disponibles. C’est en calculant deux permis pour chacun des 940 propriétaires fonciers que les 8500 permis ont pu être distribués. La demande a légèrement diminué par rapport à 2017, y compris dans le segment des propriétaires.

« Dans cette zone où le nombre de propriétaires et de chasseurs semble saturé, les ajustements passent vraiment par une conscientisation des chasseurs à l’importance d’utiliser les permis de cerfs sans bois », affirme le biologiste.

La zone 6 Sud s’approche elle aussi de ce seuil de saturation puisque neuf postulants sur dix ont obtenu un permis cette année.

En terminant, bien qu’en marge du programme expérimental, les chasseurs fréquentant la zone 4 se voyaient offrir 1000 permis additionnels pour les cerfs sans bois pour compenser la faible mortalité hivernale. Selon les données fournies par la Sépaq, il y a eu 960 inscriptions de plus. Au total, 11 710 participants au tirage au sort ont convoité 5000 permis dans cette zone.

De la faune à la forêt

Vous venez de lire les propos du biologiste Éric Jaccard pour la dernière fois en tant que répondant de la grande faune pour l’Estrie. Ce dernier a été promu, mais dans une autre branche ministérielle, à la Forêt.

La Tribune et les chasseurs de la région perdent ainsi un précieux collaborateur. Ce scientifique habitant l’Estrie s’est toujours montré soucieux du lien de proximité avec les passionnés aimant prendre le large pour profiter de la richesse faunique de la région. Les vulgarisateurs de sa trempe sont rares.