Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
C’est désormais de notoriété publique, le service téléphonique de prise de rendez-vous pour un test de dépistage à la COVID-19 marche tout croche en Outaouais.
C’est désormais de notoriété publique, le service téléphonique de prise de rendez-vous pour un test de dépistage à la COVID-19 marche tout croche en Outaouais.

Piètre excuse

CHRONIQUE / Pitié, servez-nous une excuse plus valable que celle-là!

C’est désormais de notoriété publique, le service téléphonique de prise de rendez-vous pour un test de dépistage à la COVID-19 marche tout croche en Outaouais.

Même le ministre régional, Mathieu Lacombe, a dû admettre que c’était un système «broche à foin»… Imaginez: beaucoup de ceux qui essaient d’obtenir un rendez-vous via cette ligne 1-877 se font raccrocher au nez dès qu’ils choisissent l’option 2 pour la région de l’Outaouais.

La députée libérale Maryse Gaudreault est sortie de ses gonds en accusant le CISSSO de se traîner les pieds alors qu’il faudrait tout faire pour faciliter l’accès aux tests de dépistage.

Comme le rapportait ma collègue Justine Mercier, c’est rendu que des gens de Gatineau préfèrent aller se faire tester du côté d’Ottawa. Non seulement l’attente pour subir un test de dépistage est moins longue, mais ils obtiennent leurs résultats plus rapidement.

Mais ce n’est pas la cerise sur le sundae.

Questionnée sur les ratés du système, une gestionnaire du CISSSO a invoqué une demande «soudaine et inattendue» d’appels du public pour se faire dépister.

Une demande soudaine et inattendue? Vous voulez rire? Voyons donc, la pandémie dure depuis 6 mois!

Le gouvernement a même placé l’Outaouais en état de préalerte jaune parce que la transmission du virus dans la communauté s’y accélère de manière inquiétante depuis déjà 3 semaines…

Avec la rentrée à temps plein dans les écoles et la consigne d’aller faire tester ses enfants au moindre symptôme, c’était pourtant prévisible qu’il y aurait une demande «soudaine» et accrue pour des tests de dépistage dans la région.

Comment peut-on prétendre qu’on ne s’y attendait pas? Ça ne tient pas la route.

Et c’est dommage parce que l’Outaouais avait, jusqu’ici, réussi à se tirer formidablement d’affaire face à la menace de la COVID-19.

Contrairement aux flambées meurtrières de la région de Montréal, les éclosions ont été relativement bien maîtrisées dans les CHSLD malgré un bilan de 18 décès au centre Lionel-Émond.

La pandémie fournissait une belle occasion à l’Outaouais de redorer son blason écorché en matière de système de santé.

Les cafouillages des derniers jours, combinés au bris de services aux soins intensifs et aux sit-in des infirmières à l’urgence, nous font de nouveau douter de l’organisation.

Espérons que le CISSS de l’Outaouais réagira rapidement pour corriger la situation.

Déjà des mesures sont en place comme l’ajout de plages horaires et d’un nouvel appareil pour accélérer les tests de dépistage, ainsi que l’ouverture d’une nouvelle clinique dans Papineau.

Comment se fait-il qu’on ait attendu si longtemps avant de lancer un appel à tous les professionnels de la santé de l’Outaouais qui pourraient aider à faire des tests de dépistage?

La deuxième vague de la COVID n’est même pas encore officiellement amorcée que, déjà, le CISSS de l’Outaouais donne l’impression d’être dépassé par les événements.

Rien de très rassurant pour la population!