Une visite à l’usine de triage de matières recyclables Tricentris à Gatineau.

Dans les méandres d’un centre de tri [VIDÉO]

CHRONIQUE / Le centre de tri Tricentris ouvre ses portes au grand public ce samedi à Gatineau. J’ai eu droit à une visite en avant-première cette semaine. Ce qui m’a le plus impressionné ? Le tas. Le gros tas de déchets recyclables à l’entrée de l’usine.

C’est fou ce qu’on en consomme des pots de margarine, des sacs en plastique, des bouteilles de détergents, des bouteilles de vin, des rebuts métalliques, des circulaires en papier, des boîtes de carton. Trop ? Sans aucun doute, oui.

Chaque jour, le contenu des bacs de recyclage de la population habitant à l’ouest de l’axe Mont-Laurier/Montebello aboutit dans cette usine située près de l’aéroport de Gatineau. La matière arrive par camions de Gatineau, Fort-Coulonge, Maniwaki, Val-d’Or, Rouyn Noranda, et j’en passe. Il se forme ainsi, chaque jour, un gros amas de plastique, de métal, de verre, de papier et de carton à l’entrée de l’usine. Un immense tas de 250 tonnes qui se reforme jour après jour, semaine après semaine. Le reflet de notre société d’hyperconsommation qui ressent le besoin de tout suremballer.

Il y a de tout dans le gros tas de l’usine Tricentris. Y compris des choses qui ne devraient pas s’y retrouver. Comme des carcasses d’animaux (pendant la période de la chasse). Des jouets d’enfants (ça ne se recycle pas). Ou même, une fois, le cadavre d’un gros serpent. Rien de très appétissant pour le personnel chargé de faire le tri sur les convoyeurs.

Le directeur de l’usine, Michel Smith

Oui, les gens mettent parfois n’importe quoi dans leur bac de recyclage. Mais pas tant que ça. Les campagnes d’éducation ont fait leur œuvre. « Le taux de rejet de notre usine oscille autour de 10-12 %. Dans 90 % des cas, c’est correct ce qui se retrouve dans le recyclage », signale le directeur de l’usine, Michel Smith.

Ce gros tas de déchets à l’entrée, c’est la nourriture quotidienne de Tricentris.

Une nourriture que l’usine digère à travers un labyrinthe de convoyeurs, de séparateurs balistiques, de cylindres, et d’électro-aimants. Michel Smith se dirige sans hésiter à travers les escaliers, les portes et les tuyaux qui s’enchevêtrent sur plusieurs niveaux. Le bruit est infernal. L’odeur ? Rien de trop désagréable.

Oui, il y a des employés sur la chaîne de triage. Mais le gros du travail se fait de manière mécanisée. Ici, un électro-aimant retire les éléments métalliques de la chaîne. Là, un lecteur optique actionne un filet d’air qui redirige les papiers plus légers vers un autre convoyeur. Tout va très vite. Il s’écoule à peine 3 minutes entre le moment où la matière pénètre dans la machine et celui où elle en ressort, séparée par catégorie. Le produit trié est mis en ballots et envoyé aux clients de Tricentris qui leur donneront une seconde vie.

Michel Smith est très fier de la qualité des produits triés dans son usine. Le verre, par exemple, en ressort avec une pureté de 97 %. Tricentris a également investi 2 millions dans ses 3 usines de Gatineau, Terrebonne et Lachute, en réaction à la crise des marchés pour la fibre. « Nous sommes maintenant en mesure de produire des ballots de fibre à 98 % de pureté. Ainsi, on peut facilement les écouler sur les marchés nord-américains et asiatiques », dit-il.

Malgré le fait qu'il y ait des employés sur la chaîne de triage, la majorité du travail se fait de manière mécanisée.

À compter de lundi, les Gatinois devront limiter leur volume d’ordures ménagères à 120 litres ou acheter des sacs supplémentaires. Certains citoyens pourraient être tentés de jeter leurs excédents d’ordures dans les bacs de recyclage pour s’éviter les frais. Est-ce que Tricentris redoute le contrecoup de ces changements ? « Ma prédiction, c’est qu’il n’y aura pas de changements et que les taux de rejet se maintiendront à 10-12 %, avance Michel Smith. Tricentris se prépare depuis 2 ans à ces changements.

«La population fait mieux le recyclage qu’avant, dit-il. Cela devrait compenser si un surplus d’ordures se retrouve dans les bacs bleus.»

Tricentris tient la 2e édition de sa journée porte ouverte ce samedi 14 septembre. 

Renseignements : tricentris.com