La chef propriétaire du Baumann Smokehouse, Suzie Rainville, sera de la discussion qui suivra la projection du documentaire À la recherche des femmes chefs, à 10 h, au Parvis centre culturel.

Où sont les femmes?... Chefs?

CHRONIQUE / Où sont les femmes chefs? La question est tellement pertinente que non seulement Vérane Frédiani en a fait un documentaire de 90 minutes, mais que les organisateurs du Festival cinéma du monde ont toute les difficultés du monde à réunir le panel de discussion qui doit suivre le ciné-brunch de dimanche au Parvis.

La chef propriétaire Suzie Rainville, elle, a accepté l’invitation tout de go. Sortir de la cuisine de son Baumann Smokehouse pour parler de la place des femmes en cuisine, parler restauration, parler de son univers, de sa passion, de sa réalité, oui, avec plaisir.

« C’est quand même intéressant de sortir de notre cuisine, de montrer ce qu’on fait, d’en parler aussi. Le documentaire souligne ça beaucoup, le fait qu’il y a beaucoup de femmes qui travaillent en cuisine à plein de niveaux, mais qu’on les voit moins, ou pas du tout. De base, on est sans doute moins compétitives, moins dans la comparaison, on s’occupe de nos petites affaires, mais c’est intéressant à un certain moment de sortir un peu, de regarder ce qui se fait ailleurs et de voir où on est rendu », remarque Suzie Rainville à la sortie d’une projection très matinale de À la recherche des femmes chefs, réalisé en 2016 au gré d’un tour du monde et de rencontres avec des figures marquantes de la gastronomie au féminin, comme Alice Waters et Anne-Sophie Pic.

« Elle (Pic) résume bien l’affaire quand elle dit qu’elle ne voit pas les autres femmes chefs, sauf quand elles viennent la voir. Une autre chef le dit aussi, on n’a pas le temps de se pencher sur ce qui se fait ailleurs parce qu’on est très concentrées sur notre petite affaire », note Rainville, qui a ouvert en 2016 sur Wellington Sud l’un des restos les plus surprenants de Sherbrooke.

« Être passée par l’émission Les chefs a assurément été un tournant dans ma carrière. Cette médiatisation m’a permis d’ouvrir un resto dans un coin où je n’aurais peut-être pas pensé le faire sinon. Et ça m’a aussi permis de le faire plus tôt », confie la chef de 27 ans qui est passée après ses études par les cuisines de l’Auguste, du Pizzicato, du O’Chevreuil et de L’Empreinte avant de lancer le Baumann avec Kevin Ranger et Mathieu Cayer-Brunet.

Mais du lot de filles qui ont étudié avec elle à Sherbrooke et Montréal, peu ont pris la route de la restauration gastronomique. La plupart des filles ont opté pour la cuisine en institution, en centres de la petite enfance ou dans des petits cafés.

Le documentaire de Frédiani explore aussi tout ça, ces choix qui diffèrent non seulement dans l’attitude en cuisine pour les grandes chefs, mais aussi dans le rapport à la cuisine, à la compétition, à la carrière, au partage des savoirs dans un monde qui, on ne s’en cache pas, est empreint d’un incroyable machisme.

À voir dimanche matin 10 h au Parvis sous forme de ciné-brunch dans le cadre du FCMS.

POPCORN DU WEEK-END

Allez, on ne fait pas la gueule pour deux trois nuages et quelques précipitations, c’est le temps d’habiller les enfants et de leur offrir un grand popcorn de festival pour le petit dej. samedi comme dimanche, les matinées du FCMS proposent une programmation pour toute la famille à 6 $ pour petits et grands, et ce à 10 h à La Maison du cinéma.

Au programme entre autres, Le grand méchant renard et autres contes, César du meilleur film d’animation.

Pour les plus grands, les options sont particulièrement nombreuses avec des projections à midi, 15 h, 18 h et 20 h 30 incluant La terre vue cœur, documentaire avec Hubert Reeves méritant d’être vu sur grand écran, et un programme spécial portant sur l’Italie, ces deux options à 18 h samedi soir.

Le Festival cinéma du monde prendra fin dimanche soir avec le dévoilement des grands gagnants des volets internationaux et du volet régional, et la présentation du film de clôture Jusqu’à la garde.