Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Jacqueline Lévesque, 86 ans, est décédée de la COVID-19. Sa fille est convaincue que sa mère a contracté la maladie à l’Hôpital de Gatineau, à la fin avril.
Jacqueline Lévesque, 86 ans, est décédée de la COVID-19. Sa fille est convaincue que sa mère a contracté la maladie à l’Hôpital de Gatineau, à la fin avril.

Contacts étroits

CHRONIQUE / Triste histoire que cette dame de 86 ans, Jacqueline Lévesque, décédée de la COVID-19.

Sa fille est convaincue que sa mère a contracté la maladie à l’Hôpital de Gatineau, fin avril, où elle était soignée pour une biopsie qui a mal tourné.

Dès qu’elle a pris du mieux, Mme Lévesque a été retournée à la maison, comme si de rien n’était.

L’hôpital ne l’a pas avisée qu’une éclosion de COVID-19 s’était déclarée à l’étage où elle avait été soignée.

Quand Mme Lévesque a commencé à afficher des symptômes à son retour à la maison, sa fille ne s’est pas méfiée.

Elle a mis la fièvre et les malaises de sa mère sur le compte de l’opération.

Quand elle a su que c’était la COVID-19 qui frappait sa mère, les bras lui sont tombés.

Elle a repensé à tous les soins qu’elle avait donnés à sa mère à moins de 2 mètres de distance.

À son fils de 13 ans qui embrassait sa grand-mère sur les joues.

Elle s’est demandé: comment se fait-il que l’hôpital n’ait pas avisé ma mère qu’elle avait pu être exposée à la COVID?

Question légitime, s’il en est une!

Surtout qu’on nous répète que la clé pour aplatir la courbe est un dépistage systématique des cas de COVID, puis un suivi serré de leurs «contacts étroits».

Or Mme Lévesque a séjourné sur un étage au moment où le virus y circulait. Comment se fait-il qu’on ne l’ait pas avisée?

Pour l’instant, le CISSS de l’Outaouais refuse de commenter directement le cas, prétextant l’enquête épidémiologique en cours.

Mais les autorités nous doivent des réponses claires. Plus tôt que tard.

Une éclosion de COVID-19 est survenue à l'Hôpital de Gatineau la semaine dernière.

***

La Santé publique de l’Outaouais a tout de même éclairci, jeudi, la manière dont elle s’y prend pour dépister les cas de COVID-19 en Outaouais.

Un exercice pédagogique intéressant. Tout tourne autour de la notion de «contacts étroits».

Qu’est-ce qu’un contact étroit?

C’est une personne qui est demeurée au moins 10 minutes à moins de deux mètres de vous.

Dans le monde d’avant, ça pouvait représenter des dizaines, voire des centaines de personnes par semaine.

Rappelez-vous ce malade qui a infecté à lui seul, en une seule soirée de mars, une chorale de 60 personnes à Washington. Bilan: 53 malades, deux morts. Ou encore de ce rassemblement évangélique à Mulhouse, en France, en février.

Une bombe atomique qui aurait, à elle seule, contaminé 1000 personnes, selon une enquête de Radio-France.

Tout a changé depuis le grand confinement.

Pour peu qu’on respecte les consignes de la santé publique, nos «contacts étroits» se résument désormais à quelques personnes.

Dans mon cas: ma blonde, mes enfants. That’s it.

J’oubliais la caissière à l’épicerie. Mais elle est protégée par un plexiglas.

On s’inquiète beaucoup de la réouverture des écoles, des services de garde et des commerces.

Mais même à l’école, où la règle du 2 mètres ne peut être respectée avec une extrême rigueur, les contacts étroits seront plus rares qu’avant.

Au lieu d’une école infectée tout d’un coup, on peut espérer que ce sera un élève et un prof à la fois. Même dans le cas de la dame de 86 ans, qu’on a «oublié» d’aviser, les dommages sont limités grâce aux mesures de confinement.

Quand la Santé publique dit que la suite des choses dépend de nous, la population, elle a raison.

Tant qu’on respecte massivement la règle du 2 mètres, elle demeure capable de suivre les «contacts étroits» à la trace et d’aplatir la courbe.

On va tous finir par l’attraper, ce maudit virus. Mais dans l’ordre et la discipline, svp.

Chacun son tour!