Patrick Duquette
Les rassemblements autour de barbecues risquent d'être nombreux le week-end prochain.
Les rassemblements autour de barbecues risquent d'être nombreux le week-end prochain.

À vos barbecues!

CHRONIQUE / Sortez vos barbecues!

Les rassemblements extérieurs de 10 personnes seront permis au Québec à compter de vendredi. À condition qu’elles proviennent de trois ménages différents au plus.

Sérieusement, ça va faire du bien. Relâcher un peu de pression.

Les gens en ont marre du confinement.

Dans bien des cas, le presto est en train de sauter!

Et puis, disons-le, les consignes étaient de moins en moins respectées.

La fin de semaine dernière, je me suis promené dans mon quartier à Gatineau.

L’appel du printemps se faisait sentir partout.

Cyclistes et coureurs profitent d'une chaude journée.

Avec le retour du soleil et de la chaleur, les gens ont le goût de sortir, de se revoir après des semaines de solitude.

J’ai vu des enfants de différentes familles jouer ensemble dans les rues du voisinage.

Pas loin de chez nous, j’ai aperçu un grand-père qui venait discrètement saluer ses petits-enfants sur le balcon arrière - en respectant la consigne du 2 mètres.

Au parc de la Gatineau, j’ai croisé en joggant une bande de six cyclistes arrêtés au coin d’un sentier.

Ils fumaient du pot au soleil, le cul posé sur leur vélo de montagne. À plus ou moins 2 mètres de distance les uns des autres.

Bien des gens ont décidé de s’accorder une pause du confinement sans attendre le feu vert des autorités.

Quant aux autres, qui respectaient les consignes par sens civique, ils pourront eux aussi slacker la pédale sans se sentir coupables.

Ce relâchement va faire du bien à tellement de gens.

À ma vieille mère, tiens, qui s’ennuie de ses petits-enfants.

Elle ne pourra pas les serrer dans ses bras. Pas encore.

Mais elle pourra leur parler, à deux mètres de distance, sur le bord de la piscine.

Oui, le gouvernement Legault a l’air d’accélérer le déconfinement après des semaines à nous avoir tenus bien en laisse.

Mais comme l’a bien résumé le docteur Horacio Arruda: «Il faut tenir compte du comportement réel des gens».

En d’autres termes, il ne sert à rien de trop serrer la vis.

Sinon, les gens trouveront quand même le moyen de se voir clandestinement. Et il sera alors beaucoup plus difficile pour la Santé publique de retracer le cheminement du virus...

On continue d’apprivoiser ce monde étrange qui est le nôtre depuis la mi-mars. Un monde où il est possible de s’abandonner à un peu d’insouciance - à condition de respecter la règle sacrée du 2 mètres.

La vice-première ministre Geneviève Guilbeault l’a avoué sans ambages: il n’y aura pas de police du rassemblement.

Entre autres, parce que la police ne peut intervenir aisément sur les propriétés privées des gens.

D’ailleurs, le gouvernement en appelle au sens des responsabilités et au gros bon sens de la population.

Je pense qu’on est rendu là.

Personne ne peut plus prétendre ignorer les risques liés au coronavirus.

Tout le monde a compris l’importance d’aplatir la courbe et de réduire au maximum la transmission.

Un enfant court peu de risque d’attraper la COVID et de la transmettre.

A contrario, un aîné à la santé fragile doit s’en tenir le plus loin possible.

Les autres?

Un moment donné, il leur appartient de décider s’ils veulent faire partie de la chaîne de transmission ou non. Et d’en accepter les conséquences.

Avec le retour du soleil et de la chaleur, les gens ont le goût de sortir,