Patrick Duquette
Le ministre Mathieu Lacombe
Le ministre Mathieu Lacombe

La CAQ garde le cap sur ses promesses à l’Outaouais

CHRONIQUE / Mathieu Lacombe affichait un sourire radieux.

« C’est le genre de journée que j’aime », laisse tomber le ministre régional et député de Papineau en s’assoyant à une table du Biscotti, jeudi, à Chelsea.

Le matin même, son gouvernement annonçait un investissement de 4,3 millions $ pour stimuler l’industrie touristique de l’Outaouais.

Du même coup, la Coalition avenir Québec venait concrétiser le statut de « porte d’entrée » touristique du Québec.

Un statut que les libéraux avaient octroyé à la région — mais sans l’accompagner d’un financement adéquat.

Pour Mathieu Lacombe, qui s’est présenté en politique parce qu’il considérait la région tenue pour acquise par les libéraux, cet investissement est une preuve que l’Outaouais ne sera plus l’éternelle oubliée du Québec…

« Par le passé, un statut particulier était accordé, un projet mis de l’avant. Mais il n’y avait pas de financement. C’était comme promettre aux enfants de leur acheter une PlayStation pour Noël, mais sans jamais passer la carte dans la machine enregistreuse », image-t-il.

Oui, le ministre était en forme.

Même la COVID, qui met à mal les finances publiques du Canada et risque de provoquer une récession mondiale, n’arrivait pas à tempérer son enthousiasme.

Le gouvernement Legault n’a pas coupé dans le budget présenté en mars dernier, avant le confinement. Les promesses de la CAQ à l’Outaouais — un nouvel hôpital de 170 lits, l’élargissement de l’autoroute 50, le tramway dans l’ouest de Gatineau — continuent de cheminer.

Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe

« On veut que les fonds publics fassent partie de la relance, assure le ministre Lacombe. Un projet comme le tramway, par exemple, en fait partie. On sonde aussi l’Outaouais, incluant les MRC, pour savoir quels sont les projets de relance. Est-ce qu’il y a des projets privés qu’on pourrait appuyer tout de suite pour créer des emplois ? Dans l’immédiat, je suis rassuré, parce qu’on pose les bons gestes ».

La promesse phare de la CAQ, c’était la construction d’un nouvel hôpital à Gatineau. François Legault a promis que les premiers patients y seraient soignés dès 2023.

« C’est une promesse qu’on a toujours l’intention de tenir malgré le contexte économique. Mais elle prend plus de temps à se concrétiser qu’on l’aurait souhaité », admet le ministre Lacombe.

L’idée soumise en campagne électorale a évolué. « Quand on a fait cette promesse, Action Santé Outaouais, Équité Outaouais et Santé Outaouais 2020, nous disaient : c’est l’fun un nouvel hôpital. Mais nous, on pense que ce serait mieux que vous agrandissiez un hôpital existant et que vous en fassiez un hôpital universitaire. Nous avons tenu compte des commentaires reçus. Dans les prochaines semaines, on sera en mesure d’indiquer à quoi nous a menés cette réflexion… »

Mathieu Lacombe s’était aussi fait le champion de l’autoroute 50. L’installation prochaine de glissières de sécurité sur le tronçon le plus meurtrier de l’autoroute lui a valu des critiques… qu’il balaie du revers de la main.

« Tergiverser, se poser 40 fois la même question, prendre un an de plus pour y penser… C’est ce qui nous a amenés à accumuler du retard en Outaouais. À ce que les autres gouvernements s’assoient sur leurs mains. Nous, on passe à l’action. Des gens nous critiquent ? Je préfère de loin me faire critiquer parce qu’on prend des décisions que parce qu’on n’en prend pas… »

Et l’élargissement de la 50 ?

« Les gens ont l’impression que ça n’avance pas. Mais d’ici la fin du mandat, l’élargissement du tronçon Lépine-Doherty (8 km) devrait être terminé. Tous les indicateurs sont au vert. »

Et l’enseignement supérieur en Outaouais ? La CAQ a promis d’y voir. Quelque 6000 étudiants de l’Outaouais s’exilent vers les collèges et universités de l’Ontario, avec des pertes de 65 millions $ pour la région…

« Dans ce dossier, j’ai mes souliers de course. Maintenant qu’on a une nouvelle rectrice à l’UQO (Murielle Laberge a remplacé Denis Harrisson), une ministre déléguée à l’Enseignement supérieur (Danielle McCann) qu’on n’avait pas avant, ça va nous permettre peut-être d’accélérer le dossier. »

En terminant, j’ai demandé au ministre si les gens de l’Outaouais auront encore l’impression d’être tenus pour acquis à la fin de son mandat, en 2022. « Si les gens ont encore cette impression, j’aurai bien de la misère à me représenter en politique ! » répond-il du tac au tac.