France Belisle, directrice générale de Tourisme Outaouais, et la nouvelle présidente du conseil d’administration, Geneviève Dumas

Sortir du cadre

CHRONIQUE / Très enrichissantes, ces discussions amorcées par Tourisme Outaouais en vue de faire de Gatineau une vraie porte d’entrée du Québec pour les touristes de l’extérieur.

Je pense même qu’on devrait en profiter pour admettre une fois pour toutes qu’il faut parler d’Ottawa-Gatineau comme d’une seule région.

Pour les touristes qui arrivent de France, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne, les frontières entre nos deux villes n’ont aucune espèce d’importance.

Et peut-être qu’il faut en tirer une leçon comme Gatinois nous qui vivons et dormons à Gatineau, qui envoyons nos enfants à la garderie et à l’école au Québec, mais qui travaillons pour la plupart en Ontario.

Peut-être que la solution pour aviver le sentiment d’appartenance des gens de Gatineau, c’est de cesser de se voir comme des résidents d’une ville, mais comme faisant partie d’un ensemble plus large qui est la région d’Ottawa-Gatineau.

Le succès des fêtes du 150e est en train de nous démontrer ce qui se passe quand on raisonne comme une seule et grande entité au lieu de se voir comme des villes et des provinces différentes.

On a déjà commencé à le faire davantage en transport en commun et en développement économique. Le tourisme est un autre domaine où Ottawa et Gatineau ont tout intérêt à s’entendre.

Avec le succès des Mosaïcultures et de Volta, Gatineau a même démontré qu’elle pouvait à l’occasion damer le pion à Ottawa, sa célèbre voisine, en termes de succès touristique.

Même les tours Brigil, un projet controversé pour toutes sortes de bonnes raisons, part de cette même logique tout à fait légitime, que Gatineau et l’Outaouais doivent prendre davantage leur place dans la région de la capitale.

Avec les célébrations de 2017, Ottawa a été forcé de regarder ce qui se fait de bien de l’autre côté de la rivière. Il y a là un momentum à exploiter pour les gens de l’Outaouais.

Je pense que Tourisme Outaouais fait bien de profiter de ce moment de lucidité collective pour essayer de créer quelque chose de plus permanent, que ce soit une vraie porte d’entrée du Québec ou autre chose.

J’aime beaucoup cette idée qui est ressortie de la rencontre de mardi dernier à la Ferme Moore et qui rassemblaient une centaine des principaux acteurs touristiques, d’affaires et culturels de la région.

On suggérait à Tourisme Outaouais de miser sur la cohabitation entre les cultures francophones, anglophones et autochtones. C’est vraiment une particularité propre à notre région, en plus d’être foncièrement… canadien.

Pas de doute que d’un point de vue touristique, il y a là un filon intéressant à explorer.

Ce débat sur la porte d’entrée est une belle occasion de laisser tomber nos frontières parfois imaginaires. Il faut cesser de rester « pogné dans le cadre », comme l’a si bien résumé la directrice de Tourisme Outaouais, France Bélisle.

J’espère qu’on saura la saisir.