Le ministre de la Famille et responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a été critiqué par ses adversaires au cours des derniers jours en raison de son lieu de résidence.

Semaine difficile pour le ministre Lacombe

CHRONIQUE / Le ministre régional de l’Outaouais Mathieu Lacombe a essuyé des critiques cette semaine. On a appris qu’il avait déménagé sa famille à Terrebonne peu après son élection en octobre.

J’avoue que j’ai tiqué en lisant la nouvelle. Un ministre régional qui n’habite ni la circonscription ni la région où il a été élu, c’est pour le moins inhabituel. Mais ce n’est pas le scandale du siècle dénoncé par certains adversaires.

Surtout que le nouveau ministre de la Famille a expliqué sa décision sans se défiler. Il a déménagé sa famille dans la région de Montréal où habitent ses proches. Une manière de s’assurer que sa conjointe ait de l’aide pour s’occuper de leurs deux jeunes enfants lorsqu’il est à Québec. Quiconque a, ou a eu, de jeunes enfants comprend la décision du ministre. Si on veut attirer de jeunes pères comme lui en politique, il faut consentir à un minimum de conciliation travail-famille.

D’ailleurs, à Ottawa, c’est une chose qu’on voit souvent. Des députés fédéraux de l’ouest déménagent leur famille dans la région après une élection. Précisément pour éviter que les longues absences fassent éclater le noyau familial. Personne n’en fait grand cas.

Dans un monde idéal, un ministre régional devrait habiter la région qu’il représente. Tout le monde s’entend là-dessus. Mais soyons honnêtes. Un ministre qui habite l’Outaouais n’est pas une garantie en soi que la région sera mieux représentée à l’Assemblée nationale.

Qu’on se souvienne de l’ex-ministre régionale Stéphanie Vallée. Elle mettait beaucoup d’énergie à défendre les politiques d’austérité et les réformes du gouvernement Couillard. Elle était moins prompte à admettre le sous-financement chronique de l’Outaouais en santé et en éducation. Ou encore les effets pervers de la réforme Barrette sur une région comme la sienne, en Haute-Gatineau.

Vrai, Mathieu Lacombe n’a pas accompli grand-chose jusqu’à maintenant pour corriger ces iniquités. À part congédier le grand patron du CISSS de l’Outaouais, Jean Hébert, cette semaine. Au moins, le nouveau ministre régional admet l’existence des problèmes qui affligent la région. C’est déjà une avancée par rapport à l’époque des libéraux.

Vrai aussi que le ministre Lacombe a connu une dure semaine. Après avoir promis 13 500 nouvelles places en garderie, il a été incapable de détailler les coûts de cette mesure à un journaliste qui lui posait la question. C’était pourtant une information de base. Le ministre de la Famille aurait dû l’avoir en sa possession.

Puis il a surréagi, jeudi, quand le député André Fortin a fait allusion à son nouveau lieu de résidence durant la période de questions à l’Assemblée nationale. Oui, c’était un peu ratoureux comme intervention de la part du député Fortin. Mais le ministre Lacombe a exagéré en jouant les vierges offensées.

Jusqu’à maintenant, les électeurs passent l’éponge sur les erreurs de parcours de Mathieu Lacombe. On les met sur le compte de l’inexpérience. N’oublions pas qu’il y a six mois, personne n’aurait prédit que le jeune homme de 30 ans serait élu député de Papineau. Encore moins qu’il accéderait au cabinet d’un gouvernement caquiste majoritaire. Le ministre de la Famille est encore en lune de miel avec son électorat. Les gens apprécient sans doute qu’il ne se défile pas, même quand ça brasse. En outre, il est prompt à reconnaître ses erreurs quand il en fait. Une qualité rare chez un politicien.